Terra 03 novembre 2016 à 08h00 | Par Audrey Dibet

Œufs alternatifs : bientôt la moitié du marché

Le marché de l'œuf a brusquement changé cette année. Les systèmes alternatifs à la cage qui représentent 32 % de la production aujourd'hui en France - et 25 % en Bretagne - devraient atteindre 50 % du marché d'ici 2022. 500 millions d'euros d'investissements sont nécessaires pour adapter la filière. Les élevages "cages", qui amortissent encore les mises aux normes, ne peuvent pas supporter seuls ces investissements.

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1er janvier 2012, la directive européenne sur le bien-être animal entre en vigueur en France ; lesœufs commercialisés en code 3 doivent désormais être issus de poules élevées dans des cages aménagées avec une densité moindre d'animaux au m². Certains éleveurs décident d'arrêter la production tant l'investissement pour se mettre aux normes est conséquent, ce qui conduit à l'arrêt de la moitié des élevages bretons. Ceux qui poursuivent font bien souvent le choix d'augmenter la taille de leur atelier pour comprimer les charges. L'élevage moyen en Bretagne passe à 80 000 poules cette année-là, contre 50 000 poules auparavant. Aujourd'hui ces investissements sont loin d'être amortis et limitent la capacité d'adaptation de ces élevages à un marché qui a depuis changé.

Les annonces se succèdent

Enseignes de la grande distribution, sociétés de restauration hors domicile, entreprises de l'agroalimentaire : leurs annonces se sont succédé depuis le depuis de l'année à l'encontre des œufs de poules élevées en cages. L'enseigne de distribution Monoprix fut une des premières très médiatisées à annoncer "retirer définitivement les œufs de catégorie 3 de ses rayons" le 11 avril 2016. "Ils sont dans la communication, analyse Yves-Marie Beaudet, responsable œuf à l'union des groupements bretons (UGPVB). Ils agissent sans concertation avec la profession, sans s'assurer de leur capacité d'approvisionnement. Et Monoprix restreint l'offre au consommateur. Ceci a d'ailleurs valu à l'enseigne une baisse de son chiffre d'affaires en œufs".

Autre fait marquant en juillet dernier avec la Sodexo, société internationale de restauration hors domicile (19,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires à travers le monde) qui annonçait qu'elle arrêterait de s'approvisionner en œufs de poule en cages d'ici 2025 tant pour les œufs liquide qu'en coquille. L214 - cette association puissante qui dénonce les conditions d'élevage et d'abattage des animaux en France avec pour but ultime que cessent toutes utilisations de l'animal par l'homme - n'est pas innocente dans ces événements dont elle se félicite régulièrement.

Toujours est-il que désormais une chose est claire pour les fournisseurs d'œufs : il n'y a plus un seul acheteur aujourd'hui qui ne pose sur la table la question de l'achat d'œufs de poules élevées en cages.

 

La demande en œufs alternatifs  a fortement augmenté. Pour y répondre, une partie des élevages standards devront évoluer vers un mode de production bio, de plein air ou au sol.
La demande en œufs alternatifs a fortement augmenté. Pour y répondre, une partie des élevages standards devront évoluer vers un mode de production bio, de plein air ou au sol. - © A. Puybasset

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