Terra 09 décembre 2016 à 08h00 | Par Arnaud Marlet

Quels modèles d'exploitation à l'horizon 2025 ?

Dans le cadre des 3e Rencontres annuelles de la chaire entreprise et économie agricole organisées par Agrocampus Ouest et le Crédit Agricole, une table ronde était organisée le 30 novembre sur la vision des exploitations agricoles à l'horizon 2025.

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Ces rencontres permettent aussi le débat avec les acteurs économiques agricoles.
Ces rencontres permettent aussi le débat avec les acteurs économiques agricoles. - © Terra

La chaire entreprise et économie agricole, créée en 2013, répond à une ambition : comprendre l'évolution du modèle agricole breton dans les décennies à venir pour y répondre avec des moyens humains, financiers, organisationnels adaptés. Au travers de ce partenariat, chercheurs, étudiants et professionnels de la banque participent à l'émergence de nouveaux savoirs et à leur diffusion. "Cela permet au monde de la recherche académique et à celui de l'entreprise de travailler ensemble sur des enjeux sociétaux majeurs et le devenir de l'agriculture en est un", explique Marie-Françoise Bocquet, présidente de Crédit Agricole en Bretagne. Ces rencontres sont l'occasion de rendre compte des travaux de recherche en cours (lire encadré) mais permettent aussi plus largement de débattre avec les acteurs économiques agricoles, sur la question principale posée par la chaire : Quelles sont les évolutions des structures agricoles et de leurs performances, en France, et plus spécifiquement en Bretagne.

"La rentabilité n'est pas liée à la taille"

La question est vaste et suscite de nombreux débats. Agrandissement, foncier, réglementation, rôle des structures collectives... Autant de thématiques soulevées par ce débat.

"Avant tout, c'est l'érosion des marges qui pousse à l'agrandissement", précise en préambule, Marcel Denieul, le président de la chambre d'agriculture d'Ille-et-Vilaine. Et s'il existe bien différents modèles d'agricultures, "la rentabilité n'est pas liée à la taille", ajoute Emmanuel Hyest président de la Fédération nationale des Safer. Les évolutions du monde agricole, la taille des structures notamment, amènent les coopératives à s'interroger sur la nature des services qu'elles doivent proposer. Ce que confirme d'ailleurs Virginie Allaire-Arrivé, directrice de Coop de France Ouest : "La nature du service doit évoluer, la taille change la relation mais n'affaiblit pas le collectif pour autant". Dans ces conditions, se dirige-t-on vers la fin du modèle de l'agriculture familiale ? "L'agriculture familiale ne veut pas dire forcément petite ferme", tempère le président de la FN Safer. Et d'ajouter : "D'ailleurs on serait dans un modèle financier, avec la crise, les capitaux s'en iraient".

"Est-ce qu'on va rester dans ce modèle ? J'ai un doute", note pour sa part Philippe de Guénin, directeur de la Draaf, qui estime qu'en France, le foncier n'est pas un frein, autant que peut l'être le poids des investissements pour les exploitations agricoles.

Enfin, sur la question de l'avenir, Jean-Christophe Roubin, directeur agriculture à Crédit Agricole SA souhaite que des stratégies par filière soient définies avant de poser la question capitalistique. À ce sujet, Virginie Allaire-Arrivé remarque que "la stratégie de filière, ça fait dix ans qu'on l'attend, par contre, on peut avoir des stratégies de territoires". Toujours est-il que pour faire face à l'avenir, l'accompagnement devra innover et chacun doit prendre conscience que l'environnement territorial évolue avec sans doute des capacités locales nouvelles. Et en Bretagne, "la question du maintien de l'élevage est primordiale" pour l'avenir, a conclu Marcel Denieul.

 

Déterminants et impacts de l'évolution des structures

Parmi les activités de recherche engagées par la chaire, Legrand Saint-Cyr a mené depuis trois ans une thèse portant sur "Déterminants et impacts de l'évolution des structures agricoles françaises". Parmi les projections en 2025, la thèse montre que les dynamiques bretonnes seraient du même ordre de grandeur que celle constatée à l'échelle de la France métropolitaine dans son ensemble, avec une diminution du nombre d'exploitations d'un peu plus de 20 % par rapport à 2014. On constate que le modèle conduit à une poursuite du déclin des exploitations individuelles, principalement au profit de l'expansion des EARL et autres formes sociétaires. Enfin, poursuivant sa légère érosion, la part des exploitations spécialisées en bovins lait passerait de 40 % à 37 %. Celle des exploitations avicoles spécialisées augmenterait très légèrement, de 18,5 % en 2014 à 19 % en 2025. La plus forte augmentation concernerait les exploitations spécialisées en ovins, caprins qui pourraient passer de 4 % à 8 %.

Pour en savoir plus : http ://chaire-eea.agrocampus-ouest.fr

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