Terra 09 décembre 2016 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Des sondes pour mieux valoriser l'eau d'irrigation des légumes

Fragilisée en années sèches, sévère comme l'a été 2016, la filière légumes transformés cherche à mieux valoriser l'eau disponible. Car si 41 % des surfaces ont une irrigation, celle-ci n'est que d'appoint. Alors, l'UOPLI s'intéresse à de nouvelles sondes dont le suivi semble prometteur. Les résultats ont été présentés le 1er décembre à Vannes.

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La sonde Sentek enregistre en continu sur une hauteur de 50 cm la quantité d'eau disponible dans le sol tous les 10 cm, suivant la profondeur d'enracinement, et transmet ses données aux producteurs qui y ont accès via Internet. Un outil d'aide à la décision d'irriguer ou non.
La sonde Sentek enregistre en continu sur une hauteur de 50 cm la quantité d'eau disponible dans le sol tous les 10 cm, suivant la profondeur d'enracinement, et transmet ses données aux producteurs qui y ont accès via Internet. Un outil d'aide à la décision d'irriguer ou non. - © Terra

"Depuis 1993, c'est l'année la plus sèche enregistrée en période de croissance des légumes, entre la mi-avril et le 30 septembre", pointe Olivier Penn, président de l'UOPLI, union des organisations de producteurs de légumes à destination industrielle de Bretagne. 200 millimètres ont manqué à l'appel, durant la période. Un bilan d'autant plus cruel pour le producteur de céréales et légumes de Bannalec, que les plans d'eau et autres retenues collinaires qui irriguent en appoint 41 % des surfaces de légumes d’industrie, se sont souvent retrouvés en assec prématurément. "Et quand on n'a plus d'eau fin août et qu'il faut finir l'année, on se demande où on aurait pu économiser de l'eau sur la période précédente". Une question qui se répète. Car la fréquence d'apparition des épisodes de sécheresse s'accélère depuis 2003. "On a connu 2005, 2008, 2010, 2013, 2016... On se retrouve un peu juste avec nos réserves".

Piloter au plus juste

D'où l'idée de maîtriser l'apport en cas d'irrigation d'appoint, "et d'apporter ce qu'il faut au bon moment, enchaîne le responsable. Or souvent, on met de l'eau au feeling, suivant l'aspect de la surface, et c'est trompeur". Venue d'Australie, la sonde Sentek a fait son apparition en 2012 sur les terres morbihannaises qui accueillent 50 % des 1 600 exploitations de légumes bretonnes. C'est à Kerguéhennec, la station des chambres d'agriculture de Bretagne, que deux sondes ont commencé à être testées. "Aujourd'hui nous en sommes à quatorze réparties entre les organisations de producteurs sur toute la zone de production. Les premiers essais ont été menés sur haricot. On a observé 25 % d'économie d'apport d'eau", résume Denis Lebossé, conseiller agronomie et irrigation à la chambre d'agriculture du Morbihan. Après le haricot sur lequel l'utilisation des sondes est désormais bien maîtrisée (35 % de la production bretonne), "motivés, les producteurs ont testé l'épinard de printemps, la carotte et le chou-fleur pour étoffer les données. Et c'est prometteur", avance toutefois prudent le président de l'UOPLI. Si les résultats demandent à être confirmés, la réunion de Vannes a permis de les confronter à ceux obtenus en Vendée où 47 sondes sont mises à l'épreuve.

Créer de nouvelles retenues

Reste qu'avec plus de 30 % des surfaces françaises en légumes de transformation, la Bretagne souhaite sécuriser sa production. "On se trouve un peu juste avec nos réserves collinaires qui ont vingt ans d'âge pour beaucoup. On aura besoin d'en faire d'autres", défend Olivier Penn. Longtemps freinée, leur création pourrait être encouragée par le programme de subventions que la Commission européenne vient de débloquer en octobre dernier. Un signal fort pour les producteurs. "Il faut relancer un programme de soutien avec l’État et la Région", appuient-ils, tout en rappelant que "seul 0,1 % de la lame drainante est captée par les retenues collinaires en Bretagne, c'est très peu".

 

Les légumes industrie en Bretagne


La production compte 1 600 exploitations et 1 800 producteurs basés en Sud Bretagne dont 50 % en Morbihan, 28 % en Finistère, 18 % en Côtes d'Armor et 4 % en Ille et Vilaine.

Pour 68 % d'entre-eux, l'élevage est le premier atelier. 7 % des producteurs ont le légume transformé comme activité principale. 60 % des producteurs cultivent un légume unique, contre 4 % plus de quatre.

13,1 ha, c'est la surface moyenne développée en légume.

Le haricot occupe 35 % de la surface régionale, suivi du pois à 33 % puis de l'épinard à 11 %

Le Morbihan est le département breton où l'on irrigue le plus avec 62 % des exploitations qui y ont recours. C'est 27 % en Finistère.

Les surfaces de légumes transformés sont passées de 27 986 t en 2003 à 20 690 t dix ans plus tard.

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