Terra 14 mars 2019 à 08h00 | Par Chantal Pape

Trouver en groupe d'autres façons de lutter contre les vivaces

Les groupes Dephy et 30 000 poursuivent le même objectif : réduire le recours aux phyto, sans rogner ni sur le rendement ni sur la qualité des produits. Vendredi dernier, les deux groupes nord-finistériens se sont retrouvés à Morlaix pour plancher ensemble sur la lutte contre les vivaces.

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Après une première partie théorique en salle le matin, 
place à la pratique au champ, la plupart du temps chez l'un des participants du groupe.
Après une première partie théorique en salle le matin, place à la pratique au champ, la plupart du temps chez l'un des participants du groupe. - © Terra

"Comme d'habitude, nous allons travailler à partir de cas concrets", explique Odile Le Du, en ouvrant la réunion du groupe Dephy Nord Finistère. Une fois n'est pas coutume, le groupe 30 000 du Pays de Morlaix l'a rejoint. Et c'est ensemble et avec l'aide de Michel Falchier, spécialiste désherbage à la chambre d'agriculture, qu'ils vont plancher sur agrostis, chiendent, liseron, laiteron et autre rumex, ces vivaces qui parfois, s'en donnent à cœur joie dans les parcelles de céréales ou d'herbe.

 

En salle et au champ

Biologie, mode de reproduction... sont passés en revue durant la matinée. "Parfois, sans le savoir, les agriculteurs multiplient les vivaces par le travail du sol. Puis essaient de les éliminer par la chimie". L'objectif ? "Mobiliser d'abord tous les leviers agronomiques pour diminuer la pression des vivaces et utiliser la chimie en dernier recours", indique Cécile Goupille, animatrice du groupe 30 000 du pays de Morlaix. "Et à chaque adventice sa matière active, rajoute Odile Le Du. Le glyphosate ne sert pas pour toutes les vivaces".

Après un repas en commun, la journée se poursuit chez Thierry Quéré, producteur de lait à Plourin les Morlaix, pour essayer, ensemble, de trouver une solution à son problème de rumex dans les pâtures, de liseron dans les cultures.

 

30 000 exploitations engagées

Issu du plan Ecophyto, le groupe Dephy Nord Finistère a été créé en 2016. "Il regroupe 13 agriculteurs, détaille Odile Le Du, son animatrice. Essentiellement des producteurs de lait, mais aussi de porcs, de vaches allaitantes". Un schéma que l'on retrouve aussi dans le groupe 30 000 du Pays de Morlaix, créé un an plus tard, quand le plan Écophyto 2 s'est fixé pour objectif de parvenir à 30 000 exploitations engagées dans des groupes planchant sur la réduction de l'utilisation des produits phytosanitaires.

 

À chaque groupe son programme

Dans un groupe comme dans l'autre, ce sont les agriculteurs qui définissent le programme des rencontres, 4 à 5 fois par an, voire plus si besoin. "La première année, nous avons abordé le désherbage du maïs, les fongicides céréales, la houe rotative", énumère Odile Le Du. "À Morlaix, nous avons aussi évoqué le travail du sol, rajoute Cécile Goupille, qui a pris le temps de rappeler les bases : reconnaissance des adventices ou des maladies, observation des cultures... Et l'an passé, déjà, les deux groupes avaient travaillé ensemble, le matin, en visitant une exploitation bio, l'après-midi en planchant sur le semis direct de protéagineux".

 

 

 

 

Chez Thierry Quéré, producteur de lait à Plourin les Morlaix, le groupe tente de trouver une solution à son problème de rumex dans les pâtures, de liseron dans les cultures. En photo, des racines de liseron.
Chez Thierry Quéré, producteur de lait à Plourin les Morlaix, le groupe tente de trouver une solution à son problème de rumex dans les pâtures, de liseron dans les cultures. En photo, des racines de liseron. - © Chambre d'agriculture de Bretagne

Tester en groupe

"Mieux vaut être acteur que subir". Faisant déjà partie du groupe cultures de la chambre d'agriculture de Brest, Philippe Dantec a rejoint le groupe Dephy Nord Finistère dès sa création, en 2016. "Pression sociétale, santé... on va devoir réduire les phytos. Et le groupe me permet d'appréhender un peu mieux les choses".

Pour le moment, il a testé une houe en prélevée sur maïs puis une bineuse. "Ça marche bien",reconnaît le producteur de porcs de Saint Urbain qui veut mixer désherbage mécanique et chimique. "Je cherche le meilleur compromis. Passer à un désherbage uniquement mécanique ferait grimper le coût, en multipliant les passages". Cette année, il a aussi implanté des couverts végétaux courts entre deux céréales. "La nature a horreur du vide ! Ils me permettent de ne plus utiliser de glyphosate avant semis". Un test mené sur une quinzaine d'hectares. "Je savais que ça se faisait ailleurs. J'ai eu envie d'essayer". Et c'est en s'appuyant sur le groupe qu'il avance. "Cette année, on a testé de très faibles doses en maïs. Il semblerait qu'on ait atteint la limite basse".

 

 

 

Le rumex s'en donne parfois à cœur joie dans les parcelles de céréales ou d'herbe.
Le rumex s'en donne parfois à cœur joie dans les parcelles de céréales ou d'herbe. - © Chambre d'agriculture de Bretagne

Parvenir à une plus grande autonomie

"La diminution du recours aux phyto est incontournable". Intéressé par le sujet et agacé de voir certaines collectivités se lancer dans le conseil aux agriculteurs, Pascal Prigent a poussé la chambre d'agriculture à lancer un groupe 30 000 sur le pays de Morlaix. Ce qu'il y cherche ? "Une plus grande autonomie, affirme le producteur de lait de Plougonven. Jusque-là, j'avais plutôt tendance à déléguer la partie cultures à nos commerciaux. J'ai eu envie de me réapproprier les bases". Le groupe lui permet aussi de profiter de l'expérience des uns et des autres. "On n'a pas tous les mêmes objectifs. Mais les échanges permettent à chacun de progresser". Cerise sur le gâteau, "on forme une bonne équipe". Et il en est convaincu, "ceux qui restent chez eux ont plus de mal à vivre sereinement leur métier".

 

Tester en groupe

"Mieux vaut être acteur que subir". Faisant déjà partie du groupe cultures de la chambre d'agriculture de Brest, Philippe Dantec a rejoint le groupe Dephy Nord Finistère dès sa création, en 2016. "Pression sociétale, santé... on va devoir réduire les phytos. Et le groupe me permet d'appréhender un peu mieux les choses".

Pour le moment, il a testé une houe en prélevée sur maïs puis une bineuse. "Ça marche bien", reconnaît le producteur de porcs de Saint Urbain qui veut mixer désherbage mécanique et chimique. "Je cherche le meilleur compromis. Passer à un désherbage uniquement mécanique ferait grimper le coût, en multipliant les passages". Cette année, il a aussi implanté des couverts végétaux courts entre deux céréales. "La nature a horreur du vide ! Ils me permettent de ne plus utiliser de glyphosate avant semis". Un test mené sur une quinzaine d'hectares. "Je savais que ça se faisait ailleurs. J'ai eu envie d'essayer". Et c'est en s'appuyant sur le groupe qu'il avance. "Cette année, on a testé de très faibles doses en maïs. Il semblerait qu'on ait atteint la limite basse".

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