Terra 02 mai 2014 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Techniques anti-érosives à La Touche

L'érosion des sols n'est pas une fatalité. Des techniques permettent de la limiter. C'est tout l'objet de la journée que 3 étudiants en BTS du lycée La Touche, à Ploermel, ont organisé, le 17 avril dernier, à deux pas des rives de l'Etang au Duc, eutrophisé et colmaté.

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Autour de François Chottard, Pierre Moreul à gauche et Maël le Bourdon, en 2 éme année de BTS agronomie productions végétales au Lycée la touche de Ploermel
Autour de François Chottard, Pierre Moreul à gauche et Maël le Bourdon, en 2 éme année de BTS agronomie productions végétales au Lycée la touche de Ploermel - © Claire Le Clève

 

"Avec l'étang au Duc, juste à coté, on entend beaucoup parler de toute ces problèmes d'érosion des sols et d'eutrophisation. On ne peut pas ignorer cette problématique là", estime François Chottard. Il est étudiant en deuxième année de BTS agronomie productions végétales, au Lycée la Touche de Ploermel, tout comme ses deux collègues, Maël Le Bourdon et Pierre Moreul."La dégradation des sols et la qualité de l'eau ne laissent personne indifférent, surtout en Bretagne. Or sur ce bassin de l'Yvel, l'agriculture est montrée du doigt". A l'origine ? "Le ruissellement lié aux précipitations importantes est entre autre à l'origine du phénomène. Ça a des conséquences agronomiques mais aussi un lessivage avec transfert de phosphore. C'est un problème majeur sur ce bassin de l'Yvel Yvet".

 

Faire évoluer les pratiques

Pour inverser la tendance, des solutions existent. "Elles sont très diverses, il n'y a pas qu'un modèle" estiment pour leur part, Patrick Latouche, directeur du Grand Bassin de l'Oust et Patrice Le Callonnec, agriculteur à Mauron. Elles passent entre autre par l'évolution des pratiques mais aussi des mentalités. C'est ce que ces étudiants ont souhaité montrer à leurs collègues, 90 étudiants de Bac pro et BTS, réunis pour l'occasion mais également aux agriculteurs du bassin versant concernés. Et c'est en collaboration avec le Syndicat du G B O, la chambre d'agriculture du Morbihan, la FD Cuma, qu'ils en ont fait la démonstration. En salle le matin au travers des exposés et témoignages, (voir encadré), au champ l'après midi avec démonstrations de matériel de semis simplifié en direct , de semis en répartis, avec la FDCUMA, et avec effaceur de traces de pneus, matériel du lycée auquel a été greffée par profs et élèves du lycée une dent à l'arrière des roues du semoir : simple et ingénieux.

Claire Le Clève

 

 

 

 

 

 

Fortes pluies et érosion,
Fortes pluies et érosion, - © Claire Le Clève
Et des ruisseaux chargés en MES liées à l'érosion des sols
Et des ruisseaux chargés en MES liées à l'érosion des sols - © Claire Le Clève
Patrice Le Callonec pratique une agriculture dite de conservation
Patrice Le Callonec pratique une agriculture dite de conservation - © claire le clève

Pour Patrice Le Callonnec : "Conserver la vie du sol"

 

Patrice Le Callonec, producteur de lait bio à Mauron sur 160 ha, a fait sienne l'agriculture de conservation. Pour garder à long terme le potentiel agronomique de ses sols, pas question de voir la terre "outil de base de la production", partir à vol-eau. Il apprivoise les techniques, évoluant du semis simplifié "pour aller vers le semis direct". Tout un changement, "y compris de mentalité", effectué avec l'appui "de mes collègues agriculteurs et de l'association BASE". "Ne plus travailler le sol, c'est dur. On a ça dans le crâne, labourage et pâturage , les mamelles de la France, c'est ancré", rappelle-il. Des pratiques construites sur du long terme, du semi direct, des rotations et des cultures dites intermédiaires qui, outre leurs qualités fourragères, ont un fort pouvoir racinaire, fixant les sols et détiennent tout autant d'importance que les cultures. Le tout, étant implanté sur un sol vivant. "C'est un sol qui n'est pas travaillé en profondeur par l'agriculteur mais pas les racines des cultures et couverts végétaux et vers de terre à condition qu'ils puissent se nourrir par ce qui est laissé par les couverts végétaux". Et la boucle est bouclée. Essentiels, les résidus de culture enlèvent l'effet de battance et de croûte. Ils permettent à l'eau de mieux pénétrer. Auxiliaires infatigables, les vers de terre y contribuent également grâce à leurs galeries, à leurs déjections qui retardent l'écoulement de l'eau.... On l'aura compris, pour Patrice Le Callonnec, "les meilleurs outils, sont la plante et le vers de terre". Et d'ajouter, "depuis 2001, je n'ai plus de charrue et ça fonctionne". Les résultats économiques ne se sont pas faits attendre. "On ne fait pas de meilleurs rendements mais on gagne sur d'autres tableaux. J'ai semé mes céréales avec 8 litres de gasoil/ha contre 40 avant".

 

 

 

 

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