Terra 12 juin 2015 à 08h00 | Par Arnaud Marlet

Terres de Saint Malo : une saison 2014 à oublier

Avec un chiffre d'affaires et des volumes en diminution, 2014 restera comme une année difficile pour Terres de Saint Malo. Explications et tour d'horizon des productions au lendemain de l'assemblée générale de la coopérative légumière bretonne.

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Dans l'ensemble, l'année 2014 aura été une année très difficile pour les légumiers de Terres de saint Malo. © Terra  © Terra

La douceur de l'hiver lui a fait subir la concurrence des autres bassins de productions européens, alors que la demande de légumes d'hiver baissait, les deux phénomènes expliquent en partie la mauvaise année 2014. Ainsi, en poireaux et en choux pommés notamment, des pertes au champ ont été constatées, pour cause de mévente. Dans le même temps, avec 47 997 tonnes collectées tous légumes confondus, les volumes sont eux-aussi en baisse, du fait de la destruction de parcelles de poireaux, choux pommés et pommes de terre. Les volumes de choux fleurs et choux fleurs verts sont légèrement en baisse, suite à la réorientation des exploitations vers la pomme de terre sur l'été. A cela, on peut ajouter une baisse des volumes en céléri et l'arrêt des productions de salade et d'artichaut petit violet. On peut noter, en produits contractualisés, une augmentation en revanche es volumes de choux cabus et carottes.

chou-fleur

Avec 68 % du chiffres d'affaires, le chou-fleur reste le produit majoritaire de Terres de Saint-Malo. Pour le chou-fleur d'hiver, malgré les faibles volumes bretons, les cours sont restés décevants, en raison de la forte concurrence espagnole et italienne. Ensuite, les conditions climatiques douces ont entraîné un pic de production en mars et avril, avec une faible valorisation. Le point positif de la saison reste la qualité du produit. En chou-fleur d'été, malgré une concentration des volumes en juin, le prix moyen net s'établit au final à 0,626 €/tête, contre 0,413 € en 2013. La saison d'automne a démarré dans la foulée avec des volumes en deça des prévisions et s'est terminée précocement dans les pays du Nord de l'Europe, ce qui a permis l'ouverture du marché export. Le marché est alors redevnu porteur et ce jusqu'à la fin de la saison, mi-janvier.

Poireau

En poireau, malgré l'augmentation des surfaces, les quantités sur l'hiver sont en diminution, puisqu'environ 40 % des volumes n'ont pas été récoltés. En bio, les volumes et les prix de vente sont eux aussi en baisse, mais dans une moindre mesure par rapport au conventionnel. Pour la saison été - automne, les surfaces sont restées stables. A noter que la transformation a permis d'éviter la destruction de certaines parcelles arrivées à maturité.

Brocoli

Les volumes de brocoli sont en légère baisse, suite à la diminution des surfaces en conventionnel sur l'été. Les producteurs malouins ont tendance à délaisser cette production au profit du chou-fleur blanc, en raison du manque de rentabilité de ce produit. En bio, les surfaces sont en hausse et les volumes ont été essentiellement concentrés sur l'automne. Alors que les rendements s'annonçaient bons, les usines ont renforcé leurs cahiers des charges et leurs agréages, notamment vis-à-vis de la présence de chenilles. De ce fait, certaines parcelles n'ont pas été récoltées.

Pomme de terre

La saison 2014 a été catastrophique en pommes de terre avec un chiffre d'affaires en baisse de plus de 60 %. Les stocks de pommes de terre de consommation de 2013 étaient très importants, ce produit est donc resté sur le marché jusqu'à la mi-juillet et a perturbé le marché de la primeur. Les destructions au champ ont été importantes sur la zone, comme sur l'ensemble de la Bretagne. Seule la Primaline a tiré son épingle du jeu.

- © Terra

Il a dit : Pierrick Gauvin, président

La fiscalité n'est pas équitable au sein de la communauté européenne. Nous observons de grandes distorsions entre les états membres, mais aussi sur le territoire français, notamment avec les producteurs en circuits courts qui, la plupart du temps travaillent hors champ de TVA et de fiscalité. Le plan de compétitivité et d'amélioration des exploitations agricoles nous laissait espérer enfin la prise en compte des spécificités de la production légumière de plein champ, et notamment l'amélioration des conditions de travail. Au final, alors que le fonctionnement mixte breton, associant les chefs d'exploitations et les salariés dans nos entreprises, est un modèle aux yeux de nos élus et de l'administration, nous sommes, nous et nos salariés, les laissés pour compte de ce dispositif.

En 2014, nous avons continué la structuration de Terres de Saint Malo, par la création de TSM conditionnement. Celle-ci se poursuit avec, pour objectif final, la centralisation de l'ensemble de notre gamme sur La Gouesnière, par la délocalisation du site de Saint-Méloir.


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