Terra 27 janvier 2017 à 08h00 | Par Anne Guézengar, Jean-Marc Seuret, chambres d'agriculture de Bretagne

Un déficit pluviométrique important sur la région

Les faibles précipitations de l’automne et du début de l’hiver font craindre un risque de sécheresse qu’il convient d’intégrer dès maintenant dans la conduite de ses cultures et dans l’analyse de son bilan fourrager. Le point à la fin janvier.

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Les couverts non gélifs semés avant maïs devront être détruits tôt, dès le mois de février, afin de préserver la réserve en eau des sols.
Les couverts non gélifs semés avant maïs devront être détruits tôt, dès le mois de février, afin de préserver la réserve en eau des sols. - © Terra

La pluviométrie a été particulièrement faible en septembre et octobre 2016 (environ 55 % de la normale). Les pluies du mois de novembre, proches de la normale, ont permis une réhumectation complète mais temporaire des sols. La pluviométrie des mois de décembre et janvier a été fortement déficitaire sur l’ensemble de la région (environ 20 % de la normale à l’ouest et 35 % à l’est). Ainsi de septembre 2016 à janvier 2017, on enregistre 48 % de la pluviométrie normale à Lorient, 54 % à Rennes et à Brest, et 63 % à Saint Brieuc. Les niveaux des nappes phréatiques sont donc très bas pour la saison.

Conséquences pour la fertilisation des céréales

La faible pluviométrie associée à des températures conformes aux normales crée une conjoncture propice à des reliquats d’azote dans le sol plus élevés qu’à l’habitude. Aussi, dans la grande majorité des cas, les besoins faibles du blé en ce moment sont satisfaits par l’azote présent dans le sol. Une économie d’azote sur l’apport tallage permettra d’en garder davantage pour un 3e apport autour des stades "gonflement - dernière feuille étalée".

Pour être correctement valorisés, les apports d’engrais nécessitent un minimum de 10 mm d’eau la semaine suivant l’épandage. Il convient donc d’attendre la fenêtre météo propice pour intervenir.

Une mesure de reliquats sortie hiver dans une parcelle représentative de l’exploitation pourra être bien valorisée cette année dans le calcul de la dose totale d’azote.

Anticiper la destruction des couverts et dérobées avant maïs

De manière générale, il convient de détruire les couverts au moins 2 mois avant le semis du maïs. On évite ainsi que la consommation d’azote liée à la décomposition des résidus du couvert et la concurrence en eau ne nuisent à la culture. Le fort gel de ces derniers jours va favoriser la destruction des couverts gélifs comme la phacélie, la moutarde… Pour les autres, si le temps reste au sec, il est judicieux de les détruire plus précocement, y compris les dérobées qui ont pris du retard dans leur développement. Si réglementairement la destruction exclusivement mécanique peut intervenir dès le 1er février, il sera conseillé d’intervenir courant février, surtout pour les terres à faible réserve en eau. Si un apport de fumier est prévu, l’épandre juste avant la destruction du couvert pour assurer son incorporation au sol.

Refaites un bilan fourrager

2016 a été une mauvaise année pour le rendement moyen des prairies qui accuse une baisse de 30 % sur l’ensemble de la saison d’herbe par rapport à la moyenne 1999-2015. Dans ce contexte et avec l’hiver sec, la réalisation d’un bilan fourrager semble indispensable pour confronter les besoins à l’état des stocks et anticiper le risque d’un printemps moins productif.

Concernant les systèmes laitiers où le maïs est prédominant, si le bilan fourrager souligne un risque de déficit des stocks supérieur à 20 %, il faut anticiper des achats d’ensilage de maïs en prospectant des élevages proches pour connaître les disponibilités. Concernant les dérobées, si le temps froid et sec perdure, il ne faudra pas trop compter sur la production fourragère de ces surfaces.

Pour les élevages en systèmes herbagers ou en bio, l’année 2016 n’a pas permis de faire autant de récoltes d’herbe que d’habitude : la situation des stocks peut être tendue. Un ajustement des effectifs d’animaux a souvent déjà eu lieu en anticipant des réformes. Un achat de fourrages, notamment de foin, peut s’avérer nécessaire. Pour ceux qui disposent de mélanges céréaliers, une valorisation en ensilage plutôt qu’en grains pourra permettre de récupérer des stocks fourragers.

Ne pas compromettre le potentiel des prairies

Dans tous les cas, il ne faut pas compromettre le potentiel de pousse des prairies en mettant trop tôt les animaux à l’herbe. Il est nécessaire d’avoir au moins 7 cm herbomètre pour commencer à pâturer. On sortira sur les parcelles les plus précoces où la hauteur entrée sera suffisante.

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