Terra 31 mars 2016 à 09h00 | Par Claire Le Clève

Crédit agricole : exercice "satisfaisant"

Un exercice satisfaisant dans un environnement adverse, voici qualifiée l'année 2015 pour les dirigeants du Crédit agricole du Morbihan, premier financeur du département. Car si son chiffre d'affaires ne concède qu'une baisse de 1,8 %, le résultat net de 34,3 millions d'euros recule de plus de 20 %.

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Pierre-Louis Boissière, directeur général du Crédit agricole du Morbihan et Christian Talgorn, président
Pierre-Louis Boissière, directeur général du Crédit agricole du Morbihan et Christian Talgorn, président - © claire le clève

 

 

"Nous sommes dans un environnement adverse", prévient d'emblée Pierre-Louis Boissière, directeur de la caisse régionale du Crédit agricole du Morbihan "et c'est durable" enchaîne Christian Talgorn, président. L'évolution des taux de dépôt n'est pas pour rassurer la première banque morbihannaise dont l'assemblé générale s'est déroulée, jeudi dernier à Vannes. Ainsi, avec des taux d'intérêts historiquement bas, "quand nous déposons des fonds auprès de la banque centrale européenne, elle nous rémunère négativement à moins 0,40 %". Cela n' pas empêché pour autant, la banque verte de se voir confier par ses 400 000 clients, 12 000 nouveaux (dont 57 % sont sociétaires), un pécule de 10,6 milliards à faire fructifier. Elle a injecté dans l'économie près d'1,35 milliard d'euros en dépit du contexte morose. Ainsi, le crédit aux entreprises a progressé de 13 %, celui aux professionnels de 23% quand l'encours de prêts auprès des agriculteurs, 165 millions, lui aussi progressait de 10 % (lire encadré). Le crédit auprès des particuliers a fait un bond de 34 % à la faveur de taux attractifs. Restent les valeurs coopératives et mutualistes de la banque qui réaffirme la singularité de son modèle, "avec des agences physiques. Nous y avons investi près de 4,8 millions d'euros car nos clients doivent pouvoir continuer à bénéficier d'une relation de proximité. On est prêt à assumer le coût des agences parce que nous sommes une banque de territoire proche des hommes et des femmes de ce département ", soulignent ses dirigeants qui, après l'avoir introduit l'an passé, ont présenté cette année un RSE, rapport social, sociétal et environnemental, "nous sommes très attendus sur ces performances".

Claire Le Clève

 

 

 

 

Olivier Houssay est responsable des crédits et du marché des entreprises.
Olivier Houssay est responsable des crédits et du marché des entreprises. - © claire le clève

Encadré

En agriculture, des financements à la hausse

Malgré la crise, "les prêts à l'agriculture continuent à progresser, preuve que les agriculteurs poursuivent la modernisation de leurs outils", pointe Olivier Houssay , responsable des crédits et du marché des entreprises. Des encours qui ont augmenté de "+ 5 % en lait pour des bâtiments et des équipements de traite, et + 6 % en porc pour des bâtiments", précise Jean-François Hervy, responsable du marché agricole et des professionnels. Pour autant la crise est là. De "sain" en passant par "sensible" ou "en défaut", la banque verte a dressé la typologie de sa clientèle agricole. Raison structurelle, "60 % des encours porcs sont classés sensibles. Entre février 2015 et février 2016, cela a progressé de 15 % et 5 % sont en défaut". En lait, l'affaire est conjoncturelle et c'est l'inversion des chiffres, 38 % des crédits sont classés sensibles mais "avec une augmentation de 26 % en un an", et 2 % en défaut. Pour cette catégorie, des rencontres ont eu lieu. "On fait de l'accompagnement. Pour 200 exploitations nous avons mis en place des prêts de trésorerie, une pause de crédit, injecté 13 millions d'euros, elles ont des perspectives d'avenir. 200 autres exploitations sont en très grande difficulté", ne cachent pas les banquiers qui estiment "que si le porc souffre depuis 5 ans, il y a une bonne capacité de résilience. En lait, c'est l'inconnu". Et d'attirer l'attention sur la bonne connaissance du prix d'équilibre, encore trop méconnu en production laitière. "L'enjeu, est de se projeter à un an, 5 ans et de raisonner le prix d’investissements par rapport à un prix d'équilibre. Acheter un tracteur à 150 000 euros amortissable sur 7 ans, ça peut plomber le prix d'équilibre. Attention à l'optimisation fiscale, elle ne doit pas passer avant l'économique", insiste Jean-François Hervy. "Avoir un prix d'équilibre le plus bas possible, c'est le levier de la compétitivité".

 

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