Terra 08 juin 2017 à 08h00 | Par Chantal Pape

Aveltis et Prestor unissent leurs efforts pour mieux vendre leurs porcs

Les neuf groupements bretons s'étaient engagés dans la réflexion au plus fort de la crise du porc. Un an et demi plus tard, seuls Aveltis et Prestor se lancent dans un GIE de commercialisation, baptisé Éleveurs de porcs en France.

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Dès le 15 juin prochain, les groupements Prestor et Aveltis vendront leurs porcs ensemble, via un GIE de commercialisation.
Dès le 15 juin prochain, les groupements Prestor et Aveltis vendront leurs porcs ensemble, via un GIE de commercialisation. - © Terra

Guillaume Roué et Philippe Bizien le reconnaissent volontiers : c'est "sous la pression de la rue" et au plus fort de la crise qu'ont commencé les discussions autour d'un GIE de commercialisation des porcs. Si les neuf groupements travaillant en Bretagne, hors Cooperl, étaient présents au premier tour de table, le groupe s'est réduit au fil des échanges, à cinq d'abord puis quatre puis deux. "Nous ne partagions pas les mêmes valeurs".

Mais avant de s'engager, Aveltis et Prestor ont pris le temps d'échanger. "Dix-huit mois ont été nécessaires". Non pas parce qu'il y avait des problèmes, "mais parce que nous voulions définir nos objectifs et nos moyens en toute sérénité", indique Philippe Bizien, le président d'Aveltis.

Un porc sur deux

Symboliquement, les deux groupements ont voulu attendre leurs assemblées générales respectives, le 1er juin pour Aveltis, le 8 juin pour Prestor, avant de commencer à commercialiser ensemble leurs porcs. "Dès le 15 juin, nous serons présents au MPB avec un seul vendeur, et sous l'étiquette Éleveurs de porcs en France". Même si l'informatique ne sera commune qu'à l'automne, les ventes de gré à gré se feront également dès la mi-juin sous l'égide du GIE, géré par une commission commune aux deux groupements et pilotée par Jean Coz et Bernard Chrétien, respectivement vice-présidents de Prestor et Aveltis.

Ce regroupement de l'offre ne manquera pas de peser sur les marchés puisqu'Aveltis est numéro 2 des groupements français, Prestor numéro 3. "Avec cinq millions de porcs commercialisés par an, nous ferons jeu égal avec Cooperl". Et ensemble, ils représenteront 23 % de la production nationale et 50 % des porcs présentés au marché au cadran de Plérin.

Chacun y trouve son compte

Pour autant, "pas question d'instaurer un rapport de force avec nos acheteurs", affirme Guillaume Roué, le président de Prestor, qui plaide pour "un rapport équilibré, où chacun trouvera son compte". Échaudés par les problèmes de fluidité des enlèvements au plus fort de la crise, les éleveurs auront la certitude des débouchés et de l'équité, les abatteurs celle de l'approvisionnement dans des périodes plus tendues. De quoi espérer un meilleur prix ? "On ne s'extraira jamais du marché", estime Philippe Bizien. "Mais le regroupement nous fera gagner sur la logistique", rajoute Guillaume Roué.

Des pistes durables

Ensemble, Aveltis et Prestor espèrent aussi arriver à faire entendre raison à leurs clients. "La multiplicité des demandes spécifiques commence à poser problème, constate Guillaume Roué. On en sera bientôt à un cahier des charges par éleveur..., dont certains qui ne sont jamais valorisés auprès du consommateur". OK pour répondre aux attentes sociétales, en termes de bien-être des animaux, de viande produite sans OGM ou sans antibiotique. "Mais il faut qu'on essaie de trouver des pistes durables sur lesquelles on s'engage pour un certain temps".

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