Terra 31 janvier 2019 à 08h00 | Par Mathieu Robert - Agra

Viande bovine : "Une fois que la décapitalisation démarre, c'est très difficile à enrayer"

Les éleveurs craignent une nouvelle réduction du nombre de vaches allaitantes en 2019, après un recul significatif en 2018. Le cheptel français pourrait chuter à 3,6 millions de têtes d'ici juin après avoir longtemps oscillé entre 3,9 et 4,1 millions, redoute la FNB.

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La FNB rapporte que le nombre de vaches allaitantes a baissé significativement entre 2017 et 2018 (d'environ 7 %) et pourrait diminuer de nouveau de 2 à 3 % en 2019, selon les prévisions de l'Institut de l'élevage.
La FNB rapporte que le nombre de vaches allaitantes a baissé significativement entre 2017 et 2018 (d'environ 7 %) et pourrait diminuer de nouveau de 2 à 3 % en 2019, selon les prévisions de l'Institut de l'élevage. - © François d'Alteroche

Le président de la Fédération nationale bovine (FNB), Bruno Dufayet, s'est inquiété de la forte décapitalisation en cours du cheptel de bovins viande, lors d'une conférence de presse le 23 janvier, en amont de leur congrès à Mende (Lozère) du 3 au 6 février. La FNB rapporte que le nombre de vaches allaitantes a baissé significativement entre 2017 et 2018 (d'environ 7 %) et pourrait diminuer de nouveau de 2 à 3 % en 2019, selon les prévisions de l'Institut de l'élevage. "Jusqu'ici le cheptel de bovins viande avait toujours été relativement stable ; ce qui est inquiétant, ce sont ces très fortes variations", alerte Bruno Dufayet. Depuis les années 90, le cheptel oscille en effet entre 3,9 et 4,1 M de têtes. Il pourrait chuter à 3,6 M de têtes en juin 2019 selon la FNB. "On a longtemps parlé de la résilience de nos élevages, mais je pense qu'il y a des signaux qui nous montrent qu'on atteint le bout d'un système", analyse Bruno Dufayet.

 

"Nous aimerions aborder un congrès avec des nouvelles positives"

Le syndicat craint de subir le scénario qu'a connu la filière ovine, dont le cheptel brebis allaitantes est passé de 6 millions de têtes en 1997 à 3,6 millions en 2017, remplacé en grande partie par de la viande importée. "Une fois que la décapitalisation démarre, c'est très difficile à enrayer", redoute l'éleveur. Les raisons de cette chute restent le faible revenu des éleveurs, estime la FNB. "Nous aimerions aborder un congrès avec des nouvelles positives, mais ce n'est pas encore le cas", regrette Bruno Dufayet. Les revenus des éleveurs de bovins viande sont de nouveau orientés à la baisse en 2018, devenus inférieurs à 1 000 euros par mois, annonce le syndicat.

 

La démarche éleveur et engagé plafonne

Pour relancer la machine, la FNB a trois chantiers face à elle. D'abord relancer la démarche Eleveur et engagé (produits de cœur de gamme, prix indexés sur les coûts de production), créée en 2016, qui "plafonne" à 25 000 animaux par an. Ensuite, parvenir à un accord sur les coûts de production dans le cadre de l'interprofession - les négociations sont actuellement bloquées, et ont été portées jusqu'ici sans succès devant le médiateur des relations commerciales. "La FCD bloque sur l'intégration de l'éleveur dans le coût de production, qui doit selon elle revenir au marché. Et Culture viande est plutôt réticent aux usages qui pourraient être faits de cet indicateur", témoigne Bruno Dufayet. L'aboutissement des négociations sur le coût de production pourrait permettre de lancer le chantier du Label Rouge, pour lequel d'importants objectifs de développement ont été fixés dans le plan de filière. Dernier chantier annoncé : l'export. La FNB souhaite qu'une structure soit créée, qui réunisse "les acteurs motivés", autrement dit qui n'intègre pas l'entreprise Bigard, sous-entend la FNB.

 

 

Bruno Dufayet, président de la FNB.
Bruno Dufayet, président de la FNB. - © Sophie Chatenet

Viande bovine : la FNB veut faire reconnaître le modèle français à la FAO

La FNB a récemment rencontré des représentants de la FAO pour faire valoir les vertus et la spécificité du modèle d'élevage bovin français, a rapporté le président du syndicat d'éleveurs, Bruno Dufayet : "Nous essayons de faire reconnaître notre modèle alternatif auprès de la FAO". Le syndicat regrette que l'organisme onusien ne fasse pas, selon eux, de distinction entre un élevage de 50 vaches et un feedlot de 200 000 animaux.

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