Terra 17 novembre 2017 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Le point sur les stimulateurs biologiques et les fongicides avec Arvalis

Les stimulateurs d’activité biologique des sols sont-ils vraiment efficaces ? Quelles résistances aux fongicides ? Voici quelques essais parmi tant d'autres menés cette année par Arvalis, l’institut de recherche appliqué aux végétaux cultivés. Mardi dernier, résultats et préconisations ont été présentés à Ploërmel (56), au lycée la Touche.

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"Le traitement des maladies devient subtil mais essentiel pour garder des solutions." (© Terra) Michel Moquet et Eric Masson, ingénieurs régionaux d’Arvalis, ont présenté l’essentiel des essais et résultats de 2017. © Terra  © Terra C'est à Bignan (56) et à Rheu (35) que se trouvent les deux sites d'Arvalis. © Terra


Stimulateurs d'activité biologique : des résultats mitigés

"Le gain de rendement permet rarement de compenser le surcoût économique dû à l’utilisation de stimulateurs d’activité biologique des sols", résume Michel Moquet, ingénieur régional Arvalis. Sur 18 essais menés, un seul en effet a été positif. La conclusion est identique en matière d’activité biologique : "ils n'ont pas d’effet significatif".

Pourtant, l’offre sur le marché devient de plus en plus abondante. Les activateurs biologiques sont-ils pour autant beaucoup utilisés ? "Nous n’avons aucune visibilité sur cet aspect", pointe l’ingénieur régional, Éric Masson. "Ils ont été utilisés à grande échelle sur les bassins versants et il n’y a pas de résultats à la hauteur de nos espérances", indique-t-on depuis la salle. Ces activateurs suscitent des attentes en matière de fertilité chimique, biologique et physique. "Ils bénéficient d’une bienveillance sur le marché", précise Michel Moquet, d’où l’intérêt de mesurer leurs performances tant technique qu’économique. Mardi dernier, des spécialistes de l’institut technique présentaient les résultats des essais à une centaine de techniciens et prescripteurs des organismes de conseils ou économiques. Les promesses de l’étiquette ne sont pas systématiquement tenues, concluent-ils. La journée technique de mardi a permi la diffusion d’une manne de données (1).

 


Fongicides : les souches font de la résistance

Parmi les autres sujets traités, il y a eu les maladies des céréales. L’attention a été portée sur l’augmentation des résistances aux fongicides sur le blé tendre et l’orge d’hiver, "et les conséquences en matière de rendement". Si la nouvelle n’est pas un scoop, c’est la rapidité de multiplication des souches résistantes (MDR et TriMR) qui alerte. "Depuis 2015, leur nombre a été multiplié par deux à trois, en trois campagnes", constatent les spécialistes. Quelles stratégies de protection adopter en leur présence face à la perte d’efficacité de certains programmes ? Une chose est sûre : "fractionner les passages exerce une plus forte sélection des souches résistantes", met en garde Éric Masson. D’autant que 2017 est une année à nuisibilité faible avec une perte de rendement de 18 q/ha, deuxième meilleur résultat enregistré à Bigan en dix années de suivis sur la nuisibilité des maladies du blé en Bretagne.

Que vaut en matière de traitement l’utilisation de produits de biocontrôle, tel que le soufre qui revient en force ? "En association, ils permettent de gagner en efficacité, entre 25 et 30 %. Cela se répercute sur le rendement", détaille Michel Moquet. "Le recul est faible, nous n’avons pas tous les scénarii climatiques. Mais le soufre renforce l’efficacité du traitement. C’est nouveau et on voit des solutions s’esquisser", renchérit Éric Masson.

Outil à ne pas négliger, le panel variétal : "il a évolué. Les variétés présentent des tolérances intéressantes aux maladies foliaires que sont la rouille jaune ou brune", pointent également les spécialistes. Il y a des économies à la clé : "des écarts de 20 à 30 € d’économies de fongicides à l’hectare". Un moyen supplémentaire de limiter la maladie, outre le recul de la date des semis, la fin des traitements inutiles, trop fractionnés, la diversification des modes d’action et des substances actives, la non-utilisation à deux reprises de la même matière active… "Le traitement des maladies devient subtil mais essentiel pour garder des solutions", insiste Éric Masson. Il avance une autre recommandation : "s’adapter à l’année : il n’est pas toujours nécessaire de traiter et s'il y a un traitement à ne pas louper, c’est le traitement T2 !".

(1) Pour en savoir plus  : arvalis-infos.fr.

 

 

Arvalis

Arvalis-Institut du végétal est un organisme de recherche appliquée qui produit des références technico-économiques et agronomiques à partir de ses stations de recherche, sites expérimentaux, fermes d’application, laboratoires, en partenariat. En Bretagne, deux sites : celui de Kerguehennec à Bignan et du Rheu.

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