Terra 28 avril 2017 à 08h00 | Par Audrey Dibet

"100 % de nos femelles sont génotypées"

Jean-Yves et Stéphanie Ogé, éleveurs d'un troupeau de soixante vaches, majoritairement Normandes, ont fait le choix d'élever l'ensemble de leurs génisses, "pour avoir le choix parmi les femelles" et "pour vendre quand le marché est là". Les génisses sont aussi toutes génotypées, ce qui leur permet de repérer les meilleures.

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Jean-Yves et Stéphanie Ogé, éleveurs laitiers à Sérent dans le Morbihan.
Jean-Yves et Stéphanie Ogé, éleveurs laitiers à Sérent dans le Morbihan. - © Terra

"On a commencé il y a longtemps. Le génotypage permet de repérer les meilleurs animaux et aussi les moins bons", souligne Stéphanie Ogé, installée avec son mari Jean-Yves sur une exploitation laitière à Sérent dans le Morbihan. Ils constatent ainsi parfois qu'une vache qui leur paraissait belle, a des index décevants. Ce qui oriente leur choix vers la vente sinon à travailler les points faibles lors de l'accouplement. D'autres animaux, au contraire, ont été repérés grâce au génotypage. Le travail de ces éleveurs en génétique porte ses fruits sur le niveau du troupeau. Aujourd'hui une quinzaine de leurs femelles à plus de 140 ISU sont identifiées en "noyau" dans le schéma de sélection d'Évolution. Et un taureau d'un an est actuellement en station.

"Améliorer les performances techniques, optimiser les accouplements, mieux piloter son renouvellement... le génotypage permet d'améliorer la rentabilité de l'élevage, de savoir où investir", cite Jean-Christophe Boittin, responsable Normande pour Évolution. Ces avantages expliquent que la technique - malgré son coût et un contexte laitier peu favorable - soit plébiscitée par les éleveurs. Sur la zone d'Évolution, la coopérative a enregistré une hausse de 3 % du nombre de génotypages en 2016, avec plus de 40 000 génotypages réalisés hors schéma en 2016. Cette hausse monte à 25 % sur le premier trimestre 2017 comparativement à la même période l'an dernier.

Mixité lait-viande

Élever l'ensemble de leurs génisses et les génotyper permettent à Jean-Yves et Stéphanie Ogé "d'avoir le choix". En système mixte lait-viande, ils recherchent "une vache qui fasse du lait avec des taux". Le lait (7 600 kg de moyenne d'étable) n'est cependant pas leur premier critère de sélection : "On regarde d'abord la santé des mamelles puis les taux. On veut une vache complète qui vêle bien, qui ait de bonnes pattes", précise Jean-Yves. Des vaches qu'ils cherchent en outre à faire vieillir (3,8 lactations en moyenne). Initialement composé d'une majorité de Prim'Holstein, leur troupeau a évolué vers trois quarts de Normandes et un quart Holstein, pour mieux coller à un système basé sur l'herbe et la recherche d'autonomie maximale. "La Normande est suffisamment flexible, elle s'adapte mieux aux changements, notamment quand il y a moins d'herbe disponible", constatent Jean-Yves et Stéphanie.

L'EBE amélioré l'an dernier

Un autre intérêt à élever plus de génisses que nécessaires pour le renouvellement : "pouvoir vendre quand le marché est là pour profiter d'un apport de trésorerie, explique Stéphanie Ogé. L'an dernier, malgré la crise, nous avons amélioré notre EBE". Pour Jean-Christophe Boittin, c'est aussi par là que passent les performances économiques de certaines exploitations qui tirent bénéfice de la flexibilité d'effectifs. D'où l'intérêt pour les adhérents d'Évolution de disposer d'une filiale qui développe le commerce des génisses. Les ventes via Ouest Génis' ont augmenté de 16 % en 2016, soit 15 220 animaux vendus l'an dernier, à 60 % à l'export, ce qui a permis d'absorber une partie de l'afflux de femelles. Si les ventes sont surtout réalisées en Holstein, la Normande est en forte progression. "Le 27 mars, 385 femelles sont parties vers le Sénégal. C'est le plus gros export de femelles Normandes jamais réalisé, remarque Jean-Christophe Boittin. La recherche de débouchés a porté ses fruits". En Holstein comme en Normande, le challenge sera de maintenir les débouchés développés. "Il est important de maintenir un flux commercial, même si il est moindre, pour pouvoir vendre sur ces destinations quand les éleveurs en auront besoin".

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