Terra 26 octobre 2017 à 08h00 | Par Emmanuelle Le Corre

Trophée Les Sabots d'or : le beau troupeau d'Yveline et Didier récompensé

Vendredi 6 octobre à Cournon, l'élevage Lorinquer à Loguivy-Plougras (Côtes d'Armor) a reçu le trophée "Les Sabots d'or" en race Blonde d'Aquitaine, une distinction qui récompense les meilleurs élevages allaitants à l'échelle nationale.

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Yveline et Didier Lorinquer, distingués par le trophée Les sabots d'or en Blonde d'Aquitaine.
Yveline et Didier Lorinquer, distingués par le trophée Les sabots d'or en Blonde d'Aquitaine. - © Terra

C'est La récompense de toute une carrière, une récompense enlevée au nez et à la barbe du berceau de la race Blonde d'Aquitaine ! Organisé tous les ans lors du Sommet de l'Elevage, le trophée Les Sabots d'Or (1) promeut la progression des bons éleveurs en basant son calcul sur trois postes (un tiers du calcul) : la croissance par le poids à âge type à 210 jours (PAT), la maîtrise des outils génétiques et la conduite technico-économique.

A 60 ans, Yveline Lorinquer, petit bout de femme à la tête de l'élevage, remporte un prix chèrement mérité. "Ce sont trente années de travail, le résultat de toute une vie", résume Didier, son mari avec émotion. Salarié à l'extérieur, passionné lui aussi, il change de costume dès qu'il rentre du travail. Le troupeau de 90 UGB, construit pas à pas, atteint un très bon niveau génétique : "les résultats de l'élevage sont nettement au dessus des références. Les croissances et la production sont notamment bien maîtrisées", résument les organisateurs d'Eilyps.

Et comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, Ginkgo, un mâle né sur l'élevage et évalué en station raciale, vient d'entrer au catalogue des taureaux d'insémination. "Un taureau 100 % costarmoricain avec une mère et une grand-mère nées sur notre élevage et un père né à Quintin", se réjouissent les éleveurs.

Un troupeau construit petit à petit

Pourtant les débuts de l'élevage furent difficiles. Sans bagages agricoles, ni soutien de la banque, le couple crée l'élevage sur l'exploitation des parents d'Yveline à Loguivy-Plougras en 1990. "Pour la banque, il était hors de question de financer notre élevage. Un poulailler, oui mais pas un élevage allaitant", se rappelle Yveline. Huit blondes d'Aquitaine de race pure sont achetées, à l'époque le génisson coûtait 8 000 francs. "La vache est élégante et belle, même si elle n'est pas la plus facile à gérer !", décrit l'éleveuse.

Aujourd'hui, le troupeau se compose de 64 vaches suitées de très bon niveau génétique ; 16 mâles entre 2010 et 2016 ont été évalués en station raciale ; 15 à 18 génisses sont conservées par an pour le renouvellement. En 2016, 23 broutards et 9 broutardes ainsi que 11 animaux reproducteurs ont été vendus. Sept à huit vaches de boucherie par an étaient habituellement vendues en label rouge. Les éleveurs travaillent aussi en vente directe.

Des résultats supérieurs à la moyenne

Ici les vêlages sont réalisés principalement en début de printemps à raison d'une trentaine  entre avril et mai. Les retours en chaleur, la reproduction et la santé des veaux sont mieux maîtrisés sur cette période. Deux taureaux achetés en station assurent la reproduction tandis que l'insémination artificielle s'est réduite d'un maximum de 30 % à 9 %. "Nous achetons toujours nos taureaux qualifiés RJ en station. Nous avons toujours utilisé des taureaux très mixtes  avec de la croissance", précise Didier Lorinquer, en charge de la génétique, des IA et du suivi des pesées. Dès le départ, les éleveurs recherchent de la production laitière et utilisent le taureau Léo en IA, bien indexé sur ce critère. Au fil du temps, la sélection porte ses fruits avec pour résultat une excellente productivité du troupeau, un taux de mortalité très faible et une bonne longévité des vaches. L'intervalle vêlage-vêlage moyen est de 383 et le taux de mortalité de 3 %, contre respectivement des références nationales de 409 et 10,9 %. Quant à la production de viande vive, critère de synthèse des performances techniques du troupeau allaitant, elle est de 324 kg vif produit/UGB contre une référence moyenne de 280 kg.

Les performances sont optimisées avec des coûts de production limités. De la mi-avril à octobre, les vaches sont à l'herbe. La ration hivernale se compose de maïs ensilage, d'enrubannage et de minéral. Les vaches taries reçoivent du maïs ensilage rationné, du foin et du minéral. Quant aux veaux, ils sont nourris avec un mélange fermier à base d'orge, de luzerne déshydratée, d'aliment du commerce et de minéral. Une attention particulière est apportée au retour en chaleur. "La complémentation, l'état satisfaisant, le vêlage sans intervention font que les vaches reviennent plus vite en chaleur. Et même si une vache décale, on ne la retire pas pour autant. On est très animaliers", s'excusent presque Yveline et Didier Lorinquer.

 

(1) Organisé par France Conseil Elevage, Allflex et la revue Réussir Bovins Viande.

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