Terra 08 septembre 2016 à 08h00 | Par Agra

Pour un accompagnement individualisé des agriculteurs

Le président de la FNSEA a plaidé le 1er septembre à Lamotte-Beuvron pour un accompagnement individualisé des difficultés financières de chaque agriculteur et, en revanche, une garantie financière de l’État qui bénéficie à tous. Il a plaidé pour des mesures d’accompagnement des arrêts d’activité (aides aux départs anticipés et formations de reconversion).

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FNSEA et JA en meeting à Lamotte Beuvron le 1er septembre, la veille de la réunion informelle des ministres européens de l'agriculture au château de Chambord, à quelques kilomètres de là.
FNSEA et JA en meeting à Lamotte Beuvron le 1er septembre, la veille de la réunion informelle des ministres européens de l'agriculture au château de Chambord, à quelques kilomètres de là. - © Terra

La FNSEA et des JA ont organisé le 1er septembre un meeting à quelques kilomètres et à la veille de la réunion des ministres de l’agriculture européens à Chambord. Les deux syndicats ont présenté une cinquantaine de propositions à destination des pouvoirs publics français et européens et des organisations professionnelles agricoles "pour sortir de la crise et se donner des perspectives". La principale mesure est la demande d’un accompagnement individualisé qui s’adapte à la situation financière de chaque agriculteur (reports d’annuités ou restructuration des prêts en fonction des cas), appuyé sur une garantie financière de l’État négociée, elle, collectivement pour tous les agriculteurs. Revenant lors de son discours sur la conjoncture céréalière de ces dernières années, le président de la FNSEA Xavier Beulin a expliqué que le "tassement" de la croissance mondiale devait conduire certains agriculteurs à réajuster leurs modèles économiques. Pour lui, "une partie des plans de financement" établis ces dernières années avaient été "calibrés en fonction de conjonctures plus favorables qu’aujourd’hui", et certains "comptes d’exploitation devront être recalés". Xavier Beulin a expliqué que son syndicat était désormais en phase avec le Crédit Agricole sur le dispositif d’accompagnement à mettre en place pour répondre à cette crise des céréales, après une période "d’incompréhension" lors de la mise en place du volet bancaire du plan de soutien à l’élevage, il y a un an.

Pour un "traitement social" de la crise

Accusé par la Confédération paysanne de participer à l’élaboration d’un "plan social", Xavier Beulin s’est défendu de vouloir "restructurer" l’agriculture, indiquant qu’il avait en revanche plaidé pour des outils et des financements pour les agriculteurs souhaitant bénéficier de départs anticipés ou de formations de reconversion.Beaucoup des responsables professionnels qui se sont succédés à la tribune ont insisté sur l’attention et l’"accompagnement humain" que devaient apporter les agriculteurs, même informellement, à ceux qui, parmi eux, traversaient les situations les plus délicates, afin d’éviter qu’ils ne mettent fin à leurs jours. Les propos de Xavier Beulin ont été devancés un peu plus tôt dans la matinée par le président de la MSA Pascal Cormery qui a plaidé pour un "traitement social" de la crise agricole. "Il ne faut pas oublier le traitement social de la crise, même si ça ne fait pas plaisir", a-t-il lancé lors du meeting. Pascal Cormery a plaidé pour des "aides pour les personnes proches de la retraite", et des "formations pour les personnes qui décideraient de quitter le métier". "Nous sommes dans la responsabilité de les accompagner", a-t-il expliqué.

Pour une aide "exceptionnelle" de l'UE

Xavier Beulin a ensuite déroulé les propositions adressées aux ministres de l’agriculture européens qui se réunissaient le lendemain à Chambord. "À situation exceptionnelle, réaction exceptionnelle", a-t-il demandé aux ministres. La FNSEA plaide pour une aide exceptionnelle de l’UE liée aux incidents climatiques subis par les céréaliers ; le président de l’AGPB (blé) Philippe Pinta a même demandé "une solidarité à dix chiffres" de la part de l’UE. Le président de la FNSEA a ensuite plaidé pour une réorientation de la PAC, selon lui trop libérale, et une réintroduction de dispositifs "de gestion de crise". "Il est temps de changer la façon de penser la PAC qui nous est servie depuis dix ans, avec comme message le marché rien que le marché. Ça ne marche pas", a-t-il lancé. En conférence de presse, il est revenu sur les difficultés de ce dossier, mettant en avant au sein du Copa, le nombre important de syndicats - en Europe du Nord et de l’Est - opposés de longue date à toute idée de réintroduction de ce type de mécanisme dans la PAC.

Mesures d'urgence

Le meeting de Lamotte-Beuvron a été l’occasion pour la FNSEA et les JA de produire un document, diffusé le matin même, comportant une cinquantaine de propositions" pour sortir de la crise et se donner des perspectives", ainsi qu’un bilan des acquis et actions récentes de deux syndicats. Les demandes, adressées aux pouvoirs publics et aux organisations professionnelles agricoles (OPA) sont présentées sur six axes : les trois axes principaux sont les "mesures d’urgence", "assurer des niveaux de prix décents" et "agir pour la compétitivité et la réduction des charges". Les mesures d’urgences demandées consistent en des soutiens aux trésoreries ("plan de refinancement de l’agriculture"), des baisses de prélèvements obligatoires et des aides aux agriculteurs touchés par des catastrophes climatiques. Détail des principales mesures proposées :

Besoins de trésorerie

Prise en charge de la totalité des intérêts des prêts

Prolongation de l'année blanche et des dispositifs du Fonds d'allègement des charges

Plan de soutien exceptionnel de l'Union européenne

Versement anticipé de l'avance de trésorerie des aides PAC 2016

Utilisation optimale des enveloppes européennes

Doublement des 49,9 millions d'euros d'aides communautaires par l'État français.

 

Prélèvements obligatoires

Prise en charge de cotisations sociales pour les exploitants les plus touchés

Option pour l'assiette annuelle des cotisations (n-1)

Dégrèvement total de la TNFB

État garant d'une juste répartition de la valeur ajoutée

Prise en compte des coûts de production

Exiger la transparence des comptes des entreprises privées

Organisation économique au service du revenu des producteurs et de la valeur ajoutée

Rénover et renforcer la coopération agricole

 

Redonner un rôle prépondérant aux interprofessions

Sensibilisation des consommateurs

Étiquetage de l'origine des produits

Orienter l'approvisionnement de la restauration hors foyer en faveur de nos productions

Mise en place d'un fonds d'appui dans les interprofessions (volatilité de prix)

 

Compétitivité et réduction des charges

Fiscalité pluriannuelle

Améliorer les outils de gestion des risques

Fiscalité adaptée

Promotion de l'assurance récolte

Mise en place de la TVA sociale et suppresion des cotisations famille et maladie

Refus du compte pénibilité tel qu'envisagé

 

Rediriger les politiques publiques et les stratégies de filières vers l'installation

Accès au foncier

Baisse du coût de l'installation

Outils de régulation du foncier

Véritable statut de l'agriculteur professionnel

Mise en place du RGA

Accompagnement humain des cédants


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