Terra 16 février 2018 à 10h00 | Par Coline Brame, chambres d'agriculture de Bretagne

À la rencontre de la filière avicole ivoirienne

En 2015, la Côte d’Ivoire a produit 1 484 millions d’œufs et 36 964 Tec de poulet de chair (chiffres Ipravi, 2016). La production avicole a augmenté de 65 % en œuf et 80 % en volaille de chair en l’espace de 15 ans. C’est dans ce contexte que Marie- Thérèse, vétérinaire, et son frère ont investi dans un élevage moderne à Aboisso à la frontière du Ghana. Visite d’une exploitation ivoirienne de poules pondeuses.

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Marie-Thérèse Loba Ogoumon devant son cabinet vétérinaire Sainte Marie, situé au Grand Bassam à 20 km d'Abidjan.
Marie-Thérèse Loba Ogoumon devant son cabinet vétérinaire Sainte Marie, situé au Grand Bassam à 20 km d'Abidjan. - © Terra

Marie-Thérèse Loba Ogoumon tient un cabinet vétérinaire au Grand Bassam, à 20 km d’Abidjan mais elle gère également l’exploitation avicole Lob'Avi Group Sarl à Aboisso à la frontière du Ghana.

Son père, M. Loba a toujours été éleveur. Il a débuté avec des poulaillers traditionnels : pondeuses et volailles de chair étaient élevées sur l’exploitation. En 2015, son frère et elle ont investi dans un bâtiment de poulettes moderne de 28 000 places construit par l’entreprise Masson. Après qu’ils aient fait leurs preuves, les banques les ont accompagnés pour investir dans deux autres bâtiments pondeuses en cages de 20 000 poules en 2017. Les poulettes sont ainsi élevées sur le site exploitation et transférées en pondeuses à partir de 17 semaines d’âge.

Le frère de Marie-Thérése, Vrey Ogoumon, est en charge de l’exploitation et de l’organisation du travail bien que toute la famille participe au bon fonctionnement de la structure. Pas moins de 23 personnes travaillent sur l’exploitation. Il faut s’occuper des volailles, du ramassage manuel des œufs, de la fabrication de l’aliment et de la commercialisation (livraison à des grossistes).

Les poulaillers visités sont modernes, équivalents à ce que l’on peut voir dans les élevages français. Ils sont équipés de pad cooling et de ventilation en pignon pour préserver les volailles de la chaleur. Les normes d’élevage sont toutefois différentes. Les poules sont élevées en cage standard sur quatre étages. Les cages ne sont équipées ni de nids, ni de perchoirs.

En plus de ses poulaillers modernes, la famille Loba Ogoumon continue d’élever des pondeuses dans des poulaillers traditionnels où l’alimentation est manuelle ainsi que le ramassage des œufs. Ici pas de bâtiments fermés, ni de ventilation dynamique. Le travail est donc plus contraignant et les performances moins élevées.

 

Une production díaliment à la ferme

L’aliment est produit à la ferme. Il est transféré via des sacs de 25 kg dans les silos de chaque poulailler. Les éleveurs procèdent à un mélange de maïs, blé, tourteaux de soja, farine de poisson et tourteaux de coton grâce à une mélangeuse verticale. Les matières premières sont achetées aux voisins ou dans le commerce. Un formulateur leur apporte un appui pour la fabrication des aliments poulettes et pondeuses.

La famille Loba Ogoumon souhaite agrandir bientôt l’exploitation avec de nouveaux poulaillers de pondeuses et une fabrique d’aliment plus moderne. Marie-Thérèse pense aussi à l’environnement et l’énergie et s’intéresse à la méthanisation ou la mise en place de panneaux solaires.

 

Une volonté de développement freinée

Malgré la forte hausse de la production et la volonté de la filière, seuls des investisseurs privés ou éleveurs ayant des fonds propres peuvent investir dans ce type de bâtiment. Il est très compliqué pour un jeune éleveur de s’installer en Côte d’Ivoire. Les banques ne prêtent pas d’argent sans garantie et le ministère de l’agriculture ne propose pas d’accompagnement à l’installation. De plus, la dépendance aux céréales pour l’alimentation, l’absence d’accompagnement financier et le manque de formation des éleveurs menacent la réussite des projets.

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