Terra 15 octobre 2016 à 09h00 | Par Claire Le Clève

Éleveurs laitiers face à leurs coopératives : "réagissez et vite"

Ils veulent un signal fort, une revalorisation du prix de leur lait rapide. Ils ? Ce sont les sociétaires d' Eurial et Sodiaal, adhérents de la FDSEA. Jeudi soir, à Questembert, ils ont demandé des comptes à leur coopérative. Leurs administrateurs qui ont répondu présents, auront-ils convaincu la centaine d'éleveurs laitiers de l'est du département ? L'exercice s'est avéré difficile.

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Des attentes fortes exprimées par les éleveurs réunis jeudi soir à Questembert
Des attentes fortes exprimées par les éleveurs réunis jeudi soir à Questembert - © Claire Le Clève

"Nos coopératives traînent la patte pour revaloriser le prix du lait. On a besoin d'un signal fort". Entourée des responsables locaux de la FDSEA du sud est du Morbihan, Michel Quatrevaux et Gwénael Leluel, Marie Andrée Luherne, présidente de la section lait FRSEA Ouest dresse l'état des lieux de la conjoncture laitière. Et ce n'est guère brillant. Rien d'étonnant pour les éleveurs aux abois, massés le jeudi 6 octobre dans la salle Alan Meur."Le prix continue à ne pas couvrir les charges", dénonce-t-on. La situation perdure avec des trésoreries exsangues, à telle enseigne que les projections de l'Institut de l'élevage pour 2016, intégrant Plan de soutien et dégrèvement d'impôts fonciers, estiment que le revenu moyen des éleveurs laitiers en 2016 sera de 2 500 euros par unité de main d’œuvre. "41% des exploitations laitières de plaine auraient un revenu négatif", pointe la note de conjoncture établie début septembre. Et si la collecte française marque le pas cette année, devrait s'ajouter à la baisse l'effet de l'aide à la réduction laitière. 2 358 éleveurs bretons l'auraient demandée, dont 470 en Morbihan (près de 20 % des éleveurs morbihannais) pour 2,3 % du volume départemental. "La collecte est en recul. Attention, les entreprises ne sont pas loin de manquer de lait, elles devraient le payer".

 

 

Pascal Nizan administrateur Sodiaal, président de la région Bretagne Est et Dominique Chevalier, président du bassin Morbihan-Loire Atlantique d'Eurial-Agrial
Pascal Nizan administrateur Sodiaal, président de la région Bretagne Est et Dominique Chevalier, président du bassin Morbihan-Loire Atlantique d'Eurial-Agrial - © Claire Le Clève

"Montrez l'exemple !"

"Vous êtes la première coopérative de France, vous devez montrer l'exemple", enchaîne la responsable lait soulignant le partenariat entre le 3éme opérateur chinois de lait infantile, Synutra, et la coopérative Sodiaal, principale partenaire de l'usine de poudre infantile entrée en production à Carhaix. "Un prix A en moyenne annuelle à 280 euros/1000 l, on tiendra nos engagements pour 2016. On a fait le choix en début d'année de tirer les prix vers le haut (300 euros/1000l ndlr)". Difficile d'aller plus haut justifie l'administrateur : "on a des engagements bancaires à respecter", selon Pascal Nizan, administrateur Sodiaal, président de la région Bretagne Est. "Nous aussi", rétorque-t-on, amer, depuis la salle qui évoque la remontée des cours sur le beurre et la poudre de lait :"cela devrait justifier un prix du lait à la hausse ". "Les marchés de la mozzarella bloc se font à 6 mois avec des contrats passés jusqu'au 31 décembre", oppose Dominique Chevalier, président du bassin Morbihan-Loire Atlantique d'Eurial-Agrial qui confirme un prix de 280,3 euros en octobre et novembre et 295 en décembre. "Et on a bon espoir de payer les 1000 litres 300 euros au premier semestre". Et si de son coté, l'administrateur de Sodiaal a fait valoir la mise en place par sa coopérative d'un plan d'aide à la trésorerie avec prise en charge des intérêts d'emprunt de la première année, "soit 3 à 400 euros pour 20 000 euros empruntés", de son coté le représentant Eurial annonçait un nouveau crédit campagne sans intérêt, soit une aide de 400 euros/ha pour la mise en place des cultures d'automne. Des annonces bien loin de satisfaire l'attente de prix plutôt que d'aides exprimée par des éleveurs sur la réserve. "Faudra t-il installer le rond point de la honte ici, à Malestroit ou Herbignac" interrogeait Marie Andrée Luherne à l'issue de la réunion, "réagissez avant que ça parte" , invitant instamment à faire remonter les attentes d'un terrain qui boue et pourrait bien passer à l'action.

 

Claire Le Clève

 

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