Terra 03 juillet 2015 à 08h00 | Par Hélène Bonneau

Syproporcs appelle à contractualiser

Dans un contexte de crise porcine, Syproporcs et Herta signent un contrat "swap valeur porc jambon" permettant aux éleveurs de fixer le prix du porc sur six mois quels que soient leurs circuits de commercialisation physique. Ce contrat assurantiel s'établit dans le cadre d'une logique d'échanges financiers entre Syproporcs et Herta.

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Hervé Gaté, président de Syproporcs et Arnaud de Belloy, PDG de Herta signent le premier contrat "swap valeur porc jambon" pour la période juillet-décembre 2015.
Hervé Gaté, président de Syproporcs et Arnaud de Belloy, PDG de Herta signent le premier contrat "swap valeur porc jambon" pour la période juillet-décembre 2015. - © terra

"Ce contrat, c'est avant tout un nouvel outil qui va permettre à nos adhérents de sécuriser leurs marges, d'avoir une lisibilité sur le prix, de gérer la volatilité. C'est aussi un acte militant. Nous aimerions que notre engagement inspire la filière", assure Hervé Gaté, président de Syproporcs. Un contrat qui voit le jour pendant la crise mais qui se prépare en coulisse depuis plus de deux ans. "Après des visites infructueuses auprès des abatteurs, nous nous sommes concentrés sur l'amont. Les salaisonniers sont aussi confrontés à la violence des marchés. Ils sont intéressés par un système de fixation des prix", explique le président du groupement. Un accord Swap valeur porc/jambon a donc été trouvé avec un des leaders du marché : Herta. "Nous négocions nos prix annuellement avec les quatres centrales d'achats, la sécurisation de nos prix d'achats sur six mois nous donne plus de visibilité pour négocier et nous rapproche des éleveurs. C'est un contrat gagnant-gagnant auquel nous croyons beaucoup", confie Arnaud de Belloy, PDG de Herta.

Un système unique

Si aucun prix et aucun volume n'a été dévoilé, Hervé Gaté assure que 100 % des éleveurs qui ont reçu la proposition de contrat ont accepté d'engager une partie de leur production. "Nous sommes en phase de test, nous avons encore beaucoup à apprendre", rappelle Arnaud de Belloy. Si de tels systèmes assurantiels existent déjà dans d'autres secteurs, c'est une démarche unique en production porcine. "Nous souhaitons que cette initiative soit exemplaire et permette à la filière porcine de dessiner son avenir", ambitionne le président de Syproporcs. Concrètement, les éleveurs engagés et l'entreprise Herta organiseront un "point d'étape" tous les mois où les cours du porc issus du MPB seront comparés au prix fixé par le contrat. La partie ayant été avantagée compensera la différence de prix.

Rester chef d'entreprise

Syproporcs souhaite faire preuve de modernité en renovant le système commercial porcin tout en affirmant la nécessité d'une cotation publique. Au président d'insister : "cette nouvelle stratégie ne remet pas en question le MPB. C'est un outil qui doit permettre aux producteurs de rester maître à bord sur leurs exploitations". Et de s'interroger : "comment investir, moderniser nos outils, transmettre si l'on ne maitrise ni les charges ni le prix de vente ?". C'est avec cette question en tête que les administrateurs ont abordé leur assemblée générale. Pour eux, pas de doute, une partie de la solution réside dans le contrat "swap valeur porc jambon".

Contractualisation, fonds pour les Èleveurs...
les dossiers en cours

La FNP a lancé le débat sur la sécurisation du revenu lors de son assemblée générale le 12 juin. La contractualisation est un dossier qui avance. Après Herta, l'enseigne Intermarché (groupe Les Mousquetaires) souhaite en septembre proposer des contrats aux producteurs. "Je pense, indiquait Paul Auffray, président de la FNP à Plérin le 25 juin, "que l'on ne peut plus financer des outils de production aussi lourds sans aucun filet de sécurité". Si la FNP souhaite que les éleveurs puissent contractualiser une partie de leur production, dans le même temps, il faut rapidement trouver une solution aux situations désespérées des élevages. Le président a annoncé des négociations de la FNP et d'Inaporc avec les distributeurs. L'accord porterait sur la création d'une caisse dont les fonds seraient prélevés au niveau du consommateur (20 cts/kg) pour être redistribués aux éleveurs. Le montant annoncé serait de 250 millions € par an sur 3 ans. Selon le responsable, pour compenser rapidement le décrochage de 15 cts/kg d'écart de compétitivité avec les autres bassins européens, il faut s'extraire du système commercial, "sinon c'est englouti par le marché".

Emmanuelle Le Corre

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