Terra 01 mai 2019 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Triskalia volailles fait son AG au poulailler

Après la restructuration du grand export, l’arrivée des éleveurs UKL et Ronsard en son giron, le groupement volailles de Triskalia croit en la reprise par la reconquête du marché intérieur. Pour ce faire, il faut maintenant rénover et installer. C’est le message fort de cette assemblée générale accueillie dans le poulailler neuf de Fabien Loric, 25 ans, le 24 avril dernier à Colpo (Morbihan).

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"J’ai l’impression que la volaille reprend son envol. On sent que la filière en a envie. C’est maintenant qu’il faut s’engager. On va manquer de viande", appuie Georges Galardon, président de Triskalia, à l’issue de l’assemblée générale d’un nouveau genre.

Une nouveauté inaugurée dans un bâtiment flambant neuf, un des quatre dossiers d’installation de ce type instruits par le groupement avec les 13 reprises en rénovation pour 2018. Le tout sur 38 000 m². La surface est à mettre au regard d’une pyramide des âges vieillissante et des 233 000 m² détenus par des adhérents de plus de 55 ans. Le message est donc clair à destination de toute une filière qui semble reprendre des couleurs et veut croire en son avenir, offensive sur le marché France. L’assemblée générale de Triskalia, en aura été la démonstration après le pas de temps statutaire et l’état des lieu de l’année 2018 pour les résultats des désormais 338 agriculteurs du groupement. Celui-ci a pris sous son aile, suite au dépôt de bilan de Doux, la liquidation d’UKL et la restructuration de Ronsard, les éleveurs et leur 250 000 m² de surface de production. "Une seule organisation de production, une seule équipe technique et sanitaire, un seul planning". Quant aux débouchés ? Les représentants de France Poultry, SBV et Ronsard, principaux clients du groupement, sont venus les détailler, pointant aussi leurs attentes.

"Inflation abusive"

"Prémiumiser le produit, se sortir d’une volaille de commodité et favoriser l’origine France. l’export est là et sera là demain encore", assure François Le Fort de France Poultry. Avec 43 % de viande de volaille consommée en France importée, 4 % de plus en 2018, l’enjeu de reconquête nationale est fort. Les outils industriels sont en ordre de marche pour y parvenir, notamment chez SBV (LDC), sous condition de "respect des poids cibles. Envoyez bien vos poulets aux bons poids sinon les pannes s’enchaînent", déplorent Maël Tanguy et Christian Perrot de SBV, pointant également les cas de pododermatites. Même attente "de lots homogènes et de maîtrise des poids", pour Philippe Vernet de Ronsard.

Reste la conjoncture avec l’impact de la peste porcine en Chine : "C'est un phénomène inédit qui impactera toutes les viandes", assure Bernard de la Morinière, administrateur.

Alors, pour Georges Galardon, si tous les clignotants sont au vert en volaille, "il faut que les clients améliorent les prix de reprise de nos volailles", afin de rattraper "des années de sous-investissement en élevage". Pierrick Le Labourier, président du groupement, insiste lui sur l’enjeu de renouvellement du parc et donc sur l’installation de nouveaux éleveurs. "Ici (chez Fabien Loric), c’est une formule 1 qui coûtait 294 euros du m² il y a un an, 350 euros cette année". Selon Pierrick Le Labourier : "Cette inflation abusive induit la frilosité des banques. Il est temps de flécher différemment les aides !".

 

 

 

Administrateurs et principaux clients du groupement volaille de Triskalia.
Administrateurs et principaux clients du groupement volaille de Triskalia. - © Terra

Eureden, la feuille de route se précise

"On attend l’accord de la Haute autorité, il sera favorable. On a un espoir pour la mi-juin". La Haute autorité de la concurrence ne devrait donc pas s’opposer à la fusion des deux coopératives bretonnes Triskalia et Cecab, selon leurs responsables. La nouvelle entité, est désormais baptisée Eureden, ont-ils rappelé, détaillant le calendrier à venir. L’union devrait être effective en juillet prochain. "Les deux coopératives continueront d’exister jusqu’à la fusion prévue le 31 décembre 2020. On travaille toujours à 50/50". Un regroupement qui fera d’Eureden, "un leader important de la coopération", avec 20 000 adhérents, 9 000 salariés, 310 magasins 3,1 milliards de chiffre d’affaires, 100 millions d’euros d’Ebitda, 650 millions d’euros de capitaux en fonds propres… Après les assemblées générales spécialisées (en cours), puis celles territoriales, le 21 juin prochain à Pacé (35), l’assemblée générale plénière et extraordinaire rebattra les statuts.

 

Fabien Loric.
Fabien Loric. - © Terra

294 euros du m≤ en neuf

À 23 ans, Fabien Loric s’est installé en janvier 2018 à Colpo (56). Ce, avec un troupeau de 25 vaches allaitantes sur 60 ha, la reprise du poulailler familial de 1 200 m² en dinde, âgé de 20 ans, et la construction d’un de 1 800 m², sol bétonné, éclairage naturel sur 3 % de la surface avec rampes d’alimentation sur treuils, caméra pilotée à distance... Un bâtiment dernier cri avec ventilation dynamique par canon CBX Systel à combustion indirecte de gaz. "On n’a pas d’entrée de CO2", apprécie le jeune homme qui a opté pour la mixité des équipements. Pour ce faire, il aura déboursé 529 400 euros, soit 294 euros du m², sans compter le hangar de stockage de la litière (copeaux de bois et cosse de sarrasin). Côté aides, Triskalia lui a apporté 52 500 euros et la Région 42 000 euros via le PCAEA.

"J’ai sorti déjà deux lots de poulet lourd sexé. Je ne m’interdis pas un jour de faire de la dinde, on ne sait jamais", note le jeune homme prévoyant, pointant les 12,2 puis 12,4 euros de marge poussin-aliment/m². De très bons résultats au regard des 12,74 euros pour les 25 % meilleurs du groupement en 2018. "J’ai été bien entouré, une bonne équipe technique", justifie-t-il. Sa préoccupation ? "La qualité par rapport aux pododermatites, on se bat tous pour cela". Sa hantise ? L’intrusion : "Savoir que des gens font cela, c’est exécrable et aberrant. Ça salit toute une profession. L’impact est dévastateur", fustige-t-il après les intrusions vécues récemment chez des collègues.

 

 

Triskalia volailles

338 adhérents

562 bâtiments d’élevage

617 000 m² de surface de production dont 406 740 m² en Morbihan

Répartition de surfaces par espèce : 44 % dinde, 21 % poulet JA, 14,7 % canard, 10,6 % poulet export, 9,7 % poulet sexé.

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