Terra 05 avril 2018 à 14h00 | Par Didier Lucas, président de la FDSEA des Côtes d’Armor

Un produit n'a de valeur que s'il répond à un marché

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Didier Lucas, président de la FDSEA des Côtes d’Armor.
Didier Lucas, président de la FDSEA des Côtes d’Armor. - © Terra

En clôtures du congrès FNSEA, Erik Orsenna, académicien, conseiller d’État répondait à la question : "que produire ?" en apportant l’analyse suivante : "quelle est notre perspective, quel avenir pour l’agriculture française si nous produisons avec comme seul but de produire moins ? Aucune ! Nous trouverons toujours un pays qui produit à moins cher que nous. La clé réside dans la montée en gamme". Une analyse de plus sur la "montée en gamme", alpha et oméga des États généraux de l’alimentation (EGA) pour redonner un avenir à notre profession.

Si même les académiciens s’en emparent, peut-on espérer une définition qui nous éclaire, partagée, incontestable et incontestée ?

Rien n'est moins sûr, d’autant que de commissions parlementaires en débats, en reports de calendrier, les élus de la Nation reposent et repoussent de beaucoup le "consensus" issu des EGA. Comme si le lien entre la "montée en gamme" et l’amélioration du revenu des producteurs était cousu d’or. À force de disserter sur la définition de la "montée en gamme", d’en imaginer tous les rouages, les principes et les vertus, nos parlementaires en oublient de faire confiance à la profession. Les lois de l’économie sont têtues. Un produit n’a une valeur que s’il est identifiable et qu’il répond à un marché.

La vraie question est donc là. Quels sont les marchés d’avenir ? Comment y répondre ? Voilà tout l’enjeu et l’objectif des plans de filières. Il n’est pas certain que les consommateurs français soient, comme un seul homme, tous prêts à mettre le prix pour préserver les exploitations familiales françaises (qui garantissent savoir-faire, qualité, sécurité, proximité, vivabilité,…), celles qu’évidemment nous défendons.

Rappelons-nous aussi que nous avons parfois de meilleures valorisations à l’exportation. Assumons-le sur notre marché national autant qu’à l’export, la valeur de la marque France nous appartient. Il faut la défendre, dénoncer le déséquilibre des accords scélérats de libre-échange, dénoncer les fausses équivalences de normes et faire de la marque France le meilleur rempart aux importations qui entretiennent la course aux prix bas. Près de 80 % de la volaille consommée en restauration hors-foyer n’est pas française. Les deux objectifs principaux du plan de filière sont de reconquérir 10 % des parts de marché en France en dix ans et de développer de nouveaux marchés à l’exportation. Un plan auquel notamment les éleveurs de Doux doivent participer.

Ces tendances, la profession doit les évaluer, les partager, les tester dans chaque filière. Ce qui est vrai dans l'une n’est pas la solution de l'autre... Chaque filière doit se remettre en cause maintenant, se projeter vers l’avenir, donner des perspectives aux producteurs et conclure un vrai contrat d’avenir. Il n’y aura pas de seconde chance.

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