Terra 20 mai 2016 à 08h00 | Par Chantal Pape

Le comité d'entreprise des salariés agricoles a 20 ans déjà !

Ils avaient déjà uni leurs forces et leurs convictions pour lancer l'AEF, l'Association emploi formation. C'est à nouveau ensemble que, quelques années plus tard, la FDSEA et la CFDT ont créé le Cesa, le comité d'entreprise des salariés agricoles, pour qu'ils puissent bénéficier des mêmes avantages que les salariés des autres secteurs d'activité.

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François Palut, président fondateur de l'AEF © Chantal Pape Jean-Claude Philipot, secrétaire général fondateur de l'AEF © Chantal Pape Isabelle Bozec, animatrice du Cesa © Chantal Pape Tous les ans, le Cesa distribue plus de 3 000 colis de Noël, que les salariés viennent chercher dans quatre points de livraison, tenus par des bénévoles... © Chantal Pape Une sacrée logistique ! © Cesa 29 Le repas de fin d'année du Cesa rassemble plus de 1 000 convives... et doit refuser des inscriptions tous les ans, faute de salle de réception assez grande ! © Cesa 29

 

Des chèques-cadeau à l'occasion d'un mariage ou d'une naissance, un colis à Noël, une place de cinéma pour les enfants... Tous ces avantages, dignes des meilleurs comités d'entreprise, les salariés de l'agriculture peuvent tous en bénéficier. "Mais il a fallu batailler ferme", se souvient François Palut, l'une des chevilles ouvrières du Cesa, le comité d'entreprise des salariés de l'agriculture.

 

Maintenir l'agriculture

 

Petit retour en arrière. Nous sommes à la fin des années 80 quand Pierre Bellec, économiste à la chambre d'agriculture, tire la sonnette d'alarme : le nombre d'agriculteurs va diminuer et, pour maintenir la production, il va leur falloir embaucher une main d'oeuvre compétente et formée. "Déjà, nous avions du mal à la trouver, se souvient celui qui était alors président de la commission employeurs de la FDSEA. Nous nous sommes rapprochés de la CFDT, avec qui nous avions l'habitude de négocier pour les conventions collectives et, ensemble, nous avons frappé à la porte de Pôle emploi pour bâtir des programmes de formation".

 

D'abord l'AEF

 

Les deux syndicats décident d'aller plus loin et, en 1990, ils fondent ensemble l'AEF, l'Association emploi formation, chargée de mettre en relation l'offre et la demande d'emplois en agriculture. "C'était une première en France, il fallait tout inventer", se souvient Jean-Claude Philipot. Salarié de l'élevage du lycée agricole de Kerbernez, il est alors élu à la CFDT et doit faire face à la défiance de certaines autres branches du syndicat. "Salariés et exploitants siègent à la chambre d'agriculture, ce qui n'existe pas dans les autres professions. Mais, s'il y avait des liens entre CFDT et FDSEA, nos relations avaient aussi été houleuses à certains moments". Les uns comme les autres décident de passer outre et unissent leurs efforts. "Nous avons fait le pari qu'en maintenant la production agricole, l'emploi salarié allait se développer sur les exploitations mais aussi dans l'agro-alimentaire et le para-agricole".

 

Assurer la promotion des métiers

 

Le courant passe. "Il y avait une volonté commune d'avancer", se souvient François Palut. Et les premières réalisations de l'AEF voient le jour. "Je me souviens notamment de grandes campagnes d'affichage dans les villes de Brest, Quimper ou Morlaix, pour assurer la promotion des métiers de l'agriculture", affirme François Palut.

Mais ces métiers ont encore une mauvaise image. Pour tenter de les rapprocher des autres secteurs d'activité, l'idée d'un comité d'entreprise est avancée dès la création de l'AEF. Mais, cette fois encore, tout est à imaginer. Et le Cesa voit le jour cinq ans plus tard, fin 1995. "Il a fallu convaincre certains employeurs", se remémore François Palut. "Nous n'avions aucune idée du budget dont nous pourrions disposer ni du nombre de salariés qui pourraient être intéressés, se souvient Gilles Burel, recruté par l'AEF pour lancer le Cesa. Nous avons organisé une première réunion d'information à Saint Ségal, à laquelle ont participé 90 personnes".

 

Un comité de pilotage

 

Un comité de pilotage est créé et les premières actions se mettent en place courant 1996. "Aujourd'hui, comme au lancement du Cesa, toutes les prestations sont décidées par ce comité de pilotage, détaille Isabelle Bozec, qui gère le quotidien du comité d'entreprise. Composé d'une quinzaine de membres, exclusivement des salariés agricoles, il se réunit une fois tous les deux mois".

Et 20 ans après son lancement, le Cesa continue à répondre à une attente, si l'on en juge par ses 4 342 bénéficiaires actuels. "Mais on ne touche toujours pas tout le monde, regrette Isabelle Bozec qui compte aussi sur cette date anniversaire pour encore mieux faire connaître le Cesa. Mais, si le Finistère a ouvert la voie, en lançant le premier comité d'entreprise des salariés agricoles, peu de départements ont suivi son exemple. "A ce jour, il n'en existe que dans les Côtes d'Armor, dans le Morbihan et en Vendée", regrette François Palut.

 

 

Le Cesa est financé par une cotisation patronale obligatoire de 0,5% de la masse salariale. Il s'adresse aux salariés agricoles, permanents ou saisonniers, dépendant des conventions collectives polyculture-élevage-maraîchage, pépinières-horticulture, Cuma, ETA, à condition qu'ils aient travaillé au minimum 400 heures. Pour pouvoir prétendre aux prestations du Cesa, les salariés doivent s'y inscrire tous les ans, avant fin octobre (formulaire à télécharger sur le site Internet www.finistere.anefa.org et attestation à faire remplir par l'employeur).

Avec un budget de plus de 800 000 €/an, le Cesa propose de nombreuses prestations. Les salariés bénéficient de la carte Cezam, qui leur offre des tarifs préférentiels sur la culture et les loisirs. Ils peuvent également, au choix, demander des chèques vacances ou un avoir de 60 € sous forme de chèques-cadeaux, chèques disques ou chèques lire. Le Cesa leur octroie aussi un bon d'achat de 80 € en cas de mariage ou Pacs, naissance ou adoption et départ en retraite. Et prend à sa charge 25 à 30% du montant des Cesu, chèques emploi services universels.

A égalité avec l'employeur, le comité d'entreprise finance également les bons d'achat qui accompagnent les médailles du travail, récompensant l'ancienneté dans une ou plusieurs exploitations agricoles. "Et, ponctuellement, nous organisons des sorties dans les îles ou un voyage, dont le Cesa prend une partie à sa charge", rajoute Isabelle Bozec.

 

Vous pouvez joindre le Cesa au 02 98 64 33 2902 98 64 33 29 ou par mail aef-cesa29@orange.fr.

 

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