Terra 27 août 2015 à 08h00 | Par Thierry Merret Président de la FDSEA du Finistère

Qu’attend la France pour investir dans son agriculture ?

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Thierry Merret Président de la FDSEA du Finistère
Thierry Merret Président de la FDSEA du Finistère - © terra

Les politiques ont beau jeu de s’apitoyer sur les crises traversées par l’élevage français, alors que les manifestations de cet été sont le pic de crises déjà larvées depuis bien longtemps, et ce dans toutes les filières agricoles. Voilà des années que nous alertons sur le boulet que nous traînons à nos pieds : notre manque de compétitivité ! Il est URGENT et IMPERATIF que les pouvoirs publics prennent à bras le corps la question des distorsions de concurrence que subissent les producteurs français en matière fiscale, sociale et environnementale.

Créer un vaste marché intérieur européen, fondé sur le soi-disant principe d’une concurrence libre et non faussée, avec une monnaie unique, mais sans rapprochement des politiques économiques (sociales, fiscales et budgétaires), ne pouvait qu’aboutir à des guerres économiques entre Etats membres. Alors, de deux choses l’une : soit l’Europe crée les conditions d’une concurrence équilibrée au sein du marché intérieur en rapprochant les politiques fiscales et sociales, soit l’Etat français compense les distorsions de concurrence qu’il inflige aux filières agricoles et agroalimentaires. S’il est également indispensable de rénover les relations entre les différents maillons, le challenge fondamental pour nous, agriculteurs, est de renforcer notre poids au sein des filières. C’est à cette seule condition que la contractualisation peut être une partie de la solution.

Les pouvoirs publics français ont l’obligation économique, sociale et morale, d’agir sans délai pour desserrer l’étau des contraintes administratives et des normes environnementales qui ruinent nos exploitations au quotidien. L’énergie déployée par l’administration, et son cortège de fonctionnaires, pour entraver la liberté d’entreprendre est scandaleuse. Le coup de gueule de Claude Allègre, alors Ministre de l’Eduction nationale, avait été sismique quand il avait annoncé qu’il fallait dégraisser le mammouth ! Mais bon sang, qu’attend la France pour investir dans son agriculture et pour libérer les énergies ? Non seulement les paysans français trinquent pour l’embargo russe, mais en plus la Russie en profite pour soutenir son agriculture. L’apathie française est un scandale qui ne peut demeurer silencieux, ni sans réaction unie du monde économique ; car toutes les filières agricoles et agroalimentaires, et tous les secteurs d'activité créateurs d'emplois et de richesses, sont concernés. Nous devons, tous ensemble, secouer Paris ! Rendez-vous début septembre !

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