Terra 14 novembre 2018 à 14h00 | Par Laurent Kerlir, président de la chambre d’agriculture du Morbihan

Soyons fiers du travail accompli

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Laurent Kerlir, président de la chambre d’agriculture du Morbihan.
Laurent Kerlir, président de la chambre d’agriculture du Morbihan. - © Terra

Alimentation, environnement, économie, territoire… Nous sommes regardés, surveillés, souvent jugés sur nos pratiques. On nous demande de nous justifier, et il n'y a rien de choquant à cela.

Nous devons continuer à évoluer dans nos pratiques, à condition que les demandes soient fondées et sensées. Cependant nous demandons au moins du respect, une méthode, un calendrier, et des prix pour couvrir nos charges.

Les agriculteurs ont déjà su faire. Rappelons-nous d’où nous sommes partis sur l'azote et la qualité de l’eau depuis les années 1980. … Ils sont acteurs et force de proposition, car citoyens et professionnels responsables.

Confrontés à des défis économiques, sociaux, territoriaux, ils perçoivent la nécessité de relever ces défis environnementaux, sociétaux. Ils se sont engagés dans les opérations bassins versants, dans la vulgarisation, l’évolution de pratiques, dans la recherche, l'innovation… Ils ont relevé ces challenges environnementaux et ils continuent. Les résultats sont là. Nous pouvons et devons être fiers des efforts accomplis.

Aujourd’hui, des attentes sur le bien-être animal sont exprimées, comme de nouvelles demandes sociétales. L'élevage s'engage au travers de cahiers des charges comme "lait de pâturage". Les éleveurs de poules pondeuses, mais aussi de porc ont déjà lourdement investi et appliqué de nouvelles normes bien-être animal ! Je n’oublie pas qu’à peine ce bouleversement intégré, le consommateur exige un élevage plein air, demande sur laquelle ont rebondi les GMS.

Les éleveurs n’ont pas attendu pour travailler et intégrer ces attentes sociétales. Mais l'agriculture est une activité avec des cycles de production et des investissements. Il n’est pas forcément possible de répondre dans l’instant à ces injonctions, quelquefois contradictoires.

Les agriculteurs sont pleinement conscients de l’enjeu de santé publique que pose l’utilisation des phytosanitaires pour les riverains, pour les consommateurs, pour nous exploitants et pour nos salariés. Les agriculteurs sont acteurs de l’évolution de leurs pratiques : rotations, observation, réduction de dose… Ils sont engagés dans les groupes Écophyto et 30 000, avec des réductions d’IFT en moyenne de 30 % et vont continuer à le faire via notamment le contrat de solution porté par la FNSEA et de très nombreuses organisations agricoles.

Dans ce contexte, j'invite les agriculteurs à prendre du recul face aux attaques souvent injustes dont ils sont l'objet, tant certaines personnes parlent sans bien connaître le sujet, voire accusent sans aucun fondement scientifique. Cette mauvaise image donnée à notre métier est d’autant plus dégradante que celui-ci reste une passion pour chacune et chacun de nous.

Les agriculteurs ont toujours été force de proposition et ont essayé d'anticiper. Ils vont continuer à faire évoluer les choses, dans le bon sens comme ils l’ont toujours fait, de façon volontariste, en continuant de parler positivement de leur métier .

Car nous sommes fiers de celui-ci, et des progrès que réalisent jour après jours les agricultrices et les agriculteurs.

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