Terra 28 septembre 2017 à 10h00 | Par Claire Le Clève

Bio : Sodiaal recherche des producteurs prêts à la conversion

Sodiaal affiche son ambition bio. Après celle organisée en zone ouest, la porte-ouverte de mardi dernier, sur la zone Bretagne est, chez Marie-Pierre et Jean Claude Racouët en témoigne. Tirés par les marchés portés par la consommation et l’attente sociétale, les besoins de la coopérative sont ici de 15 millions de litres dès 2020. Il en manque plus de six.

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Un marché bio tiré par le lait et la poudre infantile pour la Chine
Un marché bio tiré par le lait et la poudre infantile pour la Chine - © Claire Le Clève

 

 

"Nous n’avons pas assez de lait pour le marché que l’on a, aussi bien en lait de consommation UHT, en beurre et en lait infantile en poudre, notamment pour la Chine", (Lire terra du 15 septembre dernier en page 12), cadre Murielle Floch, responsable des relations avec les producteurs chez Sodiaal. La coopérative collecte 62 millions de litres de lait bio auprès de 260 exploitations en France, dont 23 sur sa zone de Bretagne Est et en transforme 107 millions. Pour satisfaire ses marchés établis à 277 millions de litres, dopés par une progression annuelle à deux chiffres, l’entreprise recherche 215 millions de litres pour 2021. Autant dire demain.

 

Des besoins en Bretagne

Ce qui est vrai à l’échelon national se vit ici en Bretagne, dans une région historiquement laitière avec des outils de transformation. Lancée en 2016 par la coopérative, la filière bio a agrégé 31 producteurs sur la zone ouest pour 10,6 millions de litres produits. Plus à l’est, ce sont 23 éleveurs pour 8,7 millions. "Sur les 30 millions attendus fin 2020 11 millions manquent pour l’instant à l’appel et deux ans sont nécessaires à la conversion". D’où l’idée de battre la campagne avec ces réunions d’informations, d’expliquer l’appel d’air et les projets de développement, et le soutien aux producteurs mis en place pour accompagner ce développement. "C’est notamment un engagement contractuel sur sept ans, une prime variant de 30 à 50 euros des 1000 l durant la conversion", rassure la jeune femme.

Claire Le Clève

 

 

 

 

 

Marie-Pierre et Jean-Claude Racouët
Marie-Pierre et Jean-Claude Racouët - © Claire Le Clève

Marie-Pierre et Jean-Claude Racouët : "Répondre à une demande de consommateur" ;

 

"Pour passer en bio, on avait des barrières techniques et psychologiques. Pourtant, on aurait du le faire il y a longtemps", ne cachent pas les époux Racouët installés avec 55 vaches et 88 ha dont 59 d’herbe, 25 accessibles, sur EARL du Quillio à Pleucadeuc. La mise aux normes de 2008 puis la crise de 2009, "avait fait du mal, les études supérieures des enfants à financer… On ne se voyait pas changer de système. On a fait un Dynavenir en 2012 qui pointait déjà la possibilité du bio ou de la viande… On était coincé en termes de places en bâtiment, de parcellaire éloigné pour l’accès au pâturage et on bloquait là dessus. En 2014, je me suis inscrit à plein de formations techniques. Je voyais des gens qui avaient plus de contraintes techniques que nous y aller", raconte avec sincérité Jean-Claude Racouët, administrateur de la coopérative, conseiller de région. Le déclencheur ? "Le dossier Pac 2015, imbuvable mais pas en bio. On s’est engagé le 15 mai", enchaîne Marie-Pierre, "on a levé nos blocages par la formation technique et parce que d’autres y arrivaient". Restait à convaincre la coopérative, "qui ne collectait pas ici en bio. Sodiaal s’y est ouvert, on a signé notre contrat". "J’ai l’impression de répondre à une demande de consommateurs et de travailler dans le vrai. On a aménagé des chemins, un boviduc, nos vaches croisées qui produisent 5 200 l en moyenne sont solides, marchent, notre vieille Taarup permet d’affourager à moindre coût. On fait de la luzerne, des mélanges céréaliers. On a deux périodes de vêlage pour mieux organiser le travail et la rémunération. On optimise, réduit nos charges. 2016, la deuxième année de conversio n a été très dure. 15 000 euros d’aides Pac non versés, 12 000 d’achat de stock, 10 000 de baisse de produits. Près de 40 000 euros de perte de chiffre d’affaires… La prime est essentielle. On dit qu’il faut passer en bio quand il y a une trésorerie saine, oui mais quand il y a un marché... Et le marché est là. Il y a un avenir et il y a des réponses techniques", estiment-ils, convaincus.

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