Terra 28 juin 2019 à 11h00 | Par Emmanuelle Le Corre

Soutien au projet de poulaillers à Lanrivain

Samedi 22 juin un rassemblement de soutien au projet de poulaillers Label Rouge bloqué par des riverains a rassemblé plusieurs centaines de sympathisants près des communes de Lanrivain et Trémargat.

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Mouvement de soutien organisé par la FDSEA pour la construction de bâtiments en poules pondeuses plein air à Lanrivain.
Mouvement de soutien organisé par la FDSEA pour la construction de bâtiments en poules pondeuses plein air à Lanrivain. - © terra

Au milieu de nul part, entouré d'un beau paysage verdoyant, sur la petite route de Toul Goulic, à Lanrivain, l'agitation est anormale en ce samedi matin. Des tracteurs ont rejoint le site et la foule ne cesse de grossir. Elus professionnels, maires, agriculteurs, constructeurs, retraités, coopérative... affluent sur la petite route encombrée de véhicules. 350 personnes se sont rendues à un rassemblement de soutien, lancé par la FDSEA, en faveur du projet de production d'oeufs Label Rouge mené avec la coopérative Le Gouessant. A l'emplacement des deux futurs bâtiments, le terrassement est suspendu. En effet, le projet de Gilbert et Nathalie Trenvouez est aujourd'hui bloqué par une procédure de recours gracieux déposé par un voisin qui conteste le permis de construire. Sur les lieux, pas d'habitation, si ce n'est que le site se situe entre les gorges de Toul-Goulic (site Natura 2000) et le village de Saint-Antoine, dont la chapelle est classée aux Monuments historiques.

Les porteurs du projet d'oeufs Label Rouge, Gilles et Nathalie Trenvouez.
Les porteurs du projet d'oeufs Label Rouge, Gilles et Nathalie Trenvouez. - © terra

Des travaux stoppés
Fils d'agriculteur, Gilbert Trenvouez travaillait à l'ancienne base Intermarché à Rostrenen avant d'être licencié pour cause de délocalisation de la base. "Ce projet d'installation que nous menons depuis 2 ans est une reconversion professionnelle. Les deux bâtiments de 6 000 poules pondeuses (chacun), l'un à ma femme, l'autre à moi sont sur des terres familiales. La mise en place prévue mi-novembre est retardée à mi-décembre maintenant", précise Gilbert Trenvouez. Début avril, les futurs éleveurs découvrent une pétition les concernant, lancée en ligne par l'association "Connaissance et sauvegarde du patrimoine" de St Nicolas du Pélem, signée par 28 000 signataires résidant aussi bien en France qu'en Europe (Londres, Bruxelles, Genève...), qui reproche un "impact paysager considérable et irréversible".
Une haie et un talus masqueront les bâtiments le long de la route. Puis tombe le recours gracieux qui porte sur la pancarte installée sur le chantier. Présent au rassemblement, le maire de la commune Mathieu Geffroy confirme : "j'ai donné le permis de construire et dit que je refusais le recours gracieux".
Mais en attendant que la situation trouve une issue, les travaux sont stoppés. "Nous commanderons la charpente quand la situation sera éclaircie. Car elle est spécifique et ne peut être recyclée ailleurs", précise un représentant de l'entreprise Le Couillard. Chez les uns comme chez les autres, c'est l'incompréhension. "Nous avons du mal à comprendre, il n'y a rien autour du site et les conditions sont raisonnables", commente un commercial de l'entreprise Matavicol.

Soutien de la FDSEA et de la chambre d'agriculture
Le syndicat FDSEA a souhaité soutenir le couple et a mobilisé son réseau. "Nous n'avons pas voulu les laisser seuls dans le désarroi", confirme René Le Ray, président du canton de Rostrenen.
Dans les rangs, c'est la goutte de trop. "Nous sommes dans un territoire où sont créées de l'activité et de la richesse économique, il y en marre des recours permanents, ici pour un projet à taille humaine ! Ce type d'action va se multiplier si l'Etat ne joue pas son rôle", s'insurge Philippe Cherdel, secrétaire général de la FDSEA.
Et Didier Lucas, président de la chambre d'agriculture, de s'indigner aussi : "que va-t-on faire demain si même des projets qui répondent aux attentes sociétales et aux demandes réglementaires sont attaqués ? Si on veut conserver des services sur le territoire, il faut garder une activité économique".

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