Terra 12 mai 2016 à 08h00 | Par Hélène Bonneau

Un rendez-vous Tech&Bio fédérateur

Les 1er et 2 juin prochains, la station expérimentale de Kerguéhennec, située à Bignan (56), sera le théâtre du rendez-vous Tech&Bio. Sur 12 hectares, elle accueillera des ateliers techniques, des démonstrations, des visites d’essais, des conférences, des animations et des temps forts.

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Après les Pays de la Loire en 2012, c’est au tour de la Bretagne d’accueillir le rendez-vous Tech&Bio du Grand Ouest. Dans un contexte où la consommation de produits bio reste dynamique et où les producteurs recherchent de la valeur ajoutée pour leurs productions, les chambres d’agriculture, organisatrices de ce rendez-vous, ont souhaité s’entourer des acteurs des filières et du développement agricole pour construire un événement au service des agriculteurs. Ce rendez-vous répond également à l’enjeu du développement de l’agriculture biologique dans le Grand Ouest.

Des techniques à la portée de tous les agriculteurs

Beaucoup d’agriculteurs s’interrogent aujourd’hui sur l’opportunité de passer en système bio dans les filières bretonnes lait, céréales ou légumes car les marchés évoluent très rapidement. Quelles que soient leurs productions, les
producteurs trouveront des réponses à leurs questions car les chambres d’agriculture ont choisi d’aborder cet événement inter-régional sous l’angle fédérateur des cultures et du machinisme agricole. Fédérateur, l’événement l’est par essence, puisqu’il s’adresse aux agriculteurs bio comme aux agriculteurs en système conventionnel pour mettre le meilleur des techniques bio et alternatives à la portée de tous. Qu’il s’agisse d’affiner ses pratiques en bio, de découvrir des nouveautés ou de faire évoluer son exploitation, les producteurs bio comme les agriculteurs conventionnels pourront trouver des pistes d’amélioration, au service de la performance économique et environnementale de leur système.

Des alternatives à la réduction des phyto

Ce rendez-vous Tech&Bio se tient par ailleurs dans le contexte de la réduction des intrants et tout particulièrement des produits phytosanitaires, avec un enjeu important, celui d’accompagner tous les agriculteurs en leur proposant des techniques alternatives qui ont fait leurs preuves. Pour rappel, en 2008, la France a décidé de réduire de 50 % l’utilisation des produits phytosanitaires en 10 ans.

 

info :

Le Rendez-vous Tech &Bio du Grand Ouest est un événement organisé à l’initiative des chambres d’agriculture de Bretagne, en collaboration avec les chambres d’agriculture des Pays de La Loire et de Normandie.
Au-delà du public des agriculteurs, le rendez-vous est ouvert aux porteurs de projets, aux structures agricoles, à leurs techniciens, aux enseignants et aux étudiants.

Plus d’infos sur : www.rdv-tech-n-bio.com/2016-grand-ouest/

 


- © Terra

Faire (re)naître la biodiversité

Implantation de haies, création de bandes enherbées, mise en place d'une beetle bank, Jacques Guguen s'est impliqué pour favoriser la biodiversité sur son exploitation porcine à Corseul (22). Une décision qui fait rimer économie et écologie.

Entré en 2011 dans la démarche "agriculture et biodiversité", soutenue par la fédération régionale des chasseurs et la chambre d'agriculture, Jacques Guguen commence par poser un diagnostic de la biodiversité dans son exploitation. Soucieux de son cadre de vie et de l'embellissement de son lieu de travail, il a déjà planté de nombreuses haies il y a une vingtaine d'années. Un point fort qu'il saura utiliser en installant une chaudière à plaquettes pour chauffer son bâtiment d'élevage. Outre l'aspect économique immédiat, l'agriculteur vante les bienfaits de l'implantation de haies sur le long terme : "les arbres améliorent visuellement mon cadre de vie, sont un refuge pour les oiseaux et les auxiliaires qui protègent mes cultures, ils coupent le vent et sont anti-érosifs. Que du positif " .

Création de bandes enherbées

"Si j'avais un conseil pour les agriculteurs qui souhaitent se lancer dans la biodiversité c'est de commencer par la mise en place de bandes enherbées, c'est facile, peu coûteux et efficace dès la première année". Au début de la démarche, Jacques Guguen dispose d'une jachère faune sauvage de 2, 3 hectares sur une parcelle unique. Pour améliorer la biodiversité sur son exploitation, il décide de la remettre en culture et de dispatcher cette surface sur l'ensemble de l'exploitation en créant des bandes enherbées  (dactyle, fétuque, trèfle) de trois mètres de large autour des haies. "Ces nouvelles surfaces favorisent la pousse des haies en leur accordant de l'espace et donnent le gîte et le couvert aux auxiliaires (sphyre, carabe, coccinelles) qui protègent les cultures des insectes néfastes pour les plantes. Ce choix n'impacte pas mes rendements puisque les bandes enherbées se situent autour des haies et touchent donc la partie la moins productive des parcelles" . Pour aller plus loin, l'éleveur a installé une beetle bank (billon de terre couvert de graminées) pour scinder une de ses parcelles (7 hectares / 2) et garantir une zone de passage aux auxiliaires au cœur des cultures.

