Terra 10 avril 2018 à 12h00 | Par Chantal Pape

L'économie finistérienne repart

Tous les ans, les chambres consulaires du département, agriculture, commerce et industrie, métiers et artisanat, unissent leurs compétences pour prendre le pouls de l'économie finistérienne. Pour sa 22e édition, la brochure Finist'Eco est plutôt optimiste !

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De gauche à droite : Frank Bellion, président de la chambre de commerce et d'industrie métropolitaine Bretagne Ouest, Michel Guéguen, président de la chambre des métiers et de l'artisanat, et André Sergent, président de la chambre d'agriculture.
De gauche à droite : Frank Bellion, président de la chambre de commerce et d'industrie métropolitaine Bretagne Ouest, Michel Guéguen, président de la chambre des métiers et de l'artisanat, et André Sergent, président de la chambre d'agriculture. - © Chantal Pape

"Quand le bâtiment va, tout va, lance Michel Guéguen, le président de la chambre des métiers et de l'artisanat en présentant Finist'Eco, la brochure éditée tous les ans par les trois chambres consulaires départementales. Les demandes de permis de construire sont reparties à la hausse et l'an passé, les mises en chantier ont augmenté de 15,7% pour le logement". L'embellie est également confirmée du côté des entreprises, avec des créations en hausse, + 3,2%, et des défaillances en recul, - 7,7%. "A 8,5% de la population active au 3ième trimestre 2017, le chômage, lui aussi, décline", rajoute Charlotte Seminel, de la chambre de commerce et d'industrie.

Prudence en agroalimentaire

Après trois années de recul, l'industrie a enregistré, en 2017, une troisième année de reprise, avec un chiffre d'affaires en hausse de 5,5%. "Mais la prudence reste de mise pour 2018 : les chefs d'entreprise tablent sur une augmentation de leur chiffre d'affaires de 0,5% seulement". "Et la situation est compliquée pour Tilly-Sabco et Doux, indique Frank Bellion, le président de la CCI, qui suit les dossiers de très près. Les conteneurs de poulet congelé de Doux représentent 40% de l'activité portuaire de Brest".

Un souci que partage André Sergent. "Doux est un modèle de production qui a fait vivre énormément de producteurs et de salariés mais qui est arrivé au bout. Il faut maintenant passer à autre chose. Mais je ne peux pas concevoir qu'on continue à importer 40% de la volaille consommée en France". C'est donc avec plaisir qu'il a vu l'arrivée d'un nouveau repreneur, LDC, se fixant pour objectif de reconquérir le marché intérieur. "Les centres de décision resteraient ici, souligne le président de la chambre d'agriculture, qui refuse de sombrer dans le défaitisme. On ne peut pas laisser s'écrouler un pan entier de notre économie du jour au lendemain ! Une fois encore, il faut nous adapter au marché, ce que nous avons toujours su faire". Et de citer les différentes démarches qualité initiées par la profession agricole. "Bientôt, une exploitation bretonne sur 10 sera en agriculture biologique".

Une production agricole en difficulté

Plus largement, "la production agricole est en grande difficulté, affirme le président de la chambre d'agriculture. Depuis 10 ans, les revenus des agriculteurs sont en baisse, à cause d'une non revalorisation du prix de vente de nos produits". Et de citer l'exemple du litre de lait, "vendu 0,30 € en 2000, 0,32 € en 2017 alors que, dans le même temps, nos charges ont largement augmenté. Et nombreux sont les paysans qui cessent leur activité". Si André Sergent compte sur les EGA, les états généraux de l'alimentation pour "redonner de la valeur aux produits agricoles", il souligne aussi l'installation de 135 jeunes l'an passé, "une année record : + 30% par rapport aux années précédentes ! Mais le rythme devrait se poursuivre en 2018".

La lenteur administrative

D'une seule voix, les trois présidents des chambres consulaires finistériennes ont ensuite dénoncé des dossiers qui n'en finissent pas d'aboutir quand nos concurrents filent, toutes voiles dehors. "C'est le cas des énergies marine", indique Frank Bellion. On a pris tellement de retard que nos industries ne sont plus compétitives. C'est aussi le cas de de la centrale à gaz de Landivisiau, qui n'a toujours pas vu le jour alors que la pointe bretonne en a besoin pour sécuriser son approvisionnement électrique". Un dossier qui intéresse aussi l'agriculture. "Peut-être pourrons-nous l'alimenter avec du biogaz, indique André Sergent. A condition que, là aussi, le dossier avance..."

 

 

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