Terra 15 juillet 2016 à 10h00 | Par Claire Le Clève

La régionalisation effective au 1er janvier prochain

Animer le territoire demeure bien le rôle majeur départemental dans la nouvelle répartition issue de la régionalisation des chambres d'agriculture de Bretagne et de ses 650 agents. Elle a été présentée lors de la session du 5 juillet dernier avec une très large part des débats concentrés à la crise que traversent les exploitations.

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2016 : le 1/3 des producteurs de lait aurait des revenus négatifs
2016 : le 1/3 des producteurs de lait aurait des revenus négatifs - © Claire Le Clève

Les rôles se précisent. Une instance régionale, lieu de "concertation, d’orientation et de décision stratégique" et un niveau départemental "tourné vers l'animation de son territoire, la mise en œuvre de la stratégie régionale et la conduite de ses projets territoriaux". C'est ainsi se profile, pour Laurent Kerlir, président de la chambre d'agriculture du Morbihan, le projet "Convergence " de régionalisation des 5 chambres consulaires. Il sera déployé le 1er janvier prochain. "Nous rentrons dans la phase opérationnelle avec constitution des équipes des différents services à l'automne". Si la gouvernance territoriale est tournée vers "l'émergence de projets, l'animation de groupes et la création d'une dynamique de territoire", l'organisation se dessine partant par département de structurations territoriales souvent différentes.

 

Recherche et formation, optimiser

Concernant les stations de recherche expérimentale déjà régionalisées et face aux restrictions budgétaires et désengagements de certains partenaires, "nous n'avons pas d'autre choix que d'optimiser et de nous recentrer avec une réflexion grand ouest. Chambre, Institut de l'élevage ...on ne va pas faire trois fois la même chose", pose Laurent Kerlir. Seront donc fermées, la station de Mauron (56) dédiée à la viande bovine, celle des Cormiers (35) et l'une des deux stations porcines de Crécom (22) ou de Guernevez (29). Les thèmes de recherche seront transférés en interne, notamment l'activité des Cormiers sur Kerguéhennec à Bignan, où auprès d'autres organisations professionnelles. La station de Kerplouz (56) est quant à elle maintenue. Coté formation qualifiante, "dossier essentiel pour avoir une formation adaptée à nos besoins dans nos exploitations, nous nous appuierons sur 4 centres avec plusieurs scénarios" ,détaille-t-il pointant les investissements à l'appui de modernisation. La formation porcine demeure à Quinténic (22) avec maintien iou non de l'atelier lait. Coté machinisme, St Segal ou Trévarez, tous deux en Finistère, l'affaire n'est pas tranchée avec 650 000 euros d'investissements à prévoir, le plateau d'Agréquip en Ille et Vilaine devant être renforcé (150 000 euros). Pour le lait l'accent sera mis sur le centre de Kérel à Crédin avec 800 000 euros d'investissements, Kerplouz restant dédié à la formation en maraîchage.

 

La crise, encore

Coté conjoncture : "les données ne s'améliorent pas", déplore Laurent Kerlir, président de l'assemblée. Et les projections du CER France Brocéliande, rappelées, ne rassurent guère pour 2016, avec des revenus négatifs pour le tiers des producteurs de lait morbihannais quand ils touchaient 13 % des exploitants en 2015. Une moyenne de 16 474 euros de résultat courant par UTH familiale en 2015, à peine 3 600 en 2016 si les prix payés aux producteurs continuent sur cette pente, "provocatrice". "On se bat, il faut sauver le maximum d'exploitations mais surtout le maximum d'hommes et de femmes. Dans cette guerre de bassins, les autres attendent qu'on meure. Il faut garder cette ambition d'être une grande région laitière et aider un maximum d'éleveurs. J'en viendrais à implorer les banques et nos financeurs", lance Marie-André Luherne, secrétaire générale de la FDSEA. " Nous continuons à être là", répondra le représentant du Crédit agricole. "A toutes nos organisations de jouer la solidarité pour contribuer à créer de la richesse sur notre territoire en faisant en sorte que nous soyons là demain" battra en rappel Frank Guéhennec, président de la FDSEA.

 

Claire Le Clève

 

 

 

Légende ; Conjoncture et régionalisation au menu de cette dernière session

 

 

Aides, en chiffres

Sur 1 566 demandes,le FAC a bénéficié à 712 exploitations morbihannaises pour un montant moyen de 7 437 euros par exploitation dont 56 % pour la filière lait et 31 % en porcs.

Coté prise en charge des cotisations, 850 bénéficiaires sur une enveloppe de 2,6 millions d'euros, (moyenne de 3 000 euros/exploitation).

Pour l'option n-1, (qui concerne des revenus professionnels inférieurs à 4 248 euros), sur 3391 demandes, 1 752 accords (363 rejets) et 1 276 en attente de décision

Pour l’option report de paiement des cotisations (si revenus professionnels inférieurs à 4 248 euros) 484 demandes, 397 accords (87 rejets)

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