Terra 02 février 2017 à 08h00 | Par Chantal Pape

Kerlipousse, un espace pour tester grandeur nature avant de s'installer

A Hanvec (29), un espace permet à deux futurs maraîchers de tester leur motivation, leur calendrier de production et leur mode de commercialisation grandeur nature avant de s'installer. Une première qui devrait bientôt faire des émules : le PNRA, le Parc naturel régional d'Armorique réfléchit à un espace similaire en productions animales.

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Pendant un à trois ans, Tom Derrien et Adeline Taupin vont profiter de l'espace test Kerlipousse au CFPPA de Kerliver, à Hanvec (29), pour s'essayer à la production maraîchère et trouver un débouché pour leurs légumes, avant de se lancer à leur compte.
Pendant un à trois ans, Tom Derrien et Adeline Taupin vont profiter de l'espace test Kerlipousse au CFPPA de Kerliver, à Hanvec (29), pour s'essayer à la production maraîchère et trouver un débouché pour leurs légumes, avant de se lancer à leur compte. - © Chantal Pape

Un bac pro horticole pour l'un, un BTS horticole suivi d'une licence pro pour l'autre, Tom Derrien et Adeline Taupin ont tous les deux l'envie de s'installer en production maraîchère. Mais ayant à peine dépassé les 20 ans, ils ont profité à l'automne dernier de l'opportunité que leur offrait Kerlipousse pour défricher calendrier de cultures et modes de commercialisation avant de se lancer dans le grand bain.

 

Terres et matériel à disposition

 

"Kerlipousse, c'est un espace test", résume Isabelle Favé. Enseignante au CFPPA de Kerliver, à Hanvec (29), c'est à elle qu'il est revenu de mettre ce projet sur pied. "Nous mettons à disposition terres et matériel pour une durée de un à trois ans". L'occasion pour des candidats à l'installation non issus du milieu agricole de tester leur motivation grandeur nature mais aussi de mieux jauger la charge de travail que requiert leur projet.

A Kerliver, l'espace test peut accueillir deux candidats, chacun disposant d'une parcelle de 7 000 m², dont 750 m² d'abri. "Et nous les accompagnons, en leur offrant un suivi technique", rajoute Stéphane Corre, le chef d'exploitation du lycée de l'Aulne, à Châteaulin, et de Kerliver. Un suivi précieux, qui leur permet de continuer à se former et sécurisera leur installation future.

"Mais finalement, la technique s'apprend vite. Gérer et commercialiser, c'est une autre affaire...". Là encore, les porteurs de projet peuvent compter sur l'appui de la CAE pour le volet gestion d'entreprise, de Kerliver et du Gab, le groupement des agriculteurs bio du Finistère, pour prospecter de nouveaux marchés.

 

60 espèces de légumes

 

"Pour le moment, nous produisons des blettes, des épinards, de la mâche, du céleri rave...". Arrivés en septembre dernier, Tom et Adeline ne cultivent pour le moment qu'une dizaine d'espèces de légumes mais veulent arriver à une soixantaine l'an prochain. "Et nous avons eu peur de ne pas trouver de débouchés, ce qui a freiné un peu nos mises en culture, alors que c'est l'inverse : on n'arrive pas à répondre à la demande". Pour le moment, leurs légumes sont vendus en paniers aux élèves et au personnel du CFPPA, dans une petite épicerie au Faou, dans un magasin de producteurs à Logonna Daoulas. "Et nous avons pris contact avec le placier pour être présents au marché de Landerneau".

Tout en se faisant la main, les deux jeunes porteurs de projet commencent déjà à envisager l'après Kerlipousse. "Nous avions pour projet une installation sur la ferme de mon oncle, dans l'Orne, détaille Adeline. Mais le Finistère nous plaît bien. Et nous avons pris contact avec la municipalité de Moëlan sur Mer, qui envisage de remettre en culture 130 ha de friches littorales".

 

Accompagner l'installation

 

Pour le moment, les porteurs de projet ont signé un contrat Cape, contrat d'appui au projet d'entreprise, avec la CAE, la coopérative d'activité et d'emploi Chrysalide, contrat qui leur offre une couverture sociale et leur permet de bénéficier des indemnités chômage en attendant que leur activité dégage ses premiers bénéfices.

"De tels espaces test existent déjà un peu partout en France pour accompagner l'installation et la reprise d'exploitations, détaille Isabelle Favé. Mais c'est une première dans le Finistère". Une première qui devrait rapidement faire des émules... "Le PNRA, le parc naturel régonal d'Armorique vient de rénover son exploitation agricole et réfléchit à proposer un espace test, cette fois pour des productions animales".

De son côté, Kerlipousse, à peine lancé, songe déjà à l'étape suivante. "Nous voudrions transformer cet espace test en une Ciap, une coopérative d'installation en agriculture paysanne, détaille Isabelle Favé. Des contacts ont déjà été pris avec le Pays de Brest et nous pourrions solliciter le programme européen Leader".

 

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