Terra 23 juillet 2015 à 08h00 | Par Alain tiengou

Un véritable soulagement, oui mais …

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La sortie des bassins versants dits en contentieux est un véritable soulagement, pour tous ceux qui se sont mobilisés sur ce sujet, et pour le millier d'agriculteurs directement concernés. Mais si cette sortie est un aboutissement, ce n'est pas une fin.

Je voudrais rappeler quelques éléments.

Un bassin conforme est un bassin qui présente des taux de nitrates, dans les eaux brutes, destinées à la consommation humaine, de moins de 50 mg dans 95 % du temps. Les cinq BV, comme l'essentiel du territoire breton, respectaient cette obligation depuis longtemps déjà. L'un deux était même au moment de son classement à 51 mg, et il était revenu dès l'année suivante dans les normes… il y a plus de sept ans.

Pourtant dans ces zones, on a maintenu pendant des années une obligation de sous fertilisation patente, qui a pénalisé fortement les agriculteurs. Ils ont été soumis à une pression de contrôle inégalée. Ce dossier a été, à mon sens, l'un des pires à gérer sur un plan socio-économique, et sur un plan humain. Les agriculteurs de ces régions ont été littéralement mis au banc, on les a même laissés depuis trois récoltes, sans aides, pour compenser les restrictions de fertilisation. Les départs prématurés ont été une réalité, et je peux témoigner de la situation de très grand stress qu'ont vécu ces familles, sur un plan économique, social, humain.

Ce dossier est en grande partie derrière nous et c'est bien. Pour autant il ne faut pas oublier les 350 agriculteurs des 4 bassins qui restent aujourd'hui en BV dit contentieux en Bretagne.

Je voudrais que l'on sache tirer les enseignements de cette expérience, malgré tout. Car elle doit aujourd'hui bénéficier à tous, notamment au moment où l'on détermine au niveau de la région des plafonds de fertilisation. Premier enseignement, la qualité de l'eau s'améliore en Bretagne, et les agriculteurs ont été les premiers à s'y investir, il serait temps maintenant de le reconnaître. Second enseignement, il ne suffit pas de décréter des plafonds ou des seuils de fertilisation. Il faut admettre de faire une évaluation des critères en cohérence avec les types de culture mises en place. Les apports d'azote ne sont pas les seuls éléments à prendre en compte, il faudra s'autoriser à faire une évaluation des seuils en fonction des assolements, et de l'agronomie.

Troisième enseignement les bassins encore en contentieux, ont appliqué les mêmes méthodes et réalisé les mêmes efforts. N'est il pas temps aujourd'hui de leur proposer d'autres techniques, d'autres alternatives pour que dès le printemps prochain, ils puissent sortir cette situation inextricable.

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