Terra 03 novembre 2017 à 08h00 | Par Stéphane Boulent et Paul Landrin, chambres d'agriculture de Bretagne

Talents Tech&bio 2017, des Bretons au palmarès

Organisé tous les deux ans dans la Drôme, le salon Tech&bio a vocation à favoriser l’échange de pratiques agricoles bio et alternatives. Dans cet esprit, les organisateurs ont souhaité mettre à l'honneur des agriculteurs bio qui se démarquent par leur savoir-faire, leurs résultats technico-économiques et socio-environnementaux : ce sont les Talents Tech&Bio décernés à 15 lauréats. Parmi eux, deux producteurs bio bretons ont témoigné de leurs parcours lors d'une table ronde sur le salon.

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Philippe Bihan, associé du Gaec Kerelbio.
Philippe Bihan, associé du Gaec Kerelbio. - © CA

Le Gaec Kerelbio (29)

En 1991, Philippe Bihan a repris la suite familiale au sein d’un Gaec avec quatre associés. L’exploitation s’est convertie à l’agriculture biologique en 2009. Depuis le départ en production de légumes avec des produits de qualité, la conversion a été un nouveau défi pour plus de satisfaction et pour donner plus de sens au métier d’agriculteur. Elle a conduit à diversifier la rotation. De cinq, l’exploitation produit aujourd’hui une dizaine de légumes différents.
À cela s’ajoutent des céréales et des pois de conserve. Des engrais verts sont mis en place en inter-culture. Ces changements ont apporté de la diversité dans le système cultural mais aussi dans le travail, autre point de satisfaction de Philippe. La commercialisation des légumes produits passe intégralement par la coopérative BioBreizh (Landivisiau). La situation géographique n’était pas favorable au circuit court. Le fonctionnement satisfait l’agriculteur. La planification de la production se fait en concertation avec les besoins des expéditeurs et la capacité des producteurs à fournir les légumes demandés. Ce fonctionnement permet de garantir des prix et des volumes sans heurt. Bio rime avec innovation : Philippe recherche en permanence à améliorer son système de production en faisant appel à des techniques permettant de réduire la pénibilité du travail. Ainsi, il a adopté un chariot guidé par GPS facilitant le désherbage manuel. Pour Philippe Bihan, produire bio c’est savoir anticiper. Il met tout en œuvre pour réduire les interventions de désherbage. En complément des faux-semis, il a acquis un désherbeur thermique qui lui facilite la conduite des semis de carotte par exemple. Il utilise également du bâchage contre les mouches. Pour lui, la protection des cultures passe par la rotation et un maintien de la biodiversité. Philippe Bihan se sent valorisé par son mode de production. Il échange facilement sur ses pratiques et ses produits auprès de son entourage.

Sébastien Hivert, associé du Gaec la ferme du Rosay.
Sébastien Hivert, associé du Gaec la ferme du Rosay. - © CA

La Ferme du Rozay (35)

Exploitants en Gaec sur la ferme du Rozay à Essé, Sébastien Hivert et Pierre Rozé sont en bio depuis 2006. Sébastien a rejoint Pierre en 2011 suite à un contrat de parrainage. Le troupeau se compose d'une soixantaine de vaches allaitantes avec sa suite. Malgré un parcellaire éclaté, les producteurs atteignent une quasi autonomie. Seulement une tonne de tourteau de colza (en local) et douze tonnes de paille sont achetées à l’extérieur. Les prairies représentent près des trois quarts des surfaces de l’exploitation. Les vaches pâturent ainsi de la mi-mars à la mi-décembre. Une complémentation est apportée lors des deux périodes de vêlage (septembre/octobre, février/avril). La gestion du pâturage a été améliorée pour optimiser le rendement de la prairie tout en garantissant un fourrage de qualité dans la ration des animaux. L’ensemble des produits est commercialisé en circuits courts (collectivités, particuliers) sauf les broutards. Actuellement, les circuits courts représentent 83 % des débouchés du Gaec. Les vaches de réforme sont commercialisées en vente directe sous forme de caissette. Les exploitants diversifient également leurs productions en transformant leurs cultures en farine pour une boulangerie locale. Aujourd’hui, la plus-value liée aux circuits courts et la reconnaissance du consommateur de leur travail encourage les éleveurs à maintenir leur cap sur le système en place.

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