Terra 09 juin 2016 à 08h00 | Par Propos recueillis par Jean Dubé

GDS Bretagne a complètement changé de dimension

Mardi, le Groupement de défense sanitaire breton tiendra son assemblée générale. Terra a rencontré Jean-François Treguer, son président, pour un point de situation sur les dossiers sanitaires du moment et l'évolution de la structure GDS.

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Jean-François Treguer, président de GDS Bretagne
Jean-François Treguer, président de GDS Bretagne - © Terra

Où en est le projet de régionalisation engagé ?

Jean-François Treguer. La régionalisation est effective depuis le 1er janvier 2015. Nous avons aujourd'hui une année complète de visibilité avec un fonctionnement régional pour GDS Bretagne. De quatre GDS avec de 30 à 35 collaborateurs par département, nous avons créé une seule entreprise : GDS Bretagne, avec 142 salariés, 16 millions d'euros de chiffre d'affaires, une équipe de direction et une gouvernance régionales.

Quels sont les effets attendus de cette réorganisation ?

J-F.T. Avec une seule entreprise, des collaborateurs de plus en plus pointus, formés, un développement de la carte des services proposés aux éleveurs, le mutualisme et la solidarité peuvent prendre toute leur dimension au niveau régional. La cotisation payée par un éleveur du Finistère peut servir a un éleveur qui a un problème sanitaire dans les Côtes d'Armor ou l'Ille et vilaine Le bilan est très positif. L'entreprise a complètement changé d’envergure. Les conseils techniques, et nos actions sont de plus en plus structurés, professionnels, précis. Les adhérents demandent des conseils plus pointus, que nous leur apportions de la valeur ajoutée. Nous proposons une carte de services pour chacune de nos sept sections avec un programme de formation réellement étoffé.

Et sur un plan social ?

J-F.T. Nous avions pris l'engagement que la régionalisation se ferait avec zéro licenciement et zéro mutation imposée. Cet engagement a été totalement tenu. C'est dans le cadre des départs en retraite, que nous sommes amenés à modifier la composition des équipes et les recrutements de futures compétences. Depuis octobre 2014 nous réécrivons le nouveau contrat social. Les négociations sont abouties, et le nouveau contrat devrait être signé le 24 juin.

Quelles sont les conséquences de la crise de l'élevage au niveau de votre organisation ?

J-F.T. Le conseil a réfléchi aux actions à mettre en place. La première est d'être très mesuré dans l'évolution de la cotisation. Puis il faut s'adapter à la situation. Beaucoup de souplesse est laissée aux éleveurs pour payer leur cotisation, avec des règlements en plusieurs fois. Le pire serait que les éleveurs ne puissent pas continuer à être adhérents, du fait de la cotisation.

Justement, avez-vous le sentiment que des éleveurs sont moins vigilants sur le risque sanitaire ?

J-F.T. Nous ne faisons pas du tout ce constat. Il n'y a aucun signe de relâchement. Les éleveurs sont au contraire très convaincus que dans ces périodes difficiles le sanitaire a encore plus d'importance. On sent les éleveurs très engagés à maintenir ce socle de base qu’est la santé d’un troupeau. Bien sûr il y a quelques accidents, mais le taux de perception des cotisations est aujourd'hui plutôt bon à excellent. Les éleveurs dans leur très grande majorité ne sont pas prêts à faire l'impasse sur la santé et la cotisation sanitaire.

Où en est la Bretagne face aux risques FCO et grippe aviaire ?

J-F.T. La Bretagne, la Normandie, le nord de la France sont en zone indemne FCO. Cette situation permet aux Bretons d'exporter dans les meilleures conditions. Je ne crois pas au scénario catastrophe. En juin 2016, rien ne permet de dire que la Bretagne va être victime de la FCO et je ne pense pas que cela ait des conséquences très importantes. Je lance malgré tout un appel à la vigilance. Nous constatons le peu de motivation des éleveurs à vacciner pour assurer la prévention de leur cheptel. Sur la grippe aviaire, la situation est dramatique dans le Sud-Ouest. Les filiales de GDS Bretagne ont participé à la décontamination de nombreux bâtiments. Les aviculteurs bretons sont depuis longtemps organisés face à ce risque, au travers de mesures de biosécurité. Il est beaucoup plus maîtrisé en Bretagne, et cela donne raison à notre organisation sanitaire. La grippe a un impact économique chez nous puisque cela bloque certaines exportations.

Quels sont en 2016, en Bretagne, les grands sujets d'action sanitaire ?

J-F.T. Je citerais deux sujets majeurs : tout d’abord, l'éradication de la BVD et la maîtrise de la paratuberculose. Nous consolidons des programmes initiés depuis quelques années et proposons de nouveaux outils innovants. Nous portons aussi nos efforts sur la santé de la mamelle, les boiteries et les veaux, affections dont les impacts économiques pèsent parfois lourdement, en période de crise. Je veux souligner que nous accueillerons la semaine prochaine nos collègues de Normandie et Pays de Loire. Se retrouver sur le Grand Ouest permet de travailler pour la mise en place d'actions communes, des projets communs, financer des programmes sanitaires, conduire des études entre ces trois régions... parce qu'on est plus forts à 14 qu'à 4 ou 5.

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