Terra 26 octobre 2016 à 08h00 | Par H.Bonneau

Lait : du prix pas de ristournes !

Le bras de fer continue entre les coopératives et entreprises laitières et les producteurs qui clament une nécessité de retrouver du prix. Entre manifestations et réunions, les éleveurs laitiers cherchent du prix sans attendre les ristournes de 2017.

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- © H.B

Réunis en FRSEA/JA Ouest lait, les élus syndicaux campent sur leurs positions et s'indignent, à l'instar d'Hervé Moël, président de la section lait des Côtes d'Armor qui estime que "les laiteries ne peuvent pas nous remercier d'avoir fait pression sur Lactalis cet été qui déséquilibrait le marché et aujourd'hui ne pas à minima s'aligner sur le prix négocié !". Unanime, ils demandent aux coopératives, à commencer par Sodiaal, de s'aligner sur la moyenne des laiteries de l'Ouest. La première coopérative laitière française sera probablement en queue de peloton en fin d'année. "Il est hors de question d'attendre 2017 pour octroyer des ristournes aux éleveurs, c'est maintenant qu'on a besoin d'argent, la crise est là", insiste Hervé Moël. Les élus attendent plus de la coopérative et somment les administrateurs d'agir : "il n’est pas encore trop tard ! Le conseil d’administration de Sodiaal doit prendre rapidement des décisions à la fois sur les prix A et B pour les derniers mois de l’année".

Peut mieux faire
Persuadés que les coopératives peuvent mieux faire, les élus préviennent : "nous voulons des réponses positives avant la fin d'année, dans un contexte économique difficile pour les éleveurs mais un contexte d'amélioration des prix du lait". Et d'encourager la coopérative Sodiaal à s'appuyer sur un marché intérieur valorisant et un marché mondial en reprise. Très concernés, les élus s'étonnent du fait qu'à la fin de l'année, toutes les laiteries auront payées le même prix aux éleveurs. Et à Hervé Moël d'ajouter : "il aura à nouveau fallut se battre pour un ou deux euros près dans nos propres coopératives !".

Baisse significative de la collecte de lait
La Bretagne accuse une baisse de collecte de lait de 6 % en moyenne, certaines régions descendent jusqu'à -12 %. Un manque de tonnage significatif qui oblige les laiteries de l'Ouest a augmenter sensiblement leurs imports de matières grasses. Une situation multifactorielle qui combine un contexte "prix" très difficile pour les éleveurs, des problèmes de qualité et de quantité des fourrages, les premiers effets de la prime à la régulation -largement utilisées par les éleveurs- et une "sous-alimentation" des troupeaux pour faire baisser les prix de la ration. Dans ce sens, la France a utilisée 440 000 tonnes de concentré en moins pour les vaches cette année. La baisse du lait était attendue par les producteurs pour faire repartir les prix, mais les autres pays européens semblent avoir choisi d'autres méthodes. En baissant individuellement sa production, la France n'est-elle pas la variable d'ajustement de l'Europe ?

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