Terra 30 juin 2017 à 10h00 | Par Claire Le Clève

La FDGedon affine ses plans de lutte

A défaut d’éradiquer tous les nuisibles qui font courir risques et dégâts, la FDGedon peaufine ses plans de maîtrise, dont celui sur le ragondin, transmetteur de la leptospirose en Bretagne, ou le frelon asiatique, prédateur de l’abeille, dont population explose. Son terrain d’actions s’étend aussi auprès des communes, notamment sur la réduction des phytosanitaires induite par la loi Labbé.

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L’assemblée générale de la FDGEDON s’est penchée sur la restriction de l’utilisation des produits phytosanitaires dans les communes.
L’assemblée générale de la FDGEDON s’est penchée sur la restriction de l’utilisation des produits phytosanitaires dans les communes. - © P.E

 

 

"La loi Labbé n’introduit pas de grands bouleversements", rassure d’emblée Gérard Angoujard, directeur de la fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles. C’est le thème de la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires qui a été choisi pour l’assemblée générale de la structure départementale, jeudi dernier, à Saint Allouestre. Et c’est devant un auditoire constitué d’élus communaux, accompagnés de piégeurs volontaires, que le point sur les nouveautés introduites par la législation a été fait sur le cadre d’utilisation des pesticides. "Ce sont des produits phytopharmaceutiques et des biocides mais qui n’ont rien de bio", les mettra-t-il en garde. La Loi Labbé renforce donc leur restriction d’usages,"là où il y a promenade, présence de public". Visés ? "Les cimetières, les terrains sportifs, la voirie, là où il y a risque pour limiter l’impact sur la santé et l’environnement". Alors est-ce la fin programmée du tout propre tout net ? "Il va falloir accepter que tout ne soit pas ras et repenser les implantations", encourage Gérard Angoujard, exemples à l’appui. La Bretagne n’étant pas en reste. Pour limiter l’usage des pesticides, les communes repensent leurs parterres avec des plantes couvrant les sols ou des paillages réalisés bien en dessous du niveau des bordures. Le désherbage thermique présente lui aussi son intérêt, tout comme le désherbage mécanique. Mais à condition "de repenser l’aménagement des bourgs pour simplifier et profiter des autres moyens à disposition", prévient le directeur régional.

Extension du domaine de la lutte

Taupes, corneilles, étourneaux, chenilles processionnaires, du pin et du chêne, ragondins ou frelons asiatiques font partie des nuisibles, sujets de plans de lutte. "Les choses étant bien maîtrisées, nous oublions parfois les risques et les dégâts que ces actions permettent d’éviter", n’a pas manqué de souligner Michel Colleu président de la FDGedon. Sans prédateur, un seul couple de ragondins, peut générer en deux ans 90 rejetons capables de déblayer chacun un m³ de berge ou de digue de lagunage… Pire, "les 7 cas de leptospirose confirmés l’été dernier en Bretagne parmi les adhérents d’un club de Kayak dans une commune où le piégeage n’était plus pratiqué", a mis en garde Michel Colleu. Le risque sanitaire est donc bien présent. L’étude Geduver en 2010 l’a confirmé "20 % des ragondins et 35 % des rats musqués sont excréteurs de leptospires. Ces espèces ont un rôle prépondérant dans la transmission de cette maladie à l’humain". Pour cette raison, en septembre dernier, en Finistère, une épreuve nationale de kayac polo était annulée à Guiscriff. Dans le Morbihan 1 330 piégeurs bénévoles ont attrapé cette saison 17 300 ragondins contre 15 600 la saison précédente. "En piégeant régulièrement, on régule et maîtrise la population et on limite aussi son impact sanitaire", décrit Patrice Emeraud, animateur. Même optique pour la population de frelon asiatique décimant les ruches d’abeilles. "La lutte n’est pas obligatoire mais conseillée", précise le technicien que les communes sollicitent de plus en plus tant en matière d’identification que pour aider à organiser la destruction (lire encadré). Une nouvelle mission.

Claire Le Clève

 

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Accroche : Les choses étant bien maîtrisées, nous oublions parfois les risques et les dégâts que ces actions permettent d’éviter"

Gérard Angoujard, directeur de la fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles
Gérard Angoujard, directeur de la fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles - © P.E
Cinq nids de frelon asiatique étaient recensés en 2011, plus de 
5 000 l'an passé
Cinq nids de frelon asiatique étaient recensés en 2011, plus de 5 000 l'an passé - © P.E

Frelon asiatique

Arrivé en 2004 en France, il a été identifié pour la première fois en 2011 dans le département : 5 nids étaient alors recensés. En 2016, plus de 20 000 l’ont été en Bretagne dont 5 062 en Morbihan (contre 2 091 en 2015), détruits à 82 %. Pour organiser son plan de lutte, un comité de pilotage, premier en France créé sous la présidence de Joël Labbé, a vu le jour en 2015. Quatre formations pour les 350 référents mis en place dans les communes on vu le jour l’an passé. Charge à eux d’identifier le frelon, de remplir le formulaire permettant la prise en charge de la destruction si un accord le prévoit et d’orienter vers l’un des 34 désinsectiseurs agréés. Comment lutter ? En piégeant la fondatrice au printemps, en détruisant toujours à cette saison le nid primaire. Quant au nid secondaire dont 700 à 800 frelons peuvent jaillir à l’automne, mieux vaut faire appel à un spécialiste.

Pour plus de renseignements FDGedon / 02 97 69 28 70

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