Terra 04 août 2015 à 08h00 | Par Chantal Pape

Electricité : renégociez vos contrats avant la fin de l'année

Les tarifs jaune et vert d'EDF prennent fin au 31 décembre prochain. Il ne reste plus que quelques mois pour négocier un nouveau contrat ! Le point avec Jean-Yves Carré, conseiller énergie à la chambre d'agriculture.

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Jean-Yves Carré, conseiller énergie à la chambre d'agriculture
Jean-Yves Carré, conseiller énergie à la chambre d'agriculture - © Chantal Pape

 

Certaines exploitations agricoles ont déjà fait le choix de s'approvisionner en électricité au tarif de marché. Mais la grande majorité d'entre elles ont encore des contrats souscrits auprès d'EDF au tarif régulé. Une situation qui va changer au 1er janvier prochain. "Mais tous les contrats ne sont pas concernés", a expliqué Jean-Yves Carré, lors de deux réunions d'information organisées par la FDSEA et la chambre d'agriculture, à Landivisiau et Quimper.

 

Bleu, jaune ou vert ?

 

Pour les contrats "bleu", avec une puissance inférieure à 36 kVa, rien ne change. Par contre, la loi impose aux agriculteurs ayant souscrit les contrats "jaune", de 36 à 250 kVa, ou "vert", au-delà de 250 kVa, de passer au tarif de marché au plus tard au 31 décembre 2015. "Si vous ne faites rien, EDF continuera à vous alimenter pendant 6 mois, avant de couper l'électricité au 1er juillet 2016", prévient le conseiller énergie de la chambre d'agriculture.

Des contrats de groupe sont en cours de négociation, via l'UGPVB ou la Sica de Saint Pol. Les autres agriculteurs devront trouver eux-mêmes un nouveau contrat. "Avant d'entamer les négociations, il faut d'abord bien comprendre facture et feuillet de gestion", conseille Jean-Yves Carré. Premier enseignement : la fourniture d'électricité, le seul volet sur lequel portera la négociation, représente moins de 50% de la facture totale, qui comprend aussi l'abonnement, qui sert à payer le transport, et les taxes.

 

Une puissance adaptée

 

"Avant de demander un devis, il faut vérifier que la puissance souscrite correspond bien aux besoins de l'exploitation". Car si, en tarif bleu, un appel de puissance supplémentaire fait disjoncter le compteur, en tarifs jaune ou vert, c'est une pénalité qui est facturée. "Ce peut être l'occasion de réfléchir à sa consommation d'énergie, d'installer des appareils économes, des boîtiers de compensation...".

Se posera aussi, pour bon nombre d'exploitations, l'intérêt de rester, ou non, en tarifs EJP, effacement des jours de pointe. "C'est une spécificité bretonne, souligne Jean-Yves Carré. Sur les 35 millions de compteurs que compte la France, il n'y a que 6 000 contrats "jaune" EJP, dont 3 000 entre le Finistère et les Côtes d'Armor". Un contrat devenu bien moins intéressant au fil du temps. "Le kWh consommé sur les jours EJP était facturé 0,40 € au début des années 80, contre moins de 0,15 € ces dernières années, quand le tarif moyen se situe à 0,08 €". Mais, pour le conseiller chambre, ces contrats ont une autre utilité. "Ils permettent d'entretenir et d'utiliser régulièrement le groupe électrogène, qui partira au quart de tour en cas de besoin. Ce qui ne sera pas forcément le cas s'il n'est sollicité qu'en cas de pépin".

 

Un contrat à éplucher

 

Une fois la facture bien comprise, reste à négocier un nouveau contrat. "Vous trouverez sur Internet la liste des fournisseurs de votre commune, indique Jean-Yves Carré. Vous pouvez les joindre par téléphone ou déposer un formulaire sur Internet". En n'oubliant pas que le tarif n'est pas le seul critère à prendre en compte ! "Vérifiez aussi les conditions d'adhésion, de résiliation, de facturation, les garanties demandées... A l'automne, la chambre d'agriculture proposera des formations sur le sujet.

 

Retrouvez l'ensemble des fournisseurs d'électricité de votre commune sur www.energie-info.fr/pro

Le marché de l'électricité

 

En France, le marché de l'électricité regroupe trois types d'opérateurs. Du côté des producteurs, EDF, avec ses centrales nucléaires et ses barrages hydro-électriques, est à l'origine de la très grande majorité de l'électricité française. Mais on trouve aussi quelques petites entreprises locales, détenant notamment des barrages en montagne.

Le transport, lui, est exclusivement assuré par RTE, pour la très haute tension, et ERDF, pour les lignes de 20 000 volts et moins. Et les compteurs appartiennent tous à ERDF, qui se charge de leur relevé.

La commercialisation de l'électricité est principalement assurée, aujourd'hui encore, par EDF. Mais plus d'une trentaine d'opérateurs, français ou étrangers, sont déjà présents sur le marché national. Et certains commencent à peser significativement, comme Direct énergie et son million de clients.

 

 

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