Terra 26 mai 2016 à 08h00 | Par Chantal Pape

Les producteurs de lait en appellent à "un sursaut collectif"

Parce que "la filière lait ne continuera pas à fonctionner sans les producteurs", la FDSEA et les JA en appellent à un "sursaut collectif" des laiteries, OPA, Etat, grande distribution, consommateurs... pour passer la crise.

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De gauche à droite : Alain Salou, Serge Le Doaré et François Plougastel, section lait de la FDSEA, Agnès Kerbrat, vice-présidente de la FDSEA et Roland Jestin, responsable lait JA. Derrière : Mickaël Petton et Benoît Laurent, associés du Gaec des Lys, à Ploumoguer.
De gauche à droite : Alain Salou, Serge Le Doaré et François Plougastel, section lait de la FDSEA, Agnès Kerbrat, vice-présidente de la FDSEA et Roland Jestin, responsable lait JA. Derrière : Mickaël Petton et Benoît Laurent, associés du Gaec des Lys, à Ploumoguer. - © Chantal Pape

"La crise s'éternise". Et François Plougastel, vice-président de la section lait de la FDSEA d'égrener quelques prix payés producteur : 364 €/1 000 l en 2014, 304 € en 2015, 265 € en mai 2016, "quand le prix d'équilibre se situe aux alentours de 330 € et peut grimper jusqu'à 360-380 € pour un jeune qui s'installe". Plus grave encore. "On ne voit pas le bout du tunnel".

Jeudi dernier, les responsables lait de la FDSEA et des JA ont organisé une conférence de presse au Gaec des Lys, à Ploumoguer, pour alerter sur la situation difficile que traversent actuellement les producteurs. "On est au bord du gouffre". Et en appeler à un sursaut collectif. "Si nous, nous travaillons à perte, tout le monde vit bien autour de nous".

 

Reconquérir le marché intérieur

 

Dans "cette guerre entre bassins de production", les producteurs demandent que le lait soit mieux valorisé sur le marché intérieur, ce qui passe d'abord par un étiquetage clair des produits, afin que le consommateur puisse choisir en toute connaissance de cause. "C'est le sens de la démarche lait de nulle part, initiée par les Jeunes agriculteurs, indique Roland Jestin, responsable lait des JA. Le décret devrait être signé en juillet. D'ici là, on va maintenir la pression". Les producteurs veulent aussi maintenir la pression sur la grande distribution, "qui a aujourd'hui un pouvoir exagéré", et sur les industriels de l'agro-alimentaire "pour qu'eux aussi utilisent du lait et des produits laitiers français pour élaborer leurs produits".

Pour renforcer le poids du maillon production, FDSEA et JA plaident pour des organisations de producteurs fortes. "Il faudrait que l'Etat et le Conseil régional flèchent une partie des aides en faveur des éleveurs qui s'organisent", indique Serge Le Doaré, secrétaire général de la section lait de la FDSEA. Pour que privés et coopératives puissent se retrouver au sein des AOP pour discuter prix et volume, les deux syndicats exigent de ces dernières qu'elles demandent leur agrément en tant qu'OP. "Elles ont jusqu'au 24 août pour le faire, indique Roland Jestin. Si elles ne s'y engagent pas, nous saurons le leur rappeler".

 

Garder la dynamique laitière

 

"Dans les années à venir, 30% des producteurs de lait vont partir en retraite". Pour garder une dynamique laitière dans le département, la FDSEA et les JA demandent aux laiteries de soutenir l'installation. "Certes, elles proposent des volumes supplémentaires aux jeunes. Mais, dans certaines coopératives, il s'agit pour 50% de prix A et pour 50% de prix B, ce qui est inacceptable".

Les deux syndicats dénoncent aussi le comportement de certaines OPA. "Contrôle laitier, insémination, GDS... : nos charges n'arrêtent pas d'augmenter, constate François Plougastel. Et en Bretagne, on paie l'ammonitrate à 320 €/t quand il est ailleurs à 260 € !" Aux banques, les producteurs demandent une plus grande solidarité. "Il faut revoir les taux des prêts de trésorerie et les frais de dossier". Et qu'on les laisse faire leur métier... "Ce n'est pas aux coopératives de faire des avances de trésorerie! C'est le début de l'intégration".

"Il faut aussi obtenir enfin une simplification administrative, rajoute Alain Salou, membre de la section lait de la FDSEA, en évoquant notamment le dossier PAC. Il est tellement complexe que bon nombre d'agriculteurs n'ont pas d'autre choix que de déléguer, ce qui va encore augmenter leurs charges". "Et alors que toutes les productions sont en crise et doivent faire face à des problèmes de trésorerie aigus, on n'a toujours pas perçu le solde de la PAC 2015, s'insurge Serge Le Doaré.

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