Terra 24 novembre 2017 à 08h00 | Par Chantal Pape

Transition énergétique ? L'agriculture aussi s'engage !

Économies d'énergie, production d'électricité et de chaleur via la méthanisation ou l'énergie solaire... Depuis quelques années, l'agriculture s'engage résolument dans la transition énergétique. Et elle a profité du salon Breizh Transition, les 16 et 17 novembre derniers à Quimper, pour le faire savoir.

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"Cela fait déjà une bonne dizaine d'années que l'agriculture réfléchit aux économies d'énergie". Frédéric Kergourlay, ingénieur porc des chambres d'agriculture de Bretagne, a visité la maternité du futur qui teste, en  grandeur nature, de multiples équipements à la station expérimentale de Guernevez (29). Avant cela, il avait fait le point sur ce qui se fait déjà en élevage. "Lors de la conception des bâtiments, on tient compte des vents dominants pour limiter les déperditions thermiques et placer les couloirs tampon. Et on profite de l'énergie solaire pour améliorer la luminosité des salles". Des puits de lumière peuvent aussi être installés. "Le résultat est assez bluffant, même par temps gris".

Mickaël Feuildet, cabinet d'études Belenn ingénierie.
Mickaël Feuildet, cabinet d'études Belenn ingénierie. - © Terra

Isoler
Si en production porcine, les bâtiments sont généralement bien isolés, il ne faut pas oublier de traquer les ponts thermiques sur la zone de chaînage, en périphérie des fenêtres... Et de se pencher sur les préfosses, bien souvent construites en béton banché. "Pour limiter les pertes, il faut, si possible, les enterrer ou les taluter, voire les isoler par l'extérieur".

Des solutions qui apporteront également du confort aux animaux. Des niches en maternité et en post-sevrage font aussi leur apparition, évitant de chauffer toute la salle avec, à la clé, des économies d'énergie pouvant aller jusqu'à 60 voire 75 %.

Récupérer
En récupérant les calories de l'air sortant pour réchauffer l'air entrant, l'échangeur de chaleur permet aussi de substantielles économies, tout comme la pompe à chaleur
qui va capter dans le sol, dans l'air extérieur, voire dans le laveur d'air ou dans le lisier des calories disponibles pour chauffer le bâtiment. "Après le chauffage, qui représente 46 % de l'énergie totale d'un élevage de porcs, la ventilation est le second poste de dépenses, rajoute Frédéric Kergourlay. Si la ventilation centralisée permet déjà des gains importants, d'autres innovations ont vu le jour, comme la commutation électronique, qui permet de 65 à 85 % d'économies".

Frédéric Kergourlay, ingénieur porc des chambres d'agriculture de Bretagne.
Frédéric Kergourlay, ingénieur porc des chambres d'agriculture de Bretagne. - © Terra

Produire
En production laitière aussi, les éleveurs s'engagent. Si de nombreux récupérateurs de chaleur ont déjà été installés sur les tanks à lait, une réflexion a également démarré sur l'auto-consommation de l'électricité photovoltaïque. "Un sujet pas simple", reconnaît Mickaël Feuildet, du cabinet Belenn Ingéniérie. Contrairement à un élevage de porcs dont la consommation électrique est plus ou moins constante dans la journée, le bâtiment lait connaît deux pics journaliers, aux heures de traite.

Stocker l'énergie tout au long de la journée pour la restituer aux pics de consommation ? "Pour le moment, l'utilisation de batteries double le coût du kilowatt-heure". Implanter les panneaux photovoltaïques à l'est et à l'ouest est une première réponse pour décaler la production d'électricité matin et soir. "Mais on perdra 15 %".

La réglementation ayant évolué, on peut aussi envisager de revendre une partie de l'électricité, soit sur le réseau soit directement auprès de ses voisins. Une formation, proposée par les chambres d'agriculture, explore une autre voie. "Pourquoi ne pas commencer par une installation au sol de 1 à 3 kWc", lance Mickaël Feuildet. Certes, la production électrique est modeste. "Mais l'agriculteur peut réaliser lui-même une bonne partie de l'installation. Et plafonner à 3 kWc limite les contraintes administratives". Dans de telles conditions, l'électricité revient à 7 cts/kWh, à comparer au coût moyen de 12 cts en porc, 14 cts en lait. "Ca permet de maîtriser une fine partie de sa consommation à prix stable".

Pour découvrir cette autoconsommation, les visiteurs du salon ont pu se rendre à Saint-Yvi où un aviculteur vient de réaliser une installation de 10 kWc.

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