Terra 02 mai 2015 à 08h00 | Par Paul Jégat

un jour avec ... Jérôme Hossard Jardinier du parc du Thabor à Rennes

Arbres exotiques rares, jardins à l'anglaise d'un côté, à la française de l'autre, jardin botanique aussi et roseraie incomparable font du Thabor un parc d'exception sur lequel veille discrètement Jérôme Hossard. L'ancien potager de l'abbaye des bénédictins est devenu la plus immédiate destination d'évasion des citadins rennais.

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Jérôme Hossard, jardinier du parc du Thabor  à Rennes
Jérôme Hossard, jardinier du parc du Thabor à Rennes - © Terra

8h - Jérôme Hossard embauche et retrouve les 12 jardiniers de l'équipe du Thabor qu'il coordonne. C'est l'un des plus beaux parcs publics de France, modelé en 1868 par le paysagiste Denis Bühler.

9h30 - Les taches réparties, Jérôme retrouve son ordinateur pour gérer la logistique. A l'instant, il vient de programmer un enlèvement de déchets verts, ceux qui ne peuvent pas être broyés sur place. Puis, il rejoint ses collègues, conseille et prête main forte.... Du très quotidien, répétitif parfois. "Une journée de binette, ça passe mais pas une semaine de suite" assure-t-il en rappelant que l'objectif zéro phyto est tenu. Ici, la chasse aux herbes folles est mécanique, seulement mécanique ! Jérôme a choisi cette voie très jeune, il s'y est formé, Cap, Bep productions florales et BTA, à 20 ans il a été embauché à la direction des jardins de la ville. Aujourd'hui chef d'équipe, il se sent bien dans son métier et dans ce lieu magique...Où il sait qu'il ne restera pas. La règle du service, c'est dix ans maximum au même endroit explique-t-il... avec un petit pincement.

13h15 - Jérôme fait à nouveau le tour des chantiers en cours, parfois colossaux quand il s'agit de créer de nouveaux "tableaux" composés  de milliers de fleurs. Par le passé, les phyto régulaient les pousses intempestives et laissaient plus de temps pour d'autres tâches, les jardiniers d'alors pouvaient planter jusqu'à 50 000 pieds sur un seul espace, une folie réjouissante pour les yeux des visiteurs, mais un travail immense. Les temps ont changé, l'aspect du parc aussi, plus libre. On peut même marcher sur certaines  pelouses. Ils sont des centaines à déjeuner sur l'herbe aux beaux jours.

14h - Relève des poubelles, l'enlèvement est quotidien pour éliminer les détritus des adeptes du sandwich-pelouse. Un endroit requiert l'attention de Jérôme, la roseraie, 2 000 rosiers (900 variétés) positionnés en cercle. Cet espace aux mille parfums fleurira dans quelques semaines. Des années passées à embellir chaque recoin du Thabor ont créé un attachement. Des 700 arbres du parc, il ne veut en préférer aucun "pour ne pas faire de jaloux".

16h - Jérôme repasse au bureau, répond aux mails des autres équipes de la direction des jardins (il y en a 43) afin que soient répartis les équipements selon les besoins des jours suivants. La journée du lendemain est déjà commencée.

J'aime - la "diversité" dans un métier qui le passionne comme au premier jour.

"Le fruit ne tombe jamais loin de l'arbre" dit-il. Tout lui vient
de sa mère qui jardinait beaucoup. "Le jardin, je m'y suis toujours plu".

Je n'aime pas - "Qu'on puisse saborder votre travail", les fleurs piétinées, tags, bouteilles cassées et papiers jetés à la volée, toutes ces petites "incivilités" qui portent atteinte au vivre ensemble.

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