Terra 26 octobre 2017 à 08h00 | Par Marcel Denieul, président de la chambre d'agriculture d'Ille et Vilaine

L’alimentation trop importante pour être clivante

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- © Terra

Certaines ONG claquent la porte, d’autres font monter les enchères des exigences sociétales pour "changer de modèle", d’autres encore en font le nouveau mot
magique pour se mettre sous la goulotte des futures orientations budgétaires … Pendant ce temps, les distributeurs poursuivent leurs achats d’espaces publicitaires et dégainent de nouveaux slogans pour préserver leur statut de porte-paroles et défenseurs des consommateurs, et le e-commerce de l’alimentaire via internet se développe par d’autres acteurs que les acteurs traditionnels de commerce agro-alimentaire.

Une chose est certaine, ces clivages et verbes hauts ne laissent pas beaucoup de place à ce qui a motivé en début d’année les Étas généraux de l’alimentation : la création de valeur dans la chaine alimentaire et son juste retour aux producteurs agricoles.

L’alimentation est pourtant un enjeu suffisamment important pour que l’on privilégie quelques priorités agricoles d’intérêt collectif pour nos filières et nos territoires.

Nous avons à développer en Bretagne une vraie stratégie collective pour rendre incontournable la diversité de la production agricole dans la restauration hors domicile régionale.

Nous avons à actionner des leviers dans nos filières régionales, nous n’avons pas encore tout fait pour regrouper nos forces, mission première des OP ou AOP pour peser auprès des acheteurs.

Nous avons à prendre notre place dans les marchés export, parce que nos produits intéressent, et nous devons pouvoir le faire sans pour cela détruire l’économie agricole des pays concernés.

Si nous n’avançons pas professionnellement et régionalement sur ces questions, en construisant des socles communs de cahiers des charges qui valorisent ce qui nous lie (nos entreprises à taille humaine et responsabilité personnelle, nos engagements travaillés avec nos filières et nos territoires pour reconquérir la qualité de l’eau), les compétitions et surenchères "plus de, moins de, zéro ceci, zéro cela …" diviseront et renforceront la concurrence entre producteurs ou leurs entreprises.

Les États généraux de l'alimentation ne seraient alors qu’un remake de la phrase célèbre du film Le guépard : "il faut que tout change, pour que rien ne change". Les messages nouveaux de la distribution ne seraient alors rien d’autre que cette stratégie, pour, au fond, rester ceux qui décident entre les producteurs et les consommateurs.

A nous, dans le cadre des États généraux, de faire bouger les lignes.

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