Réduire les intrants

Inscrit également dans la démarche "ferme Dephy Ecophyto ", l'éleveur porcin confirme que "la présence des auxiliaires permet la réduction des produits phytosanitaires dans les cultures, ce qui a un impact sur ma santé. Chaque fois que je n'en mets pas, c'est un risque en moins". Il évoque aussi " l'aspect économique non négligeable de la réduction des pesticides pour un rendement similaire".

- © Terra

Bio, robot et pâturage  : un mix compatible

Seul sur son exploitation, Bertrand Ronceray, éleveur de vaches laitières en production biologique à Brielles (35) décide de faire installer un robot de traite tout en pérennisant son système pâturant. Bilan trois ans après.

"J'ai installé un robot de traite en mars 2013 avec pour objectif le maintien du système pâturant sur l'exploitation", annonce Bertrand Ronceray. Agriculture biologique, robot et pâturage, un mélange des genres qui peut faire peur mais qui fonctionne. "Au départ, nous avions peu ou pas d'éléments de comparaison sur ce type de système global, nous avons un peu essuyé les plâtres mais aujourd'hui ça marche, très bien même !", évoque l'agriculteur. Et d'apprécier la libération du temps de travail, la fin des contraintes du travail à horaires fixes et des difficultés physiques inhérentes à la traite quotidienne.

Pâturage : au cordeau

"La motivation de l'éleveur est à mon sens la première condition de réussite du système... mais l'accessibilité aux parcelles ( environ 30 ares / vaches ) et la bonne circulation des animaux garantissent la réussite sur le long terme, sans perte de production et sans hausse du coût alimentaire", explique Bertrand Ronceray. Dans son élevage, les vaches doivent obligatoirement passer par le robot de traite pour accéder au pâturage qui comporte deux parcelles, une pour le jour et une pour la nuit. Les vaches sont guidées par une porte automatique calée sur une horloge. "Je dois gérer deux fils avant, un pour le matin et un pour le soir. Cette circulation des animaux permet d'attirer les vaches avec de l'herbe fraîche deux fois par jour et de les contraindre à passer au robot, situé au bout du bâtiment". L'autre avantage de ce fonctionnement est qu'il facilite la surveillance des animaux. "Les vaches traites ou en attente ne sont pas mélangées, ce qui me permet de vite déceler un problème chez l'une d'entre elles et d'éviter certains problèmes lors du triage des animaux". Il ajoute que ce choix est rendu possible par une bonne adéquation entre le nombre de vaches et la disponibilité du robot de traite. "Le nombre de vaches par stale doit être adapté à la circulation des animaux. Au vu de mon expérience j'estime que le ratio de 50 vaches laitières est un bon compromis".

Des réponses techniques

Sur les 12 hectares de ce rendez vous Tech&Bio installé dans la station de Kerguehennec où depuis 1998 sont lancées des expérimentations en agriculture bio, les visiteurs pourront trouver des réponses concrètes à leurs questions en parcourant le circuit organisé autour de deux types de préoccupations :

Un espace d’accompagnement des projets avec un pôle installation, conversion, formation et un village des partenaires dans le domaine des services.

Des pôles techniques

- Fourrages / De l’autonomie protéique à l’autonomie alimentaire. Les leviers pour produire des fourrages en quantité et en qualité. Collection de 19 mélanges céréaliers.

- Fertilité et vie du sol / Des outils de diagnostics. Des solutions d’amélioration du potentiel agronomique.

- Grandes cultures, Mélanges céréaliers / Une plateforme cultures sur les associations céréales-protéagineux. Des résultats d’essais sur les systèmes en grandes cultures (rotation sans prairie,…).

- Légumes / Des solutions pour gérer les adventices. Résultats d’essais sur les couverts végétaux semés sous abri. Démonstration du robot OZ de Naïo Technologies en maraîchage.

- Machinisme et innovations au service du désherbage des cultures / Présentation de matériels et démonstrations tout au long de la journée (écimeuse, roto étrilleuse, herse, weeding machine, bineuse frontale, bineuse arrière équipée d’une caméra numérique, RTK en guidage bineuse arrière, et vol de drone).

- Biodiversité / Des animations autour de 5 ateliers : la biodiversité comme ressource pour l’exploitation, la faune sauvage, les abeilles et autres pollinisateurs, la flore des bords de champs, les auxiliaires.

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