Terra 21 décembre 2017 à 08h00 | Par Arnaud Marlet

Terres d'innovations donne la parole aux agriculteurs

Et si l'agriculture était une solution pour le climat ? C'est en tout cas le parti pris de la 3e édition du colloque Terres d'innovations, organisé le 7 décembre à Fougères, par la chambre d'agriculture et la MFR de la commune.

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Comment, dans un contexte de crise, avancer, innover, vivre de son métier, tout en conciliant enjeux économiques et environnementaux ? C'est toute la dynamique revendiquée par le colloque Terres d'innovations. La parole est largement donnée aux agriculteurs qui, de par leurs expériences, ont réussi à "sortir du sillon", à l'image de Yoann Humbert. Installé en Gaec à Luitré, cet agriculteur a réalisé un diagnostic Cap'2ER* dont l'objectif est d'évaluer les impacts environnementaux à l'échelle d'une exploitation.

En plus de cela, Yoann Humbert fait partie du groupe AEP du Pays de Fougères. "Il fallait que l'on change notre mode de production et plutôt que d'attendre que les choses nous tombent dessus, le mieux était encore d'anticiper", explique le jeune éleveur. Depuis trois ans, les évolutions apportées sur l'exploitation pour apporter davantage d'autonomie protéique ont porté leurs fruits "et les gains économiques alimentent les gains écologiques", ajoute Yoann Humbert. Un cercle vertueux en somme.

Lait de pâturage

Dans un autre registre, Marcel Denieul est venu présenter la démarche portée par l'association Lait de pâturage dont il est le président. À l'origine de sa création, un constat : "la qualité de notre travail n'est pas reconnue". Pourtant, aux Pays-Bas, une marque utilisée par certains distributeurs permet de valoriser sous forme de label le lait obtenu avec 120 jours de pâturage, six heures par jour. "En Bretagne, on fait largement mieux, sauf que ce n'est pas reconnu, ni valorisé", explique Marcel Denieul. D'où l'idée de créer le lait de pâturage, avec une association qui porte la marque, un cahier des charges, un logo... Dans ce contexte, quel rôle peuvent jouer les États généraux de l'alimentation ? Pour Marcel Denieul, "c'est surtout une opportunité de travailler en meilleure intelligence avec tous les maillons de la chaîne".

Enfin, inscrit dans la volonté locale de transition énergétique, le projet de méthanisation initié sur le territoire du Coglais a été présenté par Lionel Mazier, producteur de lait et de canards gras. Les acteurs sont partis du constat qu'un certain nombre de sous-produits pouvaient être valorisés et coûtaient même parfois à être éliminés comme les matières organiques d'origines agricole et agroalimentaire, les tontes des pelouses, les déchets verts des collectivités, ou encore les boues des stations d'épuration. "Pour le territoire les intérêts de ce projet sont la création d'emplois et le maintien d'activités économiques, la mise en place d'une économie circulaire, tout en apportant une réponse aux enjeux climatiques et énergétiques", souligne Lionel Mazier. Et pour les agriculteurs, c'est un gain économique avec une meilleure valorisation agronomique, le tout en contribuant à donner une image positive de l'agriculture. Le projet devrait entrer dans sa phase de travaux en 2020 pour une mise en route en 2021. La journée s'est poursuivie par d'autres témoignages et tables rondes.

Yoann Humbert et Marcel Denieul.
Yoann Humbert et Marcel Denieul. - © Terra

Agir, pourquoi et comment ?

En décidant de plancher sur les enjeux, liés au climat et à l'énergie, la trentaine d'agriculteurs et des étudiants de la MFR de Fougères ont réfléchi à la place occupée sur cette thématique par l'agriculture. Elle est à la fois consommatrice et productrice d'énergie, à la fois émettrice de gaz à effet de serre mais aussi capable de gérer le carbone stocké par la biomasse et les sols. Elle offre de nombreuses solutions de relocalisation de la valeur ajoutée dans les territoires ruraux.

Une voie d'excellence se dessine dans la production optimisée de lait et viande "bas carbone" et rentable.

Des inquiétudes ont tout de même été soulevées sur l'enjeu sol. Devenus le futur support de la production d'énergie décarbonée et le principal puis de carbone, les sols risquent de voir augmenter leur prix...

Autant de questions qui feront débat dans les plans climat-air-énergie territoriaux et au forum Grand Ouest "L'agriculture en transition énergétique et climatique avec les territoires", organisé par les chambres d'agriculture (près de Rennes, les 1 et 2 février). / Laurence Ligneau, chambres d'agriculture de Bretagne

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