Terra 16 février 2017 à 08h00 | Par Agra

UE/Canada : le Parlement européen appelé à approuver un accord "équilibré"

Les députés européens étaient appelés à voter cette semaine leur consentement à l’accord de libre-échange avec le Canada que son premier ministre, Justin Trudeau, devait venir lui-même défendre à Strasbourg. Le rapporteur parlementaire juge cet accord "équilibré". Tel n’est pas l’avis du secteur français de la viande qui en souligne les risques.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
- © Parlemente européen

Le rapporteur de la commission du commerce international du Parlement européen, Artis Pabriks (groupe du Parti populaire européen, Lettonie), a recommandé aux députés, qui devaient se prononcer le 15 février à Strasbourg, de donner leur consentement à la conclusion de l’accord économique et commercial global (Ceta) signé le 30 octobre 2016 entre l’UE le Canada, ce qui permettrait sa mise en œuvre provisoire au printemps. Cet accord,"équilibré" est, selon lui, "totalement en ligne avec ce qui était fixé dans le mandat de négociation" confié à la Commission de Bruxelles et "permettra de générer une croissance et des emplois indispensables tout en maintenant les normes élevées de l’Europe dans des domaines tels que la sûreté alimentaire, la protection environnementale et les droits du travail".

La protection des indications géographiques mise en avant

Le Ceta "contient beaucoup de nouveautés", affirme le rapporteur du Parlement européen, citant notamment les "résultats obtenus sur les indications géographiques", précisant que le Canada a "convenu d’assurer la protection de plus de 140 indications géographiques européennes de produits et boissons à un niveau équivalent à celle fournie dans l’UE". "Dès le premier jour", l’accord "éliminera pratiquement tous les droits de douane" entre les deux parties, "pour un montant de 400 millions d'euros de biens originaires de l’UE", rappelle également Artis Pabriks. "Il y a toutefois quelques restrictions à l’accès libre au marché", ajoute-t-il, indiquant que plusieurs produits agricoles considérés comme sensibles seront proposés sous forme de quotas (les produits laitiers par exemple) ou bien complètement exclus (volaille et œufs).

Viande bovine : si les États-Unis étaient de la partie...

L’accord de libre-échange entre l’UE et le Canada, s’il était signé par le Parlement européen le 15 février, constituerait un dangereux précédent, a averti le 2 février devant la presse Aurélie Trouvé (AgroParisTech) qui présentait une étude sur l’impact du CETA sur le secteur des produits animaux commandée par le groupe des Verts du Parlement européen et l’interprofession française du bétail et de la viande (Interbev).

Avec 70 000 tonnes d’importations de viande bovine canadienne à droits nuls, l’accord représentera le quart des exportations canadiennes de viande bovine, et si l’UE concédait la même proportion aux États-Unis, "cela ferait 700 000 tonnes de viande bovine qui arriveraient" dans l’UE, écrasant la production européenne, de morceaux à forte valeur ajoutée notamment, a-t-elle expliqué. "Ceux qui pensent contrarier la politique de Trump en signant le Ceta se trompent lourdement", a commenté Yannick Jadot, député Vert européen, qui participait à cette rencontre avec la presse.

"Remise en cause" du principe de précaution

Par ailleurs, la Fondation Nicolas Hulot et Interbev ont appelé le 6 février, les élus et les candidats à l’élection présidentielle française à dire "non" à l’accord de libre-échange entre l’UE et le Canada. "Sous aucun prétexte, vous n’accepterez de cautionner l’adoption du CETA […] qui ouvrira les portes de notre marché à plusieurs dizaines de milliers de tonnes de viandes issues d’animaux engraissés au maïs OGM, aux antibiotiques et aux farines animales, remettra en question notre principe de précaution et affaiblira nos règlementations", demandent-elles dans une lettre ouverte.

 

Phil Hogan au Canada début mai

Phil Hogan effectuera du 1er au 4 mai une visite officielle au Canada à la tête d’une mission commerciale, accompagné de quelque 60 dirigeants d’entreprises et organisations du secteur agroalimentaire de l’UE (produits laitiers, viande, vin et spiritueux, céréales, fruits et légumes, produits transformés…). Ceux-ci rejoindront le commissaire européen à l’agriculture pour l’ouverture officielle de la foire internationale SIAL Canada 2017 à Toronto dont l’Union européenne est cette année la "Région d’honneur".

 

Le premier ministre canadien à Strasbourg

Justin Trudeau devait défendre l’accord de libre-échange UE-Canada (Ceta) devant les députés européens le 16 février à Strasbourg avant une visite officielle en Allemagne. Le Ceta est "l’accord commercial le plus progressiste jamais négocié par le Canada ou l’Union européenne" a-t-il affirmé dans un communiqué. Ottawa vient de nommer Stéphane Dion, ancien ministre des affaires étrangères, au poste d’ambassadeur à la fois auprès de l’UE et en Allemagne.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui