Terra 27 mai 2017 à 10h00 | Par Claire Le Clève

70 ans, les Cuma toujours dans le coût !

Réunis pour l’occasion, les anciens responsables de la FDCuma ont échangé sur la situation actuelle de l'agriculture,souvent difficile, évoquant l’évolution des Cuma. Depuis l’outil attelé de proximité mis à disposition jusqu’au service complet, machine avec chauffeur, l’offre s’élargit pour toujours et encore raisonner les coûts de mécanisation.

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Pour témoigner, sur ce cliché, Michel le roch, Jean le Moigno, Hubert Morice et Pierre Daniel
Pour témoigner, sur ce cliché, Michel le roch, Jean le Moigno, Hubert Morice et Pierre Daniel - © CLC

 

 

Ils le constatent tous (voir encadré). Aux agrandissements des exploitations "parfois impressionnants, c'est fou, en parallèle l'accroissement de la charge de travail est tout aussi conséquent ", relèvent Hubert Morice et Jean le Moigno. Des évolutions parfois aussi rapides que brutales. Pas de mystère pour ces anciens responsables : "les références travail sont complètement bouleversées", insiste Michel Le Roch , agriculteur à Locqueltas, "le temps de présence auprès des animaux est toujours nécessaire". Difficile équation à satisfaire entre temps de travail sur les exploitations, nécessité de temps administratif à consacrer à la gestion tout en ne délaissant pas le temps de suivi de l'élevage.

Matériel, la beauté du diable

Pierre Daniel reste "effaré des investissements individuels sur certaines exploitations. Manifestement, les raisonnements sur la mécanisation n'évoluent pas beaucoup, je m'interroge sur l'approche économique ?"

Unanimement, ils reconnaissent que l'attrait exercé par le matériel agricole est toujours très fort ! "L'exploitant est-il toujours bien sensibilisé aux risques financiers pesant sur la trésorerie ?", interrogent-ils. Ainsi, dans un tel contexte, partagent-ils l'idée que "la réponse Cuma doit évoluer et ne peut plus être la même pour toutes les exploitations qui sont très diverses voire très spécialisés". Aussi, faut-il "penser les évolutions, anticiper les changements de fonctionnement, de techniques et de services apportés à ses adhérents", s’accordent-ils.

Des offres différenciées

L'orientation "offre de services complets" doit être intégrée. La perspective d'un maillage Cuma est même avancé comme structurant "en fonction des attentes et besoins des exploitations par de petites Cuma "de proximité" pour des outils attelés mis à disposition et de plus grosses Cuma "territoriales" pour les gros outils automoteurs et des salariés". La place et le rôle des salariés sont importants dans la réussite et la bonne marche de la Cuma. "Nous avons là constitué de véritables postes qualifiés aux missions et aux responsabilités diverses offrant de réelles perspectives de carrière", apprécient-ils. "L'arrivée des nouvelles technologies fait encore évoluer fortement les manières de faire et les conditions de travail".

Cuma et ses fondamentaux

Expérimentés, ces cumistes rappellent que "la Cuma est attendue sur sa capacité à satisfaire les besoins de mécanisation des exploitations, à innover et ce pour des coûts maîtrisés", insistera Didier Le Borgne. Elle doit également être présente sur l'enjeu majeur "de l’accès à la main d’œuvre pour les exploitations". Pour eux, le fonctionnement de la Cuma "est indissociable de la notion d'engagement. Celui-ci sécurise les décisions d'investissement et la garantie de prix compétitifs au collectif".

Un lien social

Loin de n’être que de la prestation matériel, les Cuma sont le lieu de relations régulières entre les agriculteurs. Elles permettent de tisser des liens : "être ensemble pour faire ensemble". Et Pierre Daniel de pointer "c'est quand on ne voit plus la personne que c'est inquiétant". Face à l’évolution des productions Hubert Morice évoque l'idée de "proposer des visites des exploitations des adhérents eux mêmes dans une même Cuma. Ce serait bien utile car toutes les productions ont beaucoup évolué". Idem vis à vis du grand public estime Jean le Moigno, "le modèle Cuma est pourtant très actuel, c'est un réseau social important d'exploitations agricoles à la visée économique".

 

Claire le Clève  Dominique Guého, directeur FDCuma 56

 

 

Accroche : Dans les Cuma, la diversité des exploitations est bénéfique

Encadré

Des hommes

Hubert Morice – Cuma des Tours à Elven – président de la FDCuma de juin 1986 à juin 1995

Pierre Daniel – Cuma 5 Clochers Roc St André et Cuma Oust La Chapelle Caro, président de juin 1995 à juin 2003.

Michel Le Roch – Cuma la Vallée à Locqueltas – président de juin 2003 à juin 2013

Didier Le Borgne – Cuma des Sillons à Guer – président de juin 2013 à décembre 2014

Jean Le Moigno : comptable 1971 à 1980 puis animateur 1980 à 1994 et directeur 1995 à déc 2009

 

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