Terra 09 juin 2016 à 08h00 | Par Paul Jégat

Groupama Loire Bretagne lance ses certificats mutualistes

Groupama Loire Bretagne a lancé la semaine passée ses premiers certificats mutualistes, une première dans le monde de l'assurance qui permet à l'entreprise de consolider son assise et à ses sociétaires d'être intéressés aux bons résultats de leur mutuelle.

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Pascal Ouvrard, directeur financier, Michel L'Hostis, président et Bernard Veber, directeur général.
Pascal Ouvrard, directeur financier, Michel L'Hostis, président et Bernard Veber, directeur général. - © Terra

Un démarrage "en trombe", trois jours après le lancement de cette opération le lundi 30 mai, les montants récoltés atteignaient déjà plus de 5,5 millions d'euros pour une souscription moyenne de 5 500 euros. Réunis en conférence de presse pour officialiser l'initiative, les responsables de Groupama Loire Bretagne, Michel L'Hostis, son président, Bernard Veber, son directeur général et Pascal Ouvrard, son directeur financier, ne pouvaient que se réjouir de cet élan. Cette émission de certificats mutualistes, possible depuis la mise en application de la loi sur l'économie sociale et
solidaire, n'avait jusque là été engagée que par Groupama Rhône-Alpes. Son succès n'a fait que conforter la caisse Loire Bretagne dans son intention, à laquelle elle travaillait depuis de nombreux mois. La décision finale a quant à elle été adoptée en assemblée générale les jours derniers. L'opération vise un objectif de 94,6 millions d'euros de certificats à l'horizon 2018, avant un renouvellement au delà de cette échéance. Ce montant a été fixé par l'autorité des marchés financiers. La rémunération de ces certificats sera quant à elle fixée en assemblée générale au regard des performances de l'entreprise... Mais elle est d'ores et déjà estimée à plus de 3 % au regard du résultat 2015 (lire encadré "Résultat en hausse").

Un intérêt réciproque

Le premier intérêt à l'émission de ces certificats mutualistes sera de renforcer la solvabilité de Groupama Loire Bretagne, même si celle-ci dépasse déjà trois fois la norme requise par la réglementation. Cet appel de fonds permettra aussi d'améliorer la capacité d'investissement de l'entreprise. Au-delà de ces critères financiers, Groupame Loire Bretagne voit dans cette émission de certificats un bon moyen de "créér une forme d'appartenance à une communauté" au travers d'un acte "quasi militant pour nos sociétaires" explique Bernard Veber, le nouveau directeur général de Groupama Loire Bretagne. Une manière aussi de renforcer le lien de fidélité entre la caisse et les sociétaires dans un contexte très chahuté, où la volatilité de la clientèle fait rage, accentuée par la possibilité ouverte par la loi Hamon de résilier plus aisément ses contrats. Pour les souscripteurs - obligatoirement sociétaires-, le placement dans ces certificats (d'une valeur fixe de 10 euros) apparaît être une bonne affaire. Déconnectés de la bourse, les certificats voient leur niveau de rémunération fixés en assemblée générale au regard des trois dernières années de résultat, leur variabilité est donc limitée. Leur rémunération est aussi nette de frais. Et surtout, même plafonnés par le réglementation, les niveaux de rémunérations affichés pour les premiers certificats émis (par Groupame Rhônes-Alpes) dépassent les 3 % dans un contexte économique pourtant fragile. C'est mieux, beaucoup mieux que le livret A et autres produits d'épargne courants. Contrepartie, ces certificats ne peuvent pas être remis sur le marché mais seulement rachetés par Groupama Loire Bretagne, à échéance fixe. Chaque souscripteur peut s'engager jusqu'à 55 000 euros, avec un ticket d'entrée à 500 euros. Une proposition très convaincante si l'on s'en tient aux retours déjà enregistrés.

 

Résultat en hausse

44,3 millions d'euros, soit 2,5 millions d'euros de mieux (+ 6 %) qu'en 2015, le résultat 2015 de Groupama Loire Bretagne, malgré un chiffre d'affaires stable à 918,1 millions d'euros est d'abord le signe d'une bonne gestion de l'entreprise et d'une moindre "sinistralité" en 2015. Pas d'événement climatique, moins d'accidents importants même si le nombre total de dossiers sinistre est toujours en hausse, 2015 aura donc été pour Groupama Loire Bretagne une année favorable. Avec la même sinistralité qu'en 2013, l'assureur aurait affiché un résultat moindre de 6 millions d'euros constate Pascal Ouvrard, son directeur financier.

Mais surtout, le bon résultat 2015 reflète une très bonne résistance de Groupama aux effets de concurrence sur le marché de l'assurance. L'un est lié à la loi Hamon qui permet aux clients de résilier plus facilement leurs contrats, disposition qui a bénéficié à Groupama puisque le nombre de résiliations a été moindre qu'en 2014. L'autre effet est lié à l'obligation faite aux entreprises de proposer une garantie santé collective à leurs salariés. Cette dernière disposition qui a redistribué les cartes du marché des mutuelles complémentaires santé aurait pu défavoriser Groupama, là non plus ce n'a pas été le cas.

 

Solidarité

"Défendre l'agriculture, c'est maintenir un tissu économique fort sur nos territoires", affirme Michel L'Hostis, président de Groupama Loire Bretagne. C'est la raison pour laquelle l'entreprise, 1er assureur du monde agricole avec lequel il réalise avec lui un quart de son chiffre d'affaires a décidé d'appliquer des accompagnements spécifiques aux agriculteurs confrontés à des situations difficiles. Etalements et report d'échéances sont décidés au cas par cas.

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