Terra 17 janvier 2019 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Vandalisme à Kerplouz, coups de cutter au maraîchage

Pas un, mais douze maraîchers au total ont subi les coups de cutter saccageant leurs tunnels de production en sud Morbihan. Dont ceux de la station expérimentale de Kerplouz, gérée par la chambre d’agriculture. Ces actes de vandalisme, perpétrés tôt en saison, ne la compromettent pas encore.

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Comme pour onze autres maraîchers, tous les tunnels de la station expérimentale de Kerplouz ont été lacérés à une hauteur qui nécessite de rebâcher l’ensemble. Un gros chantier en prévision, urgent et gourmand en main d’œuvre.
Comme pour onze autres maraîchers, tous les tunnels de la station expérimentale de Kerplouz ont été lacérés à une hauteur qui nécessite de rebâcher l’ensemble. Un gros chantier en prévision, urgent et gourmand en main d’œuvre. - © Terra

Le cas n’est pas isolé. L’affaire débute mi-décembre à Séné, aux portes de Vannes. 4 000 pieds de salades et choux sont arrachés et reposés. D’autres actes de vandalismes suivront encore avant que, le 31 décembre, lors de sa tournée, Maët Le Lan, découvre le premier tunnel. Il est lacéré des deux côtés, "proprement et à une hauteur qui le rend irréparable". Les dix  autres sont dans le même état. "Tous nos tunnels ont été vandalisés, lacérés, comme ceux de onze autres producteurs du sud Morbihan, dont les serres de la ville de Vannes, des petits maraîchers aussi, en bio ou non…", se désole la responsable de la station de Kerplouz, à Auray. Une station maraîchère expérimentale au service des professionnels, victime d’un acte qui jette le trouble dans la profession. 3 000 m² d’abris à reconstruire rapidement pour permettre un bon réchauffement des sols avant le début des mises en culture qui vont battre leur plein d’ici quelques semaines. C’est la première des conséquences.

 

Assuré sans l'être

Car aucun tunnel n’est réparable. Alors, "lundi dernier, nous avons tout débâché vite avec le vent qui s’est levé, par crainte de voir les films s’envoler vers la quatre voies"… Un coup dur avec un préjudice financier évalué à 30 000 euros, "si on avait à faire appel à une prestation extérieure pour refaire les installations". Des professionnels dont la majorité sont assurés au seul titre de la responsabilité civile sur ces équipements, sans sol ni fondation béton. Car "la bâche n’est pas assurée pas les assurances, quoi qu’il arrive. Pour des petits producteurs qui commencent, le préjudice peut être dramatique et leur faire mettre la clé sous la porte", redoute Maët Le Lan.

 

Soutien des producteurs

"Il s’agit maintenant de ne pas prendre du retard, c’est l’avenir des plantations qui se joue maintenant. On sait qu’il faut aller vite mais on redoute de nouveaux faits", ne cache pas la jeune femme, tant que les auteurs ne sont pas sous les verrous. Ce, malgré les dépôts de plainte et l’enquête de gendarmerie, en cours. "Notre rythme de renouvellement à Kerplouz était d’un tunnel par an, en charge normale de travail". Débâcher les dix tunnels restants et les recouvrir..."Il faut être plusieurs, ça ne s’improvise pas", souligne-t-elle, touchée, comme ses collègues de la station "de l’énorme soutien" qui leur est manifesté. "On a des producteurs tous les jours qui nous contactent et se proposent pour donner un coup de main". Un coup de chaud, au cœur celui là, avant de réchauffer les sols dont prioritaire, "celui du tunnel mobile sur lequel nous menons un essai de durabilité du système. On devait semer prochainement les carottes".


Apprendre à prévenir

Rien n’est fichu pour autant sur la saison à venir. Comme les autres producteurs, à la station de Kerplouz, "on va faire ce qu’il faut. Il n’y aura pas de conséquences pour les essais mais il va falloir beaucoup bosser", se prépare la jeune femme.

Des actes qui demeurent graves. "On a souffert de vols de légumes. Là c’est autre chose et c’est très éprouvant pour l’ensemble du personnel. Nous allons apprendre à nous prémunir", prévient Maët Le Lan sur le chantier ouvert avec le référent sécurité de la gendarmerie, basé à Vannes. Un travail de prévention à l’aide de radars, détecteurs, caméras de surveillance… "Des petites choses mais qui suffisent à dissuader. Nous allons travailler ensemble sur ces dispositifs simples". Un film de la gendarmerie sera prochainement mis en ligne sur le site de la chambre d’agriculture sur ce sujet.

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