Terra 31 juillet 2014 à 08h00 | Par Arnaud Marlet

Un sursis pour Tilly Sabco ?

De la réunion de crise, provoquée par le préfet de Région vendredi 25 juillet sur l'avenir de Tilly Sabco, peu d'informations ont filtré à la sortie. Un apport de 450 000 poulets par semaine devrait permettre de conserver une activité sur l’abattoir pour le mois de septembre. Mais après ?

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 © Pascal Le Douarin Avec un apport de  450 000 poulets par semaine, l'activité de l'abattoir de Guerlesquin sera maintenue en septembre. © Pascal Le Douarin

"Encore une fois tout le monde met la main à la poche, ce qui permet de faire  un "coup" et de ne pas arrêter complètement la chaîne de production, mais ce n'est pas une solution pérenne", déplore André Quénet, responsable de la section volailles à la FRSEA et membre de la délégation des éleveurs qui a été reçue par le préfet. En fait, ce n'est pas une mais trois réunions qui ont été organisées à la préfecture. Les dirigeants des industries de la filière, Sofiprotéol, LDC, Triskalia, Nutréa et Coop de France ont été les premiers à être reçus, mais tous à leur sortie ne souhaitaient pas communiquer, si ce n'est pour souligner que "c'était une réunion de travail très importante pour l'avenir de la filière". A l'heure actuelle, une chose est sûre, si l'abattage est suspendu au mois d'août, l'entreprise Tilly Sabco devrait reprendre son activité au mois de septembre, grâce à l'apport de 450 000 poulets par semaine, suite à une commande d'un "gros" client au Moyen-Orient. Cet apport doit permettre de donner deux jours et demi de travail par semaine à l'abattoir de Guerlesquin. Pour Gilbert Gleonec, délégué régional de la CGT qui était avec la délégation de salariés pour la deuxième réunion, "c'est une nouvelle réunion pour rien. Nous avons en face de nous un gouvernement qui ne peut rien et des industriels qui refusent la solidarité".

Une réflexion sur l'ensemble de la filière

Chez les salariés, la peur du dépôt de bilan est forte.  Leur PDG, Daniel Sauvaget, devait d'ailleurs les recevoir mercredi de cette semaine. Du côté des éleveurs, André Quénet estime quant à lui que "tout le monde est d'accord pour dire qu'il faut sauver la filière volaille export, mais personne n'a la clé. Les représentants de l’État nous ont annoncé qu'ils souhaitaient une réflexion sur la filière volaille dans son ensemble et que ce travail nécessitait plusieurs mois, mais pour Tilly Sabco, dans plusieurs mois, ce sera trop tard".

Dans un entretien paru quelques jours avant la réunion dans le quotidien Le Télégramme, le président de Sofiprotéol et de la FNSEA, Xavier Beulin, avait d'ores et déjà prévenu que "le groupe Sofiprotéol n'avait pas de projet de reprise" et avait estimé qu' "il faut prendre le taureau par les cornes avec un plan global pour cette filière. Aujourd'hui, 40 % des volailles consommées en France sont importées d'Allemagne, des Pays-Bas ou de Belgique. Donc nos concurrents sont d'abord européens". A ce sujet, suite à une réunion de la FRSEA Ouest qui se tenait lundi soir dernier, "des courriers vont être envoyés aux collectivités pour les sensibiliser à la nécessité de reconquérir le marché intérieur (lire ci-contre)", a annoncé André Quénet qui tire la sonnette d'alarme, "si l'abattoir s'arrête, c'est foutu !" Reste que si cette réunion à la préfecture n'a pas permis de trouver une solution miracle pour sauver Tilly Sabco et plus largement la filière, la promesse d'une activité pour le mois de septembre va sans doute permettre de s'acheter "une paix sociale" jusqu'à la rentrée... et sans doute plus précisemment jusqu'au Space. Une petite bouffée d'oxygène, qui risque d'être bien maigre sans réel engagement collectif des acteurs français.

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