Terra 23 juin 2016 à 08h00 | Par Audrey Dibet

La segmentation pour mieux valoriser les porcs

Pour Porc Armor Évolution, la segmentation de la production est "un axe majeur, nécessaire", pour répondre à la demande du marché et mieux valoriser le travail des éleveurs. Le troisième groupement français en nombre de porcs commercialisés est aussi attaché à ce qu'elle soit toujours liée au prix de base.

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L'assemblée générale avait lieu le 17 juin. Ici de gauche à droite, Philippe Le Cornuet, vice-président de Porc Armor Évolution, André Bloc'h, directeur, Gilbert Le Menn, directeur commercial, Michel Bellaird, président, Jérôme Orvain et Pascal Soulabaille, vice-présidents.
L'assemblée générale avait lieu le 17 juin. Ici de gauche à droite, Philippe Le Cornuet, vice-président de Porc Armor Évolution, André Bloc'h, directeur, Gilbert Le Menn, directeur commercial, Michel Bellaird, président, Jérôme Orvain et Pascal Soulabaille, vice-présidents. - © Terra

"Dans notre groupement, il existe une volonté constante de produire avec nos partenaires aval. On ne peut produire que ce que le marché demande. C'est pour cela qu'on travaille la segmentation de la production, notre premier métier est la commercialisation", expliquait Michel Bellaird, lors d'une conférence de presse à Loudéac (22) vendredi dernier, en amont de l'assemblée générale de Porc Armor Évolution. Et le président du groupement de citer plusieurs exemples : la récente collaboration avec Fleury Michon sur la filière J'aime (2 000 porcs semaine pour 27 éleveurs engagés), le segment Bleu Blanc Cœur qui "prend également de l'ampleur", ou une "particularité" du groupement sur la saucisse de Morteau dans laquelle quelques éleveurs sont engagés depuis près de trois ans. Il y a enfin le porc bio, de plus en plus demandé sur le marché, et que le groupement souhaiterait par conséquent développer. "On aurait 3 000 porcs bio aujourd'hui, on pourrait les commercialiser, car la demande est très forte de nos abattoirs. Mais un temps d'adaptation est nécessaire pour pouvoir répondre à cette nouvelle demande. Les éleveurs ne sont pas prêts", précise André Bloc'h, le directeur du groupement qui tient par ailleurs à relativiser la place de ces segments. "Ces exemples restent des marchés de niche. Les éleveurs sont libres d'arbitrage. Le standard existe aussi chez nous, il représente la moitié des porcs".

La segmentation est néanmoins un "élément différenciateur" qui permet de mieux valoriser le porc et qui selon la coopérative, attire des éleveurs notamment dans un contexte général de prix bas. "L'augmentation de 1,87 % de la production en 2015 est essentiellement liée à des éleveurs qui nous ont rejoint, observe André Bloc'h. Si les porcs correspondent à un marché, ils ont un sens, et il est plus facile de les commercialiser".

"Cette segmentation est toujours valorisée par rapport au prix de base. On est attaché à ce qu'il soit le meilleur possible", poursuit Michel Bellaird. 13 % des volumes sont ainsi commercialisés au Marché du porc breton. Un outil collectif que le groupement encourage depuis 2010 par une cotisation de 10 ct prélevés par porc grâce à laquelle sont reversés 50 ct/porc à l'éleveur qui apporte. "Nous sommes pour que le MPB se reconsolide et pour rester sur ce prix de référence commun à tous les éleveurs".

La GTE pour maîtriser le coût de revient

Si l'embellie liée à la forte demande du marché chinois "va permettre aux éleveurs de passer l'été sous de meilleurs auspices", le prix de vente, quel qu'il soit, ne doit pas faire oublier l'importance du coût de production qui reste "un basique à travailler", rappelle Michel Bellaird. Actuellement, 62 % des éleveurs du groupement sont suivis en GTE (70 % des truies). Ce taux, bien que supérieur à la moyenne bretonne, est insuffisant selon Porc Armor Évolution pour que progresse le revenu global des exploitations. "Une de nos priorités est de sensibiliser les éleveurs à la GTE, remarque Philippe Le Cornuet, vice-président. Il existe des différences de coût importantes. Le point de départ, c'est de mesurer. On peut ensuite mettre en place des éléments pour améliorer le résultat".

Le challenge du renouvellement

Porc Armor Évolution a créé un nouveau service avec deux personnes dédiées à la question du renouvellement des générations et a mis en place une commission d'éleveurs spécifique. "Avec une installation pour trois à quatre départs, le challenge est important et il nous préoccupe. On entend occuper notre place pour trouver une solution à chacun", souligne André Bloc'h. La société Kerloann (où sont associés les abattoirs Abéra, Bernard, la société Sanders et Porc Armor Évolution) peut aussi intervenir, en restant minoritaire mais pour une durée de sept ans, dans des dossiers de restructuration d'élevage à la demande des adhérents.

 

Les chiffres de 2015

1,83 million de porcs commercialisés en 2015 (+1,87 %)

240 millions d'euros de chiffre d'affaires

555 adhérents dont 1/3 ont plus de 55 ans (250 éleveurs NE, 154 PSE, 11 multiplicateurs, 105 engraisseurs, 10 naisseurs, 25 naissages associatifs)

Présent sur 15 départements du Grand Ouest

11,6 millions d'euros investis par les adhérents dans le renouvellement du parc bâtiment

9 installations au sein du groupement

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