Terra 21 septembre 2017 à 10h00 | Par Claire Le Clève

Cap 2000 : faut-il amender le sol littoral ?

Comment vont les sols littoraux ? C’est l’une des nombreuses questions que l’association Cap 2000 a fait sienne, notamment face à l’interdiction d’épandage dans la bande des 500 m et ce, malgré le régime dérogatoire, institué désormais partout en Bretagne. Un premier état des lieux a été révélé vendredi dernier, lors de l’assemblée générale à Auray.

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De gauche à droite, Frédéric Nicolazo et Sébastien Lemoine, ostréiculteurs, Pierre-Yves le Bozec, agriculteurs et Johann Malcoste, pêcheur à pied.
De gauche à droite, Frédéric Nicolazo et Sébastien Lemoine, ostréiculteurs, Pierre-Yves le Bozec, agriculteurs et Johann Malcoste, pêcheur à pied. - © Claire le Cleve

"Se laisser la possibilité d’amender sur cette frange littorale des 200 mètres ?". Le sujet ne manque pas d’importance. D’une part "il nous permet de reprendre le contact entre l’agriculture, l’ostréiculture et la pêche à pied", situe Sébastien Lemoine, ostréiculteur, co-président de l’association paritaire Cap 2000. Car la volonté de dialogue est toujours bien là, seules les troupes mollissent un peu. "On a besoin de nouveaux relais d’agriculteurs sur cette bande littorale. En réunion, cela manque, nous ne connaissons pas les questions agricoles", insiste-t-il. Ainsi, de précurseur, le Morbihan est désormais un peu à la traîne. Car si les trois autres départements bretons peuvent, eux aussi, déroger à l’interdiction d’épandre dans la bande des 500 m, "ils sont allés plus loin l’étendant à la bande des 200 m. Nous on attend l’accord de l’administration", poursuit-il. "On s’est battu la dessus, il y a un progrès énorme, c’est fantastique", acquiesce un élu finistérien. "Là on n’apporte plus que de l’engrais minéral", constate à regret Pierre-Yves le Bozec, agriculteur, membre du bureau de l’association.

 

Cercle vertueux

Quand il est organique, l’intérêt de l’amendement devient tout autre, "il nourrit la vie biologique de notre sol pour nourrir nos plantes qui vont nourrir nos bêtes, c’est un cercle vertueux", pointe-t-il. Amender, peut-on vraiment s’en passer pour la vie du sol ? Pour y répondre, un programme d’étude intitulé Utilbiomas à été lancé en partenariat avec le parc naturel régional du Golfe du Morbihan, la chambre d’agriculture et l’association Aile. Objectif ? Passer à la loupe les sols qui ne reçoivent plus d’effluents. "Quelles sont leurs caractéristiques par rapport aux autres sols bretons et quels impacts". 24 parcelles de 18 exploitations situées entre 0 et 200 m de la côte ont été analysées. "leurs sols sont, moins profonds, plus sableux et si leur teneur en matière organique peut être jugée haute dans l’absolu, en réalité c’est plutôt pauvre, c’est un facteur de sensibilité", note Daniel Hanock de l’équipe sol et fertilisation de la chambre régionale d’agriculture. Des sols aussi plus séchants, plus pauvre en phosphore et potassium et dont les indicateurs biologiques sont sensibles au contexte cultural. "On peut améliorer leur qualité biologique par des choix de cultures et de rotation et par des apports de organiques", note-il en soulignant que si le sol est sensible, il évolue lentement. "N’oublions pas qu’une prairie par hectare peut nourrir deux vaches mais il y en a l’équivalent de huit en dessous à alimenter". Ainsi, "plus la matière organique est vivante, plus elle est d’accord pour bien travailler".

 

Claire Le Clève

 

 

 

 

 

"Si une prairie peut sur son sol nourrir 2 vaches/ha, il y en l’équivalent de 8 à alimenter dessous", estime Daniel Hanock de l’équipe sol et fertilisation de la chambre régionale d’agriculture. "On peut améliorer la qualité biologique de ces sols par des choix de cultures et de rotation et par des apports de organiques"
"Si une prairie peut sur son sol nourrir 2 vaches/ha, il y en l’équivalent de 8 à alimenter dessous", estime Daniel Hanock de l’équipe sol et fertilisation de la chambre régionale d’agriculture. "On peut améliorer la qualité biologique de ces sols par des choix de cultures et de rotation et par des apports de organiques" - © Claire le Clève
Eau rouge au large de la Baule - avril 2017
Eau rouge au large de la Baule - avril 2017 - © Mairie de la Baule

Loire et Vilaine se restaurent, le Mor Braz s’eutrophise

Les eaux bleues, rouges ou vertes, parfois toxiques, dont se colorent le Mor braz interpellent, inquiètent. Cette baie, sensible à l’eutrophisation, située de la presqu’île de Quiberon jusqu’au Croisic, est le réceptacle des bassins versants des fleuves Loire (1/5 de la surface de la France) et Vilaine (1/3 de la Bretagne) "grands contributeurs en flux". Ifremer a passé au crible 30 années de données sur les paramètres physico-chimiques de ces fleuves et leurs impacts. Pour Nathalie Cochennec-Laureau, directeure du laboratoire Environnement-Ressources-Morbihan-Pays de Loire, pas de doute, "on observe une diminution de l’azote et une décroissance nette du phosphore, on va vers la restauration de ces fleuves". Il n’en va pas de même pour le Mor braz avec "un retard de restauration, un décalage. Quelles vont être les conséquences de cette eutrophisation sur les ressources exploitées en terme de croissance, de toxicité, de reproduction ?" a-t-elle résumé à l’assemblée générale de Cap 2000 à Auray.

 

 

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