Terra 11 juin 2016 à 08h00 | Par Chantal Pape

A quand une simplification administrative ?

Parmi les nombreux sujets évoqués, la question est revenue en boucle lors de la rencontre entre le comité de développement de Brest et Ivan Bouchier, le nouveau sous-préfet, invité à découvrir l'agriculture sur une ferme laitière vendredi dernier à Ploumoguer.

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Le comité de développement a invité Ivan Bouchier, le nouveau sous-préfet, à découvrir l'agriculture du pays de Brest... © Chantal Pape  © Chantal Pape

 

"Le pays de Brest compte près de 1 900 exploitations agricoles". Le 3 juin dernier, Alain Hindré, élu à la chambre d'agriculture et responsable du territoire de Brest, a invité Ivan Bouchier, le nouveau sous-préfet de Brest, en poste depuis trois mois, à découvrir l'agriculture. "Chacune de nos communes compte, en moyenne, 25 exploitations agricoles qui font travailler 64 équivalents temps plein, chefs d'exploitation ou salariés, et génèrent un chiffre d'affaires de 8 millions d'euros".

 

Des contrôles plus pédagogiques

 

"Le travail des agriculteurs n'a pas été reconnu à sa juste valeur dans la reconquête de la qualité de l'eau". Cette matinée d'échanges, sur l'exploitation laitière de Bernard, Christophe et Sébastien Louzaouen, à Ploumoguer, a été l'occasion, pour la profession agricole, de faire passer quelques messages qui lui tiennent à coeur. Mais aussi d'essayer d'avancer sur certains sujets, à commencer par les contrôles en exploitation. "Certes, ils font maintenant partie intégrante de notre profession", reconnaît Alain Hindré. "Mais nous voudrions qu'ils soient plus pédagogiques que répressifs", rajoute Jacques Jaouen, le président de la chambre régionale d'agriculture.

 

Préserver le foncier

 

"On perd encore 2,5 ha/jour. C'est inacceptable", rappelle Alain Hindré. Sur le pays de Brest, la pression sur le foncier est très importante. Et même si des avancées ont été obtenues, notamment via des échanges avec les collectivités, il reste encore du chemin à parcourir. "Les jeunes qui s'installent ont besoin d'une visibilité à 20 ou 30 ans. Il faut replacer l'économie et l'emploi au coeur des documents d'urbanisme".

 

Une crise qui dure

 

Difficile de parler d'agriculture sans évoquer la crise qu'elle traverse. "Actuellement, le lait est payé 260 €/1 000 l contre 360 € il y a deux ans, rappelle Sébastien Louzaouen, membre du conseil d'administration des Jeunes agriculteurs, après en avoir assumé la présidence pendant deux ans. Depuis la fin des quotas, on assiste à une guerre entre bassins de production".

Et l'agriculteur, installé depuis 2008 sur l'exploitation familiale, de dénoncer une sur-règlementation franco-française fiscale, sociale ou environnementale. "On lave toujours plus blanc que blanc". Dernier exemple en date ? "On nous oblige à agrandir nos capacités de stockage quand d'autres pays, comme l'Espagne, se contentent de creuser des trous dans les champs, sans béton ni membrane. Ici, ça nous a coûté 60 000 €, l'équivalent d'un an de salaire pour les trois associés".

 

L'agriculture investit moins

 

"On travaille dans le rouge". En production porcine, aussi, les situations sont très tendues. "La faute à l'embargo russe, estime David Louzaouen, l'ancien secrétaire général des JA, qui continue à oeuvrer pour une indication de provenance sur les produits frais et transformés. C'est la seule solution pour faire reconnaître le travail des producteurs français".

Signe des difficultés croissante de l'agriculture, "les encours à moyen et long terme ont diminué de 10% depuis 2012 au Crédit agricole, indique Jean-Jacques Déniel, élu à la chambre d'agriculture au titre de la banque verte. La situation économique incite à la prudence. Et il n'y a plus de projet d'investissement structurant". Et de citer la méthanisation. "Il faut maintenant 5 ans pour monter un dossier...". "Pourquoi autant de délais et de complexité, renchérit Jacques Jaouen. Et des règles administratives qui nous empêchent de faire de l'agronomie...".

 

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