Terra 15 mars 2018 à 11h00 | Par Arnaud Marlet

Viande bovine : la filière se met en ordre de marche

À l'occasion de sa réunion annuelle qui s'est déroulée le 21 février, la commission viande bovine de la chambre d'agriculture avait invité Olivier Allain, coordinateur des États généraux de l'alimentation (EGA), et Emmanuelle Dupont, directrice d'Interbev Bretagne pour évoquer les EGA, le plan de filière, la montée en gamme et la contractualisation.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
La réunion de la commission viande bovine a été l'occasion de nombreux échanges avec les éleveurs.
La réunion de la commission viande bovine a été l'occasion de nombreux échanges avec les éleveurs. - © Terra

"L'agriculture ne coûte pas cher au consommateur et pour solutionner le problème de revenu, ce n'est pas par les aides mais par les prix que cela passera. Il faut se battre pour un prix payé qui a du sens". C'est devant une salle bien remplie qu'Oliver Allain, vice-président du conseil régional, coordinateur des EGA, mais aussi éleveur de bovins viande, est venu échanger sur les nouvelles perspectives pour l'agriculture française (évolutions des pratiques commerciales, plans de filières...), et sur les répercussions possibles dans les exploitations.

"L’un des principes des EGA est de créer de la valeur et de la ramener dans les exploitations. La réduction des promotions et des gratuits sont aussi dans le projet de loi en cours de discussion, les marges inexistantes des distributeurs sur certains produits vont être revues", annonce Olivier Allain. De façon générale, la filière viande bovine souligne que "les projets présentés dans le plan de filière s'attachent à encourager la consommation de viande bovine française en répondant aux attentes des consommateurs et à rémunérer équitablement tous les maillons de la filière". Sur ce dernier point, la prise en compte des coûts de production apparaît primordiale avec l'objectif de réaliser, d'ici cinq ans, 30 % des transactions par voie contractuelle prenant en compte un indicateur indexé sur les coûts de production. La contractualisation est donc un outil moteur pour l'organisation et la structuration de la filière. "Chacun des maillons s'engage à mettre en œuvre des contrats prenant en compte les coûts de production. L'interprofession également", témoigne Emmanuelle Dupont, directrice d'Interbev Bretagne. Afin d'initier la dynamique de contractualisation, la filière demande la mise en place d'un crédit d'impôt qui s'appliquera en cas de situation de marché défavorable et uniquement pour les opérateurs respectant les engagements de la filière.

Montée en gamme ambitieuse

Autre objectif du plan de filière, une montée en gamme ambitieuse. Alors que le Label Rouge représente aujourd'hui 3 % de l'offre en viande bovine, il devra représenter au moins 40 % de l'offre d'ici cinq ans. "Cette montée en gamme a du mal à être comprise et il ne faudrait pas que le label devienne le conventionnel de demain", s'inquiète un éleveur. Alors qu'un autre estime que "tout ça est très bien, mais il nous faut des solutions d'urgence pour aujourd'hui car dans cinq ans, il sera trop tard". "Oui il y a urgence, reconnaît Olivier Allain, mais les EGA c'est une politique sur le long terme". L'interprofession évoque aussi parmi ses propositions, la possibilité d'intégrer dans le fonctionnement de la filière, de nouveaux paramètres d'évaluation des viandes, en vue d'améliorer l'expérience gustative pour les consommateurs. Même choix sur le bio avec l'objectif de doubler la production en cinq ans.

En filière viande bovine, le segment de la viande hachée est un dossier compliqué à gérer. La demande augmente, ce qui modifie les équilibres de valorisation des animaux. "Il est impératif de créer de la valeur ajoutée sur la viande hachée en vue de revaloriser les carcasses. Grâce aux jeux d'équilibre, cela permettra également de proposer les morceaux nobles au consommateur à des prix maîtrisés", souligne encore Emmanuelle Dupont.

 

 

Restauration hors domicile

Sur ce secteur, la viande française ne représente que 34 % (chiffre 2014). La filière entend donc mettre en place un observatoire de la viande et de son origine en restauration hors domicile et augmenter la présence de la viande française sur ce secteur jusqu'à 80 % dans les dix ans. Sur ce secteur, le marché des collectivités est particulièrement important et pour atteindre cet objectif, il faudra aussi protéger ces marchés des accords internationaux.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes