Terra 08 février 2018 à 01h00 | Par Jean Dubé

Recyclage des ficelles et filets : faire plus et mieux !

Parmi les régions les plus utilisatrices de ficelles et filets agricoles, la Bretagne et la Normandie sont aussi les moins bonnes élèves du tri avec seulement 20 % de ces produits recyclés. Alors que la collecte régionale de recylcage des plastiques agricoles débute, il est encore temps de rattraper ce retard. Petits rappels et témoignage sur "un pli à prendre". Claire Le Clève

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Pour Carine Chassé, éleveuse en lait bio, "trier, ce n’est pas un effort parce que c’est organisé. Si c’est fait au fur et à mesure, ça va tout seul".
Pour Carine Chassé, éleveuse en lait bio, "trier, ce n’est pas un effort parce que c’est organisé. Si c’est fait au fur et à mesure, ça va tout seul". - © Terra

Le gisement français du recyclage de ficelles et filets à usage agricole s’élève respectivement à 20 000 et 6 000 tonnes, mais seulement 30 % de ce volume serait effectivement recyclé au niveau national selon Adivalor, l'organisme chargé du recyclage des déchets agricoles. Bretagne et Normandie font encore moins bien avec 20 % de collecte. "À contrario l’Est ou le Centre-Est dépassent les 60 %". Le paradoxe que soulève Adivalor, loin de stigmatiser, vise à sensibiliser à une collecte dont le développement est freiné par de multiples facteurs. Au rang desquels "le manque d’information sur les lieux de collectes, des collectes trop peu fréquentes", pointe-t-on du côté de cette société paritaire. Elle rassemble les acteurs de la profession agricole pour collecter, valoriser et trouver des débouchés à ces plastiques usagés. Campagne d’information et affiches distribuées devraient participer à l’inversion de la tendance. L’engagement des distributeurs à effectuer deux collectes annuelles avec campagne d’annonces, aussi. La sensibilisation des éleveurs également. Car l’herbe fourrage retrouve des lettres de noblesse et sa conservation se développe.

Recycler, un geste simple

Ainsi, les bonnes pratiques de recyclage doivent-elles être pensées "dès l’ouverture des balles", dit comme une évidence, Carine Chassé chez qui les vaches pâturent. Elle mène, avec son compagnon, un troupeau de 90 laitières en production de lait bio à Piré-sur-Seiche, en Ille-et-Vilaine. Alors trier, "c’est comme le rangement à la maison", s’amuse-t-elle à illustrer. "Si c’est fait au fur et à mesure, ça va tout seul". Installé depuis 23 ans, le couple s’est astreint à trier les plastiques, dès que les collectes ont été mises en place. Et pour faciliter les choses, place à l’unité de lieu et d’action. "C’est simple. Tout se passe là où on fait le boulot à la mélangeuse, proche du silo et là où les fourrages sont remisés", explique-t-elle, en toute logique, "y compris le remisage en poches des sacs à filets ou ficelles. Il suffit de prendre le pli. Quand on a besoin d’une balle pour constituer la ration, on coupe de part et d’autre le film plastique qui glisse et on tourne autour en réalisant un bouchon avec le filet. Les deux restent au sol et on les ramasse dans la foulée, débarrassés au maximum de résidus. On les glisse dans des grandes poches de 500 litres ou sacs pour les ficelles", détaille l’éleveuse. Un travail fait au quotidien, au fur et à mesure, quand le besoin est là occupant une surface d’à peine 4 m2. Et "deux fois par an, on dépose à la coop Agrial nos sept à huit sacs pleins et on reprend des vides".

Une question d'habitude

Le volume de déchets dépend de la part d’enrubannage réalisée. Celui-ci varie"si les conditions météo sont favorables, ou non, à la pousse de l’herbe. On s’adapte, priorité au pâturage mais si besoin on débraye un paddock pour l’enrubanner", voire plus, "et dans ce cas, c’est ensilé en gros tas. Cela nécessite des plastiques car tout est conservé sous bâches". Bâches remisées, réutilisées si possible ou recyclées. "On y fait attention, il faut prendre le pli. Quand on est agriculteur et que l'on travaille la terre, la moindre des choses, c’est d’être vertueux dans tous nos cycles de production", estime la jeune femme. "Trier, ce n’est pas un effort parce que c’est organisé". Il y a aussi l’aspect visuel. "Chaque chose a une place dédiée, c’est stocké. S’il y avait des plastiques éparpillés, ce serait le bazar !", détaille Carine Chassé qui poursuit, "quand on achète des plastiques, on paye une écotaxe. C’est trop bête de ne pas profiter de cette filière et quand c’est recyclé, cela trouve une autre utilisation", rappelle-t-elle estimant "qu’il est grand temps qu’on prenne conscience que la planète va vite s’épuiser".

Dates et lieux de collectes : à retrouver  dans l’agenda de chaque département.

 

 

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Deuxième vie

Composées de polypropylène, les ficelles usagées peuvent recyclées à 100 % à condition d’être correctement préparées, triées. Elles servent notamment à fabriquer des raccords en plastique pour le bâtiment ou de nouvelles ficelles éco-conçues. Les plastiques recyclés sont broyés, nettoyés et mélangés à d’autres éléments et fondus avant d’être séchés, et densifiés. Fondu à à haute température, le polypropylène est extrudé dans une vis sans fin sous la forme de granules fines prêtes à être mêlées à des granulés de plastique vierge ou employé telles quelles. Le déchet est devenu une matière première secondaire, permettant de réduire les importations de matières premières issues du pétrole, de contribuer aux économies d’énergies, de réduire les émissions de gaz à effets de serre...

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