Terra 16 mars 2017 à 08h00 | Par Chantal Pape

L'aviculture, une filière d'avenir !

Partant du constat que l'aviculture n'est que très peu enseignée aux jeunes, l'association des anciens élèves du Nivot s'est fixé pour objectif de leur démontrer qu'il s'agit d'une filière d'avenir. Parmi leurs nombreuses actions mises en place durant toute cette année scolaire, un débat a réuni élèves et professionnels le 7 mars dernier à Lopérec (29).

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De gauche à droite : Anthony Taoc, animateur du débat,
Thomas Couepel, éleveur à Andel (22) et président 
de la commission volailles du Gouessant, Maguelonne Le Quéau, responsable Bretagne volailles de chair du groupe Doux.
De gauche à droite : Anthony Taoc, animateur du débat, Thomas Couepel, éleveur à Andel (22) et président de la commission volailles du Gouessant, Maguelonne Le Quéau, responsable Bretagne volailles de chair du groupe Doux. - © Terra

"L'aviculture ? Une production qui tire son épingle du jeu et qui peut vous offrir de belles perspectives d'avenir, en tant qu'éleveur ou salarié dans la filière !" Devant un amphithéâtre bondé d'étudiants en productions animales au Nivot, Anthony Taoc l'affirme. Installé à 23 ans, il est désormais à la tête d'un élevage de 5 000 m². Et ne manque pas d'arguments à faire valoir.

Une consommation en hausse

"Aujourd'hui, la volaille est la seconde viande consommée dans le monde, juste après le porc". Mais, contrairement à cette dernière, elle ne souffre pas d'interdits religieux. "Et, en 2025, elle devrait virer en tête". D'autant qu'au-delà de ses qualités nutritionnelles, riche en protéines, pauvre en lipides..., il s'agit aussi d'une viande peu chère à l'achat. Et qui propose une grande diversité d'espèces (poulet, dinde, pintade, coquelet...) de présentations (entier, découpe, cordon bleu...) et de signes de qualité.

"La demande est là, renchérit Pascal Le Floch, directeur amont de Doux. Quand les Français consomment un peu plus de 26 kg de viande de volaille par habitant et par an, le Moyen Orient dépasse les 40 kg". Des pays à forte croissance démographique. "En 1974, quand Charles Doux y a exporté ses premiers poulets, l'Arabie Saoudite comptait 7 millions d'habitants. Ils sont désormais plus de 27 millions". Et qui dit augmentation de la consommation dit aussi augmentation de la production. "L'Asie, l'Afrique ou la Chine ne pourront pas produire suffisamment pour couvrir leurs besoins, analyse Anthony Taoc. Ce qui devrait nous offrir de belles opportunités".

Des éleveurs spécialisés

Avec 13 500 élevages, la France produit tous les ans 1,86 million de tonnes équivalent carcasse de viande de volaille, en exporte plus de 650 000 tonnes mais en importe aussi 570 000 tonnes, surtout à destination de la restauration hors foyer.

Secoué, le secteur s'est fortement restructuré ces dernières années. "Et deux entreprises françaises, LDC et Gastronome, font désormais partie du top 10 européen, LDC étant même le numéro 1". Une restructuration qui devrait aussi s'opérer du côté des producteurs. "Ils sont aujourd'hui plus d'un tiers à être âgés de plus de 55 ans", indique le jeune éleveur. Et si dans les années 80 ou 90, l'aviculture était un atelier complémentaire, les éleveurs ont désormais tendance à se spécialiser. "Et on va, comme chez nos voisins européens, atteindre des tailles d'élevage de 4 à 6 000 m²". Une taille permise par l'arrivée de nouvelles technologies et de l'automatisation avec, à la clé, économies d'échelle et logistique plus aisée.

C'est le choix qu'a fait Thomas Couepel. Installé en 1998 à Andel (22), il détient aujourd'hui 2 400 m² de bâtiments et s'apprête à mettre en service le plus grand poulailler de France, de 3 000 m². "J'ai commencé par faire mes preuves. Et, puisque les résultats techniques sont là, les banques suivent". Les entreprises, elles aussi, incitent jeunes et moins jeunes à franchir le pas et octroient des aides lors de la construction de bâtiments neufs ou de rénovation.

Reconquérir le marché intérieur

Parmi les challenges qui attendent la filière volaille dans les années à venir figure la reconquête du marché intérieur. "C'est parce que nous y croyons que nous venons d'investir 100 millions d'euros ces trois dernières années, affirme Paul Lopez, LDC. Nous devrons redonner confiance au consommateur".

Estelle Le Helloco, dirigeante des couvoirs du même nom, y voit aussi de belles opportunités. "Il y a aujourd'hui une réelle volonté du consommateur d'acheter local. Et l'identification d'origine des viandes va nous aider". Mais la présidente du comité dinde du syndicat national des accouveurs veut aussi voir plus loin. "La dinde, qui nous est arrivée des USA dans les années 40-50, est totalement inconnue en Asie. Il y a là de nouveaux marchés à conquérir".

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